Pristinamycine

Streptogramine (synergistine), association pristinamycine IA + IIB · Liste I · Voie orale
Boîte illustrative de Pristinamycine, médicament générique fictif aux couleurs de La Juste Dose. Image générée par IA.
Délivrance
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L'essentiel

Antibiotique oral actif surtout sur les cocci à Gram positif (staphylocoques, streptocoques, pneumocoques). Indications du RCP, après la restriction de 2023 : infections de la peau et des tissus mous, sinusite maxillaire aiguë, exacerbation de bronchite chronique, pneumonie communautaire de gravité légère à modérée. Sa place au comptoir : souvent une alternative en cas d’allergie vraie aux bêta-lactamines sur ces foyers à Gram positif. Elle n’est pas adaptée au traitement de l’angine.

Posologie

  • Adulte : le plus souvent 2 à 3 g/jour en 2 à 3 prises selon l’indication, jusqu’à 4 g/jour en présence de facteurs de sévérité. Infections cutanées : durée usuelle de 8 à 14 jours.
  • Enfant : 50 mg/kg/jour en 2 à 3 prises, jusqu’à 100 mg/kg/jour dans les formes sévères, sans dépasser la dose adulte. Comprimé déconseillé avant 6 ans (risque de fausse route), et il n’existe pas de forme adaptée au jeune enfant.
  • Modalité de prise : au cours des repas. C’est le point clé pour limiter les troubles digestifs, très fréquents avec cette molécule.
  • Conformité au RCP : en cas de doute sur une posologie ou une indication, se reporter au RCP et aux recommandations en vigueur.
Réflexe sécurité

Risque de réactions cutanées graves (pustulose exanthématique aiguë généralisée, syndrome de Stevens-Johnson, syndrome de Lyell, DRESS), parfois précoces. Un antécédent de réaction cutanée sévère à cette molécule ou à une autre synergistine est une contre-indication formelle à toute réintroduction : on ne délivre pas. Devant une éruption étendue, de la fièvre, des bulles ou une atteinte des muqueuses, arrêt immédiat et avis médical urgent.

Interactions

  • Colchicine : association contre-indiquée, risque de majoration importante de la toxicité de la colchicine, potentiellement grave.
  • Immunosuppresseurs (ciclosporine, tacrolimus) : augmentation possible de leurs concentrations et de la créatininémie, surveillance clinique et biologique rapprochée.
  • Anticoagulants oraux (AVK) : risque de déséquilibre de l’INR, surveillance renforcée pendant et après le traitement, comme avec beaucoup d’antibiotiques.
  • Allergie au blé : attention, ce n’est pas une interaction mais une contre-indication. Les comprimés contiennent de l’amidon de blé : à ne pas délivrer en cas d’allergie vraie au blé (la maladie cœliaque, elle, n’est pas concernée vu la très faible teneur en gluten).

Grossesse / allaitement

  • Grossesse : utilisation possible si une antibiothérapie est justifiée et que les alternatives sont moins adaptées. Les données chez la femme enceinte restent limitées, sans signal de toxicité particulier à ce jour ; décision au cas par cas avec le prescripteur.
  • Allaitement : contre-indiqué selon le RCP. En pratique, privilégier un antibiotique mieux évalué chez la femme qui allaite, ou interrompre l’allaitement pendant le traitement après avis médical.

Conseils de comptoir

  • Prendre les comprimés au cours des repas : la tolérance digestive est le nerf de la guerre avec cette molécule (lourdeur gastrique, nausées, vomissements et diarrhées sont fréquents).
  • Signaler une diarrhée sévère ou persistante, des douleurs abdominales marquées, du sang ou du mucus dans les selles : penser à une colite associée aux antibiotiques.
  • Aller au bout du traitement, même si les symptômes s’améliorent avant la fin.
  • Avant de délivrer, trois questions réflexes : un antécédent de réaction cutanée grave à cet antibiotique ou à une synergistine (contre-indication), une prise de colchicine au dossier (association interdite), et une allergie connue au blé (contre-indication liée à l’amidon de blé des comprimés).

Teste-toi

Question 1 / 3
Un patient allergique vrai à la pénicilline arrive avec une ordonnance de pristinamycine pour une infection cutanée. C'est cohérent ?
Oui, c'est une situation typique : la pristinamycine est une streptogramine, sans parenté avec les bêta-lactamines, donc une alternative intéressante chez l'allergique vrai à la pénicilline pour une infection à cocci à Gram positif. Le bon réflexe reste de vérifier l'absence d'antécédent de réaction cutanée grave à cette molécule, l'absence d'allergie au blé (amidon de blé dans les comprimés), de rappeler la prise au cours des repas, et de prévenir des signes digestifs et cutanés à surveiller.

Mémo

Pour retenir

La pristinamycine, c’est l’antibiotique des cocci à Gram positif quand la pénicilline est exclue. Trois réflexes : repas (la prendre pendant), peau (antécédent de réaction cutanée grave = stop définitif) et colchicine (association interdite). Et un piège d’excipient : allergie au blé = contre-indication.

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Références bibliographiques

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Fiche publiée le 14 juin 2026
Sous la responsabilité éditoriale de Joseph Hobekkaya, docteur en pharmacie · La Juste Dose Pharma
Repères pédagogiques pour professionnels : toujours vérifier le RCP et les recommandations en vigueur.

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