Infections courantes

Covid-19

Un autotest positif et une demande de sirop : chez une personne à risque, on compte les jours, car l'antiviral se décide dans les cinq premiers.
Dessin au trait continu : un oxymètre de pouls posé sur un doigt. Illustration générée par IA.
Ta maîtriseSur cette situation : à découvrir

L'essentiel

La Covid-19 revient chaque automne avec la grippe et les autres virus respiratoires. La plupart des personnes font une forme banale qui s’estompe en moins de deux semaines, mais l’aggravation peut survenir tard, vers le dixième jour, chez les personnes à risque. Au comptoir, tout se joue sur le jour exact du début des symptômes : chez une personne à risque de forme grave, un antiviral existe s’il est commencé dans les cinq jours, donc médecin le jour même. Le pharmacien sécurise cette prescription en repérant les interactions, puis accompagne : paracétamol, surveillance de la saturation, gestes pour protéger l’entourage.

Comprendre

  • Transmission : surtout en intérieur, à distance rapprochée, par les fines gouttelettes émises en parlant ou en toussant. On est contagieux environ 48 heures avant les symptômes, parfois sans aucun symptôme, et surtout les premiers jours (en moyenne 5 à 7).
  • Symptômes : après une incubation d’environ 5 jours, toux sèche, fièvre, fatigue, mal de gorge, nez bouché, maux de tête, parfois troubles digestifs, perte du goût ou de l’odorat.
  • Personnes à risque de forme grave : 65 ans et plus, maladies chroniques du cœur, des poumons ou des reins, diabète, obésité, immunodépression, grossesse.
  • Covid long : fatigue, essoufflement, troubles de la concentration qui persistent des semaines. Il relève d’une prise en charge médicale.

Les bonnes questions

  1. Depuis quel jour exactement avez-vous des symptômes ?L’antiviral de référence se commence dans les 5 jours. On note la date : elle conditionne l’urgence de la consultation chez une personne à risque.
  2. Quel âge avez-vous ? Avez-vous une maladie du cœur, des poumons, des reins, un diabète, un surpoids important, un cancer en traitement, un traitement qui baisse l’immunité ? Êtes-vous enceinte ?Ces réponses séparent la surveillance à domicile de la consultation dans la journée : un facteur de risque, un test positif et moins de 5 jours de symptômes, c’est le médecin aujourd’hui.
  3. Êtes-vous essoufflée en parlant, en montant un escalier ?L’essoufflement est le signe à surveiller ; au moindre doute, on mesure la saturation au repos.
  4. Quels médicaments prenez-vous ?L’antiviral contient du ritonavir, qui freine l’élimination de nombreux médicaments. On consulte le dossier pour signaler les interactions au médecin avant qu’il prescrive.
  5. Qui vit avec vous, qui allez-vous voir ces prochains jours ?Un conjoint fragile, un petit enfant gardé dans la semaine : les consignes de protection de l’entourage en dépendent.

Les limites du conseil

Urgence ou consultation le jour même
  • Gêne respiratoire, essoufflement au repos, oppression dans la poitrine : appel du 15.
  • Saturation inférieure à 95 % confirmée par une deuxième mesure au repos, ou nettement sous le chiffre habituel du patient : appel du 15.
  • Confusion, somnolence inhabituelle, lèvres bleutées, impossibilité de boire : appel du 15.
  • Aggravation après plusieurs jours d’amélioration, quel que soit l’âge : avis médical sans attendre.
Orienter vers le médecin
  • Personne à risque de forme grave avec test positif et symptômes depuis moins de 5 jours : médecin dans la journée pour discuter l’antiviral (téléconsultation, médecin traitant, permanence des soins).
  • Personne à risque au-delà de 5 jours de symptômes : la consultation du jour reste utile, même si l’antiviral sort de son indication.
  • Autotest négatif avec des symptômes typiques chez une personne à risque : test antigénique tout de suite, sans attendre le lendemain.
  • Symptômes qui persistent des semaines après l’infection (Covid long).

Que proposer

Paracétamol pour la fièvre et les douleurs

Chez l’adulte d’au moins 50 kg, 500 mg à 1 g par prise selon le besoin, 4 heures au moins entre deux prises, 3 g par jour au maximum en automédication. En dessous de 50 kg, la dose se calcule au poids ; foie fragile ou consommation d’alcool régulière : avis médical avant. Vérifier qu’un médicament contre le rhume n’en contient pas déjà. Pas d’ibuprofène en automédication dans une infection : l’ANSM rappelle depuis 2019 qu’il peut masquer les signes et favoriser des complications ; si le médecin en décide autrement, c’est sa décision.

Nez, gorge et toux

Lavages de nez au sérum physiologique plusieurs fois par jour, gargarismes à l’eau salée, miel dans une boisson chaude (jamais avant 1 an), air humidifié. La toux sèche n’a pas de bon sirop : la codéine est sur ordonnance sécurisée depuis le 1er mars 2025, le dextrométhorphane sur ordonnance depuis 2017, la pholcodine a été retirée du marché, et les sirops de plantes restants ont peu d’effet, avec des précautions chez la personne âgée polymédiquée.

Oxymètre de pouls pour la personne à risque

Utile chez une personne à risque qui reste à domicile. Mesure au repos, assis, doigt réchauffé, en attendant que le chiffre se stabilise ; plusieurs fois par jour (au moins 3 mesures par 24 heures selon la HAS) jusqu’au 14e jour. Écrire le seuil sur la boîte : sous 95 %, confirmé au repos, on appelle le 15.

