Lisinopril
L'essentiel
IEC indiqué dans l’hypertension artérielle, l’insuffisance cardiaque, après un infarctus du myocarde récent, et dans la néphropathie du diabète. Comme les autres « -pril », il bloque la production d’angiotensine II : baisse de la pression artérielle et protection cardio-rénale. Particularité parmi les IEC : ce n’est pas une prodrogue, il est actif tel quel et s’élimine par voie rénale, ce qui en fait un repère pratique au comptoir.
Posologie
- HTA (adulte) : instauration à faible dose, le plus souvent autour de 10 mg/jour en une prise, puis adaptation jusqu’à une dose d’entretien usuelle de 20 mg/jour (parfois davantage selon la réponse, dans les limites du RCP).
- Insuffisance cardiaque / post-infarctus : titration progressive sous surveillance médicale, en commençant très bas pour limiter le risque d’hypotension.
- Insuffisance rénale et sujet âgé : dose initiale réduite et adaptation selon la fonction rénale, car l’élimination est essentiellement urinaire.
- Prise : une fois par jour, à heure régulière, indifféremment par rapport aux repas. Toujours se référer au RCP pour la titration.
Contre-indication absolue : antécédent d’angiœdème (œdème de Quincke), notamment sous un IEC précédent. Tout gonflement du visage, des lèvres, de la langue ou de la gorge impose l’arrêt immédiat et une prise en charge urgente (appeler le 15 en cas de gêne respiratoire). Contre-indiqué aussi aux 2e et 3e trimestres de grossesse (toxicité fœtale). Ne jamais associer un IEC à un autre bloqueur du système rénine-angiotensine (sartan, aliskirène).
Interactions
- Diurétiques épargneurs de potassium, sels de régime, suppléments de potassium : risque d’hyperkaliémie, parfois grave. Surveillance de la kaliémie.
- AINS (y compris en automédication) : baisse de l’effet antihypertenseur et risque d’insuffisance rénale aiguë, surtout chez le sujet âgé, déshydraté ou insuffisant rénal (« triple whammy » quand un diurétique est associé).
- Lithium : augmentation de la lithémie, risque de surdosage. Surveillance rapprochée.
- Autres antihypertenseurs et diurétiques : majoration de l’effet hypotenseur, surtout à l’instauration ou lors d’un changement de dose.
- Sartans et aliskirène : association déconseillée, voire contre-indiquée avec l’aliskirène chez le diabétique ou l’insuffisant rénal (double blocage du système rénine-angiotensine).
Grossesse / allaitement
- Grossesse : à éviter au 1er trimestre et contre-indiqué aux 2e et 3e trimestres (atteinte rénale fœtale, oligoamnios, troubles de l’ossification). Devant un projet de grossesse ou une grossesse découverte, orienter rapidement vers le médecin pour un relais par une autre classe.
- Allaitement : données limitées avec le lisinopril ; d’autres IEC sont mieux documentés et souvent préférés, en particulier chez le nouveau-né et le prématuré. Décision au cas par cas avec le médecin.
Conseils de comptoir
- La toux sèche, persistante et sans fièvre, est l’effet le plus parlant des IEC : si elle gêne au quotidien, ce n’est pas une fatalité, on en parle au médecin (un relais par un sartan est souvent possible).
- Prévenir des vertiges possibles en début de traitement ou après une augmentation de dose, surtout en se levant : se lever doucement, signaler tout malaise.
- Bien s’hydrater et redoubler de prudence en cas de forte chaleur, de gastro avec diarrhée ou vomissements : la déshydratation majore le risque rénal et l’hypotension. En cas d’épisode aigu, un avis médical sur la conduite à tenir est utile.
- Rappeler de ne pas arrêter seul le traitement et d’éviter l’automédication par AINS ; orienter vers le paracétamol pour une douleur banale.
- Une surveillance biologique (fonction rénale et kaliémie) est prévue à l’instauration et lors des changements de dose : c’est normal, cela fait partie du suivi. Tolérance globalement bonne hors toux et risque d’hyperkaliémie.
Teste-toi
Mémo
Le suffixe -pril signe la classe des IEC, et les pièges tiennent en trois lettres, TAK : Toux sèche (effet de classe), Angiœdème (l’urgence à ne jamais rater), Kaliémie (hyperkaliémie, surtout avec potassium ou épargneurs). Et un IEC + un AINS + un diurétique, c’est le trio qui fatigue le rein.
À voir aussi
Inhibiteurs de l'enzyme de conversion (IEC) :
Et dans la même aire (Cardio) :
Références bibliographiques
- RCP Lisinopril, Base de données publique des médicaments (ANSM/HAS) Consulter (nouvel onglet)
- HAS, Prise en charge de l'hypertension artérielle de l'adulte (fiche mémo) Consulter (nouvel onglet)
- Thésaurus des interactions médicamenteuses, ANSM Consulter (nouvel onglet)
- Le CRAT (Centre de Référence sur les Agents Tératogènes), médicaments et grossesse / allaitement Consulter (nouvel onglet)
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