Métronidazole

Nitro-imidazolé, antibactérien et antiparasitaire · Liste I · Voie orale, vaginale, cutanée ou injectable
Boîte illustrative de Métronidazole, médicament générique fictif aux couleurs de La Juste Dose. Image générée par IA.
Délivrance
2 / 4 · délivré régulièrement
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L'essentiel

Antibactérien et antiparasitaire de référence sur les germes anaérobies et certains protozoaires. Indications fréquentes au comptoir : vaginose bactérienne, trichomonase, giardiase, amibiase, infections dentaires et ORL à anaérobies, infections digestives et gynécologiques. On le retrouve aussi en association dans l’éradication d’H. pylori. Dans la colite à Clostridioides difficile, il est désormais une option de seconde intention, derrière la vancomycine orale et la fidaxomicine. Existe en comprimés, suspension, ovules et gel vaginal, gel cutané (rosacée) et forme injectable hospitalière.

Posologie

  • Adulte : selon l’indication, le plus souvent de l’ordre de 1 à 1,5 g/jour en 2 à 3 prises par voie orale ; certaines situations relèvent d’une dose unique (ex. trichomonase, parfois 2 g en une prise). Toujours se référer à l’ordonnance et au RCP.
  • Enfant : posologie rapportée au poids selon l’indication ; vérifier la prescription et le RCP de la forme délivrée.
  • Insuffisance hépatique sévère : réduction de dose possible (métabolisme hépatique) ; pas d’adaptation systématique en cas d’atteinte rénale isolée.
  • Voie vaginale : ovule ou gel le soir au coucher, en cure courte selon la prescription.
  • Modalités : comprimés avalés pendant ou après le repas avec un grand verre d’eau ; aller au bout de la durée prescrite.
Réflexe sécurité

Effet antabuse avec l’alcool : pas une goutte d’alcool pendant le traitement ni dans les 48 heures qui suivent la dernière prise (délai du RCP). La réaction (bouffées de chaleur, nausées, vomissements, tachycardie, malaise) peut être violente. Le rappeler systématiquement pour les formes orales et injectables, et penser à l’alcool caché (sirops, élixirs, certaines préparations).

Interactions

  • Alcool : effet antabuse, l’interaction la plus marquante de la molécule (voir le réflexe sécurité).
  • Disulfirame : risque d’épisodes de psychose aiguë ou d’état confusionnel ; association déconseillée.
  • Anticoagulants oraux (AVK) : majoration de l’effet anticoagulant, renforcer la surveillance de l’INR.
  • Lithium : risque d’augmentation de la lithémie, surveillance rapprochée.
  • Busulfan, 5-fluorouracile : majoration de la toxicité de ces cytotoxiques, association à éviter.

Grossesse / allaitement

  • Grossesse : utilisable si l’indication le justifie, y compris au cours des différents trimestres selon les recommandations en vigueur ; suivre la prescription et le RCP. Ne pas conseiller en automédication chez la femme enceinte.
  • Allaitement : passage dans le lait. Sur une cure courte, l’allaitement est en général possible avec surveillance du nourrisson ; pour une dose unique élevée, une suspension transitoire de l’allaitement peut être proposée. Se référer au RCP et à un avis spécialisé en cas de doute.

Conseils de comptoir

  • Pas d’alcool pendant toute la cure et au moins 3 jours après la dernière prise : c’est le message numéro un à délivrer.
  • Goût métallique dans la bouche et urines parfois foncées : c’est banal et réversible, autant prévenir le patient pour éviter l’inquiétude.
  • Troubles digestifs fréquents (nausées, douleurs abdominales) : prendre les comprimés au cours du repas aide à les limiter.
  • Sur les traitements prolongés ou répétés, signaler tout signe neurologique (fourmillements, engourdissements des extrémités, vertiges, troubles de l’équilibre) : on arrête et on oriente vers le médecin.
  • Vaginose et trichomonase : rappeler les mesures associées selon la prescription (traitement éventuel du partenaire, abstinence ou préservatif le temps du traitement) et aller au bout de la cure même si la gêne disparaît vite.

Teste-toi

Question 1 / 3
Un patient récupère son traitement de métronidazole un vendredi et te glisse qu'il a un repas de famille bien arrosé prévu le samedi. Tu lui dis quoi ?
C'est le moment clé du conseil. On explique sans dramatiser mais clairement : avec le métronidazole, l'alcool déclenche un effet antabuse (bouffées de chaleur, nausées, vomissements, palpitations, malaise) qui peut être très désagréable. La règle : zéro alcool pendant toute la cure et au moins 3 jours après la dernière prise. On l'invite à décaler ou à rester au soft sur ce repas. On pense aussi à l'alcool caché dans certains sirops ou desserts.

Mémo

Pour retenir

Métronidazole = l’antibiotique des anaérobies et l’ennemi de l’apéro. Une phrase suffit : « pas une goutte d’alcool, pendant et 3 jours après ». Et le -azole de la fin n’en fait pas un antifongique : ici c’est un nitro-imidazolé, actif sur anaérobies et protozoaires.

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Références bibliographiques

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Fiche publiée le 14 juin 2026
Sous la responsabilité éditoriale de Joseph Hobekkaya, docteur en pharmacie · La Juste Dose Pharma
Repères pédagogiques pour professionnels : toujours vérifier le RCP et les recommandations en vigueur.

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