Mupirocine

Antibiotique local (acide pseudomonique) · Liste I · Voie cutanée ou nasale
Boîte illustrative de Mupirocine, médicament générique fictif aux couleurs de La Juste Dose. Image générée par IA.
Délivrance
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L'essentiel

Antibiotique strictement local, actif sur les bactéries à Gram positif, surtout les staphylocoques et les streptocoques. Deux usages très différents selon la forme : la pommade dermique traite l’impétigo et les infections cutanées superficielles peu étendues, la pommade nasale sert à la décolonisation du portage de staphylocoque doré dans le nez (prévention de récidives, protocoles hospitaliers). Pas d’usage par voie générale : la mupirocine agit là où on l’applique.

Posologie

  • Pommade dermique (impétigo, infections cutanées) : application sur la zone atteinte le plus souvent 2 à 3 fois par jour, en cure courte (souvent de l’ordre de 5 jours, sans dépasser environ 10 jours). À réserver aux lésions peu étendues : pas d’usage prolongé ni sur de grandes surfaces. Se reporter au RCP de la spécialité délivrée.
  • Pommade nasale (décolonisation du portage) : petite quantité dans chaque narine, généralement 2 à 3 fois par jour pendant quelques jours (souvent 5 jours), selon le protocole. Masser les ailes du nez après application pour répartir le produit.
  • Enfant : l’âge minimal et le schéma dépendent de la spécialité et de la forme. À noter : la forme nasale n’est en règle générale pas utilisée avant 6 ans, faute de données. Vérifier la notice de la spécialité délivrée.
  • Modalités : ne pas confondre la forme dermique et la forme nasale, elles ne sont pas interchangeables. Bien se laver les mains avant et après l’application.
Réflexe sécurité

La mupirocine est un antibiotique : on l’utilise sur une durée courte et une surface limitée, jamais en application prolongée ou répétée « à la moindre rougeur ». Le mésusage (traitements à rallonge, automédication non encadrée) favorise les résistances staphylococciques. Toute lésion étendue, qui s’aggrave ou ne cède pas en quelques jours relève d’un avis médical, pas d’une cure supplémentaire au comptoir.

Interactions

  • Autres topiques sur la même zone : ne pas appliquer en même temps une autre pommade ou une crème sur la lésion ni les mélanger, au risque de diluer la mupirocine et de réduire son efficacité. Espacer les applications.
  • Contact avec les yeux : tenir la pommade (dermique comme nasale) à l’écart des yeux, risque d’irritation ; en cas de contact oculaire accidentel, rincer abondamment à l’eau.
  • Pas d’interaction systémique notable : le passage dans le sang depuis une peau saine est négligeable, ce qui en fait l’intérêt en local. Le sujet, c’est l’usage raisonné, pas les croisements de molécules par voie générale.

Grossesse / allaitement

  • Grossesse : l’absorption par voie cutanée ou nasale est très faible ; un usage local court et limité est généralement considéré comme acceptable si l’indication le justifie. Suivre l’avis du prescripteur et le RCP de la spécialité.
  • Allaitement : usage local possible. Si une application est nécessaire au niveau du sein (mamelon, aréole), nettoyer la zone avant la tétée pour que le nourrisson n’ingère pas de produit.

Conseils de comptoir

  • Bien distinguer dermique et nasale au moment de délivrer : deux indications, deux gestes, on vérifie que la forme correspond à la prescription.
  • Réserver la forme dermique aux lésions peu étendues. L’excipient (macrogol) peut passer par une plaie ouverte et s’éliminer par le rein : prudence sur de grandes plaies ou brûlures, surtout en cas d’insuffisance rénale. Pas d’application sur de larges surfaces ni au long cours.
  • Tolérance habituellement bonne ; les effets les plus fréquents sont locaux et transitoires (picotement, sensation de brûlure, démangeaison, rougeur au point d’application). Signaler si c’est marqué ou persistant.
  • Impétigo : rappeler les mesures d’hygiène qui comptent autant que la pommade, lavage des mains, ongles courts, ne pas gratter, linge et serviette personnels, éviction des contacts rapprochés le temps de la contagiosité.
  • Aller au bout de la cure prescrite sans la prolonger de soi-même : une fois la durée écoulée, on arrête, on ne « finit pas le tube » sur d’autres boutons.
  • Décolonisation nasale : c’est un protocole, souvent collectif ou pré-opératoire ; insister sur le respect du nombre de jours et l’application dans les deux narines.

Teste-toi

Question 1 / 3
Une maman présente une ordonnance de pommade dermique à la mupirocine pour l'impétigo de son fils, et demande si elle peut aussi en mettre dans le nez du petit « qui est tout encombré ». Tu réponds quoi ?
Non : la forme dermique ne s'applique pas dans le nez ni sur les muqueuses, elle est faite pour la peau. Et un nez encombré par un rhume n'a rien à voir avec une décolonisation de staphylocoque doré, qui est un protocole médical précis (avec d'ailleurs une forme nasale dédiée, en règle générale pas avant 6 ans). On explique que cette pommade traite uniquement les lésions de peau prescrites, on rappelle les règles d'hygiène de l'impétigo (mains, ongles courts, ne pas gratter, linge personnel), et on oriente vers le médecin si le nez bouché gêne vraiment l'enfant.

Mémo

Pour retenir

La mupirocine, c’est « la peau et le nez, court et localisé » : pommade dermique pour l’impétigo, pommade nasale pour décoloniser le staph doré, jamais les deux mélangées, jamais en cure à rallonge. Un antibiotique local reste un antibiotique : on l’utilise juste, pas longtemps.

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Références bibliographiques

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Fiche publiée le 14 juin 2026
Sous la responsabilité éditoriale de Joseph Hobekkaya, docteur en pharmacie · La Juste Dose Pharma
Repères pédagogiques pour professionnels : toujours vérifier le RCP et les recommandations en vigueur.

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