Périndopril

Inhibiteur de l'enzyme de conversion (IEC) · Liste I · Voie orale
Boîte illustrative de Périndopril, médicament générique fictif aux couleurs de La Juste Dose. Image générée par IA.
Délivrance
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L'essentiel

Inhibiteur de l’enzyme de conversion utilisé au long cours dans l’hypertension artérielle, l’insuffisance cardiaque, après un infarctus et dans la prévention cardiovasculaire chez le patient coronarien stable. En bloquant la conversion de l’angiotensine I en angiotensine II, il abaisse la pression artérielle et soulage le travail du cœur. Souvent associé à un diurétique (indapamide) ou à un inhibiteur calcique (amlodipine) dans des formes combinées.

Posologie

  • Adulte (HTA) : le plus souvent une prise par jour, souvent débutée à dose faible puis augmentée par paliers selon la tolérance tensionnelle ; dose maximale selon le RCP de la spécialité.
  • Insuffisance cardiaque : instauration à dose réduite sous surveillance, titration progressive.
  • Modalités de prise : de préférence le matin, à heure fixe ; la prise avant le repas est recommandée pour le périndopril (la prise au cours d’un repas peut réduire la formation du métabolite actif, vérifier le RCP de la forme délivrée).
  • Sujet âgé et insuffisant rénal : instauration prudente, dose adaptée à la fonction rénale ; surveillance rapprochée.
Réflexe sécurité

Contre-indication absolue pendant la grossesse (toxicité fœtale aux 2e et 3e trimestres) : à ne jamais initier ni poursuivre chez une femme enceinte ou en désir de grossesse. Penser aussi à l’angio-œdème (gonflement du visage, des lèvres, de la langue, de la gorge) : devant des signes en cours, c’est une urgence, arrêt immédiat et orientation médicale ; et un antécédent d’angio-œdème sous IEC contre-indique à vie toute reprise d’un IEC.

Interactions

  • Diurétiques épargneurs de potassium, sels de potassium : risque d’hyperkaliémie, surtout en cas d’insuffisance rénale. Le double blocage du système rénine-angiotensine (IEC + sartan, ou IEC + aliskiren) est déconseillé, et même contre-indiqué avec l’aliskiren chez le diabétique ou l’insuffisant rénal.
  • AINS : diminution de l’effet antihypertenseur et risque d’insuffisance rénale aiguë, surtout chez le sujet âgé ou déshydraté (triade à risque IEC + diurétique + AINS).
  • Lithium : augmentation de la lithémie, risque de surdosage : association à surveiller étroitement.
  • Antidiabétiques (insuline, sulfamides) : majoration possible de l’effet hypoglycémiant en début de traitement.

Grossesse / allaitement

  • Grossesse : contre-indiqué, en particulier aux 2e et 3e trimestres (atteinte rénale fœtale, oligoamnios, malformations). Devant un projet de grossesse, le prescripteur doit envisager un relais vers une autre classe avant la conception. Réflexe comptoir : repérer la femme en âge de procréer.
  • Allaitement : données limitées ; l’utilisation n’est généralement pas recommandée, surtout chez le nouveau-né ou le prématuré. Se référer à l’avis du prescripteur et au RCP.

Conseils de comptoir

  • Toux sèche, persistante et gênante : effet de classe bien connu des IEC (par accumulation de bradykinine). Elle n’est pas dangereuse mais peut justifier un changement de classe : à signaler au médecin plutôt que d’ajouter un antitussif.
  • Premières prises : prévenir d’un possible vertige ou malaise au lever (hypotension), surtout si un diurétique est associé. Se relever doucement.
  • Ne pas interrompre brutalement de soi-même : c’est un traitement de fond de la tension et du cœur, l’arrêt se décide avec le médecin.
  • Encadrer l’automédication : éviter les AINS et les apports de potassium (sels de régime, compléments) sans avis. En cas de forte chaleur, de fièvre ou de diarrhée prolongée, signaler le risque de déshydratation.
  • Observance : une prise quotidienne à heure fixe, le pilulier aide ; l’effet sur la tension ne se ressent pas, ce n’est pas une raison pour sauter des prises.

Teste-toi

Question 1 / 3
Une patiente qui prend du périndopril depuis trois semaines se plaint d'une toux sèche qui ne passe pas, surtout la nuit. Elle pense avoir attrapé froid et veut un sirop. Tu réponds quoi ?
Avant de partir sur un antitussif, on pense à la molécule : la toux sèche est un effet indésirable classique des IEC, par accumulation de bradykinine, et elle peut apparaître après plusieurs jours ou semaines. Elle n'est pas grave mais souvent tenace tant que le traitement continue. Le bon réflexe : lui expliquer le lien possible, ne pas masquer avec un sirop, et l'orienter vers son médecin qui pourra envisager un relais (par exemple vers un sartan, qui ne donne pas cette toux).

Mémo

Pour retenir

Le suffixe -pril signe toujours un IEC. Trois réflexes à coller à la classe : la toux sèche, la grossesse interdite, et le potassium qui grimpe (gare à l’hyperkaliémie et à la triade IEC + diurétique + AINS).

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Références bibliographiques

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Fiche publiée le 14 juin 2026
Sous la responsabilité éditoriale de Joseph Hobekkaya, docteur en pharmacie · La Juste Dose Pharma
Repères pédagogiques pour professionnels : toujours vérifier le RCP et les recommandations en vigueur.

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