Antiviral : sur prescription, sécurisé par le pharmacien

L’association nirmatrelvir et ritonavir, 5 jours de traitement à débuter dans les 5 jours, est recommandée par la HAS en première intention chez les plus de 65 ans quel que soit le statut vaccinal, et chez l’adulte immunodéprimé ou présentant un facteur de risque de forme grave. Chez l’enfant, l’autorisation ne concerne que certains cas (à partir de 6 ans et 20 kg) : c’est le médecin qui décide. Elle se prescrit sur ordonnance classique : la dispensation conditionnelle à un test positif a pris fin en mars 2025. Le rôle du pharmacien : relever les traitements en cours (statines, anticoagulants, certains antiarythmiques, immunosuppresseurs, hypnotiques, millepertuis), la fonction rénale (la dose dépend du débit de filtration, selon le RCP) et une éventuelle maladie grave du foie (contre-indication), et les transmettre au médecin. Aucun traitement ne s’arrête de ta propre initiative.

Tests

Autotests en vente en pharmacie, à prix libre ; test antigénique possible à l’officine, réalisé par le pharmacien, ou chez un médecin, un infirmier, en laboratoire, mais plus pris en charge par l’Assurance maladie depuis le 1er mars 2025. Un autotest positif chez une personne à risque suffit pour orienter le jour même.

Les conseils qui font la différence

  • L’isolement n’est plus obligatoire depuis février 2023, mais tant que la fièvre et les symptômes durent : rester chez soi autant que possible, masque chirurgical dès qu’on est avec quelqu’un.
  • Aérer plusieurs fois par jour, se laver les mains régulièrement, gel hydroalcoolique quand le lavabo est loin, mouchoirs jetables jetés aussitôt.
  • Éviter les enfants et les personnes fragiles au moins tant qu’on tousse et qu’on a de la fièvre : la garde du petit-enfant se reporte.
  • Surveiller deux à trois fois par jour la température et, chez la personne à risque, la saturation, jusqu’au 14e jour ; si ça se dégrade, on n’attend pas le lendemain.
  • Une fois guéri, reparler vaccination : dose d’automne des personnes à risque, possible le même jour que la grippe, 6 mois après l’infection ou la dernière dose (3 mois à 80 ans et plus, en cas d’immunodépression ou de très haut risque). Ces personnes les plus fragiles et les résidents d’Ehpad ont aussi une dose de printemps.
  • Un traitement au long cours ne s’arrête pas de soi-même pendant l’infection : on en parle au médecin, notamment si l’antiviral est prescrit.

Terrains particuliers

  • Sujet âgé : Au-delà de 65 ans, l’antiviral est recommandé en première intention quel que soit le statut vaccinal : test positif signifie médecin le jour même. Polymédication fréquente : l’analyse des interactions est décisive.
  • Grossesse : La grossesse fait partie des situations à risque de forme grave : avis médical rapide en cas de test positif, paracétamol pour la fièvre, pas d’anti-inflammatoire. En cas d’allaitement, on ne l’interrompt pas de soi-même : le médecin décide de l’antiviral.
  • Immunodéprimé : Risque de forme grave à tout âge : consultation dans la journée, et rappel vaccinal possible dès 3 mois après une infection.

La juste dose en 3 réflexes

  1. Test positif chez une personne à risque : on compte les jours, l’antiviral se décide dans les cinq premiers, donc médecin le jour même, et le pharmacien relève les interactions pour le prescripteur.
  2. Paracétamol oui, ibuprofène non, et pas de sirop miracle pour la toux sèche : miel, sérum physiologique, patience.
  3. Essoufflement, saturation sous 95 % au repos, confusion : c’est le 15 ; tant qu’on tousse, masque, aération et pas de visite aux personnes fragiles.

Teste-toi

Question 1 / 4
Une dame de 68 ans, cardiaque, sous statine, a un autotest positif depuis hier et veut « juste un sirop et du paracétamol ». Que fais-tu ?
Tu notes le jour de début des symptômes et tu l'orientes vers un médecin le jour même : après 65 ans, l'antiviral nirmatrelvir et ritonavir est recommandé en première intention s'il est commencé dans les 5 jours. Tu relèves sa statine et ses autres traitements pour le prescripteur, car le ritonavir crée des interactions. Paracétamol oui, sirop antitussif non.

À voir aussi

Les fiches médicament :

Et les fiches conseil :

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Références

  • HAS, réponses rapides « Traitement de la Covid-19 », 23 juin 2023, actualisées le 22 décembre 2023 Consulter (nouvel onglet)
  • HAS, « Suivi des patients Covid-19 en ambulatoire : place de l'oxymètre de pouls », 13 avril 2021
  • Meddispar et Ordre national des pharmaciens, 27 février 2025 : fin de la dispensation conditionnelle du nirmatrelvir et ritonavir ; arrêté du 13 février 2025
  • ANSM, « Anti-inflammatoires non stéroïdiens et complications infectieuses graves », 18 avril 2019, actualisé le 28 avril 2023 ; retrait de la pholcodine, 2022-2023
  • ameli.fr, « Les tests antigéniques du Covid-19 » et « Les autotests », 18 mars 2025 ; « Reconnaître le Covid-19 », 22 octobre 2025 Consulter (nouvel onglet)
  • HAS, avis n° 2026.0016 du 26 février 2026 sur le calendrier des vaccinations ; ameli.fr, campagnes de vaccination Covid-19, 8 avril 2026
  • Ministère chargé de la Santé, « Tout savoir sur le Covid-19 » (contagiosité, gestes barrières)
Fiche publiée le 2 novembre 2026 · mise à jour le 29 octobre 2026
Sous la responsabilité éditoriale de Joseph Hobekkaya, docteur en pharmacie · La Juste Dose Pharma
Repères pédagogiques pour professionnels : toujours vérifier le RCP et les recommandations en vigueur.

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