Perméthrine

Antiparasitaire local, pyréthrinoïde de synthèse · Voie cutanée (crème) · Traitement de la gale
Boîte illustrative de Perméthrine, médicament générique fictif aux couleurs de La Juste Dose. Image générée par IA.
Délivrance
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L'essentiel

Scabicide topique de référence en première intention dans la gale humaine commune. La perméthrine en crème s’applique sur tout le corps et agit sur le sarcopte par toxicité neurologique parasitaire. Elle est privilégiée sur les terrains où le traitement oral n’est pas adapté (jeune enfant, grossesse). Le succès dépend autant de la technique d’application que de la prise en charge simultanée de l’entourage et de l’environnement : une gale mal traitée, c’est presque toujours une application incomplète ou un entourage oublié.

Posologie

  • Adulte : application d’une couche de crème sur l’ensemble du corps, en insistant sur les plis, les espaces interdigitaux, le dessous des ongles, le nombril et les organes génitaux. Dans la gale commune de l’adulte, le visage et le cuir chevelu ne sont pas traités, sauf s’ils portent des lésions ; on évite toujours le pourtour des yeux, la bouche et les muqueuses. Temps de contact selon la notice (le plus souvent 8 à 12 heures, une nuit), puis rinçage. Une seconde application est habituellement prévue à 7 à 14 jours d’intervalle selon le schéma prescrit.
  • Enfant et nourrisson : utilisable selon l’âge minimal figurant dans la notice du produit délivré. Chez le jeune enfant, le visage peut être traité en évitant soigneusement les muqueuses (yeux, bouche, narines) ; le cuir chevelu n’est traité que sur indication médicale. Respecter le schéma prescrit (en général deux applications).
  • Sujet âgé, terrain fragilisé : mêmes principes, vigilance accrue sur l’application complète quand le patient ne peut pas se traiter seul (aide nécessaire pour le dos). Après 65 ans, le RCP prévoit de traiter aussi le visage, les oreilles et le cuir chevelu, en évitant le pourtour des yeux.
  • Réappliquer le produit sur les mains après chaque lavage pendant la durée de contact.
Réflexe sécurité

La gale ne se traite jamais seule. Tous les contacts proches (foyer, partenaires) sont traités le même jour, symptomatiques ou non, et le linge et la literie sont décontaminés en parallèle. Sans traitement simultané de l’entourage et de l’environnement, la réinfestation est quasi certaine : c’est la première cause d’échec au comptoir.

Interactions

  • Peu d’interactions médicamenteuses : l’absorption cutanée est très faible, le risque d’interaction systémique est négligeable aux conditions normales d’emploi.
  • Association à un traitement oral : dans les formes profuses, hyperkératosiques ou en collectivité, un scabicide oral (ivermectine) peut être associé sur prescription. Vérifier qu’un schéma combiné n’a pas été mal compris par le patient.
  • Autres topiques : ne pas appliquer d’autre crème ou émollient en même temps, qui diluerait le produit. Les soins de peau habituels reprennent après le rinçage.
  • Dermocorticoïdes : parfois prescrits après le traitement pour calmer le prurit résiduel, jamais à la place du scabicide.

Grossesse / allaitement

  • Grossesse : la perméthrine locale est l’option scabicide privilégiée pendant la grossesse, le passage systémique étant très faible. Le traitement de la gale n’attend pas : se référer au schéma prescrit et au RCP.
  • Allaitement : utilisable. Par précaution, nettoyer les seins avant la tétée s’ils ont été traités, et appliquer la crème après la tétée plutôt qu’avant.

Conseils de comptoir

  • Tout le foyer et les contacts proches se traitent le même jour, même sans démangeaisons : le parasite peut être présent avant les symptômes.
  • Le jour du traitement : laver le linge, les draps et les serviettes des derniers jours à au moins 60 °C. Ce qui ne se lave pas est isolé dans un sac fermé plusieurs jours (au moins quatre jours dans la gale commune), ou traité par un produit acaricide textile selon les recommandations.
  • Le prurit peut persister une à plusieurs semaines après un traitement réussi : c’est une réaction de la peau, pas forcément un échec. Démangeaisons qui repartent ou nouvelles lésions au-delà de ce délai justifient une réévaluation médicale.
  • Couper les ongles courts et bien brosser dessous : c’est un nid à sarcoptes souvent oublié.
  • Tolérance locale en général bonne : possibles picotements, sensation de brûlure ou rougeur transitoires à l’application. Éviter le contact avec les yeux et les muqueuses ; rincer abondamment en cas de projection oculaire.
  • Bien respecter le temps de contact avant de rincer : trop court, le traitement perd en efficacité.

Teste-toi

Question 1 / 3
Un patient repart avec sa crème pour la gale. Il te dit que sa compagne « n'a rien, elle, donc elle ne se traite pas ». Tu réponds quoi ?
On traite tout le monde, le même jour, symptomatique ou pas. Le sarcopte peut être présent et contaminant avant l'apparition des démangeaisons, et une personne non traitée réinfeste tout le foyer dès la fin du traitement. C'est le point qui fait échouer le plus de traitements de gale. On en profite pour rappeler la décontamination du linge et de la literie le jour même.

Mémo

Pour retenir

Une gale, ce sont trois fronts à traiter en même temps : la Peau (tout le corps, bon temps de contact), les Proches (foyer et contacts, le même jour), le Propre (linge et literie à 60 °C ou isolés). Les trois P, sinon ça recommence.

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Références bibliographiques

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Fiche publiée le 14 juin 2026
Sous la responsabilité éditoriale de Joseph Hobekkaya, docteur en pharmacie · La Juste Dose Pharma
Repères pédagogiques pour professionnels : toujours vérifier le RCP et les recommandations en vigueur.

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