Paracétamol

Antalgique palier 1 · Antipyrétique · Voie orale, rectale ou injectable
Boîte illustrative de Paracétamol, médicament générique fictif aux couleurs de La Juste Dose. Image générée par IA.
Délivrance
4 / 4 · très courant
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L'essentiel

Antalgique et antipyrétique de première intention dans les douleurs légères à modérées et la fièvre, à tout âge de la vie. C’est la molécule la plus dispensée au comptoir : son intérêt tient autant à son efficacité qu’à sa bonne tolérance aux doses recommandées, là où les AINS exposent à plus de risques digestifs, rénaux et cardiovasculaires. Disponible sans ordonnance pour les présentations de médication officinale, mais cela n’en fait pas un produit anodin : tout l’enjeu au comptoir est d’en sécuriser la dose.

Posologie

  • Adulte (à partir de 50 kg) : 500 mg à 1 g par prise, à renouveler si besoin en respectant un intervalle d’au moins 4 heures entre deux prises (6 heures en cas d’insuffisance rénale). Dose usuelle maximale 3 g/jour en automédication, jusqu’à 4 g/jour sur avis médical, sans dépasser 1 g par prise.
  • Enfant et nourrisson : dose rapportée au poids, de l’ordre de 15 mg/kg par prise toutes les 6 heures (soit environ 60 mg/kg/jour), sans dépasser la dose maximale rapportée au poids. Toujours raisonner en kilogrammes, jamais en âge.
  • Sujet âgé, faible poids, dénutrition, insuffisance rénale ou hépatique, mésusage alcoolique : réduire la dose maximale (souvent 3 g/jour, parfois moins) et espacer davantage les prises.
  • Modalités : prise possible pendant ou en dehors des repas ; délai d’action d’environ 30 à 60 minutes par voie orale.
Réflexe sécurité

Le paracétamol est hépatotoxique en cas de surdosage : le danger numéro un est l’addition de sources sans le savoir (un comprimé seul + une association anti-rhume + un antalgique opioïde qui en contient déjà). Toujours faire le total sur 24 heures, rappeler la dose maximale et l’intervalle minimal entre deux prises, et vérifier qu’aucun autre médicament pris en parallèle ne contient déjà du paracétamol. En cas de prise excédentaire, ne pas attendre les symptômes : orienter sans délai (centre antipoison, urgences).

Interactions

  • Autres médicaments contenant du paracétamol : la vraie interaction, c’est l’addition. Associations anti-rhume, certains antalgiques de palier 2 (paracétamol + opioïde) en contiennent : risque de cumul involontaire au-delà de la dose maximale.
  • Anticoagulants oraux (AVK) : une prise régulière et à dose élevée peut majorer l’effet anticoagulant ; renforcer la surveillance de l’INR en cas de traitement prolongé.
  • Mésusage alcoolique et inducteurs enzymatiques : terrain de fragilité hépatique qui abaisse le seuil de toxicité ; la dose maximale doit être revue à la baisse.
  • Repère utile : aux doses recommandées, le paracétamol reste l’antalgique de référence chez de nombreux patients (anticoagulés, antécédent d’ulcère, insuffisance rénale) là où un AINS serait à éviter.

Grossesse / allaitement

  • Grossesse : c’est l’antalgique et l’antipyrétique de premier choix à tous les trimestres lorsqu’un traitement est nécessaire, à la dose efficace la plus faible et sur la durée la plus courte possible.
  • Allaitement : compatible. Le passage dans le lait est faible ; il fait partie des antalgiques utilisables chez la femme qui allaite, en respectant les doses usuelles.

Conseils de comptoir

  • Faire le calcul à voix haute avec le patient : dose par prise (1 g maximum), intervalle minimal (au moins 4 heures), total sur 24 heures (3 g/jour en automédication chez l’adulte de plus de 50 kg, 4 g/jour seulement sur avis médical). C’est le geste qui prévient le surdosage.
  • Vérifier qu’aucun autre produit du panier ou de l’armoire à pharmacie ne contient déjà du paracétamol (anti-rhume, antalgique associé).
  • Chez l’enfant, toujours doser en kilogrammes de poids, jamais en âge ; bien lire la graduation de la pipette ou de la dosette fournie avec la présentation délivrée.
  • Bonne tolérance aux doses recommandées : peu d’effets indésirables attendus, ce qui en fait un bon choix sur les terrains où les AINS posent problème. Le danger n’est pas dans la dose correcte, mais dans son dépassement.
  • Si la douleur ou la fièvre persiste au-delà de quelques jours, orienter vers un avis médical plutôt que d’augmenter la dose.

Teste-toi

Question 1 / 3
Une cliente vient chercher un comprimé de paracétamol 1 g et prend déjà, de son côté, un médicament contre le rhume « pour le nez qui coule ». Tu fais quoi ?
Le réflexe, c'est de vérifier la composition de l'anti-rhume : beaucoup de ces associations contiennent déjà du paracétamol. Si c'est le cas, additionner les deux fait courir un risque de surdosage involontaire. On explique le cumul, on aide à recalculer le total sur 24 heures, et on choisit avec elle une seule source de paracétamol en respectant la dose maximale. C'est typiquement le surdosage caché qu'on rattrape au comptoir.

Mémo

Pour retenir

Le paracétamol n’est pas dangereux à la bonne dose, il est dangereux quand on l’additionne. Trois questions au comptoir : combien par prise, quel intervalle entre deux prises, combien de sources au total. Le foie paie l’erreur de calcul, pas la molécule.

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Références bibliographiques

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Fiche publiée le 13 juin 2026
Sous la responsabilité éditoriale de Joseph Hobekkaya, docteur en pharmacie · La Juste Dose Pharma
Repères pédagogiques pour professionnels : toujours vérifier le RCP et les recommandations en vigueur.

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