Mémantine

Antagoniste des récepteurs NMDA du glutamate · Liste I · Voie orale
Boîte illustrative de Mémantine, médicament générique fictif aux couleurs de La Juste Dose. Image générée par IA.
Délivrance
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L'essentiel

Traitement symptomatique des formes modérées à sévères de la maladie d’Alzheimer. La mémantine n’agit pas sur la cause ni sur l’évolution de la maladie : elle module la transmission glutamatergique pour limiter certains symptômes (cognition, comportement, autonomie). Elle se distingue des anticholinestérasiques (donépézil, rivastigmine, galantamine), réservés plutôt aux formes légères à modérées, et peut leur être associée dans les stades avancés. Le bénéfice est modeste et toujours réévalué dans le temps.

Posologie

  • Adulte : dose d’entretien usuelle de 20 mg/jour en une prise, atteinte par paliers (titration progressive, en général par augmentations hebdomadaires en débutant à faible dose) pour améliorer la tolérance.
  • Sujet âgé : population cible habituelle ; pas d’adaptation liée à l’âge seul, mais surveiller la fonction rénale qui baisse souvent avec l’âge.
  • Insuffisance rénale : élimination essentiellement rénale, réduction de dose nécessaire selon la clairance ; se référer au RCP pour les seuils.
  • Prise indifférente par rapport aux repas, à heure régulière. Une seule prise quotidienne facilite l’observance chez ces patients.
Réflexe sécurité

Médicament symptomatique, pas curatif : il ne stoppe pas la maladie. Élimination rénale, donc à adapter en cas d’insuffisance rénale et prudence avec tout ce qui alcalinise les urines (réduit l’élimination, majore l’exposition). Réévaluer régulièrement l’intérêt du traitement avec le prescripteur.

Interactions

  • Alcalinisation des urines (certains inhibiteurs de l’anhydrase carbonique, bicarbonate de sodium) : diminution de l’élimination rénale de la mémantine, donc exposition accrue.
  • Autres antagonistes NMDA (amantadine, kétamine, dextrométhorphane) : association déconseillée, risque de potentialisation et d’effets psychotiques.
  • Dopaminergiques, anticholinergiques : la mémantine peut majorer leur effet ; surveillance clinique chez ces patients souvent polymédiqués.
  • Toujours interroger l’ordonnance entière : chez la personne âgée Alzheimer, le risque tient surtout au cumul de molécules à visée centrale.

Grossesse / allaitement

  • Grossesse : situation exceptionnelle pour cette indication. Données limitées ; à n’envisager qu’en cas de nécessité et sur avis spécialisé. Renvoyer au RCP et au CRAT.
  • Allaitement : données insuffisantes sur le passage dans le lait ; non recommandé. Là encore, indication très inhabituelle chez une femme allaitante.

Conseils de comptoir

  • Expliquer le rôle réel du traitement à l’entourage : on cherche à freiner certains symptômes et à préserver l’autonomie, pas à guérir. Gérer les attentes évite les déceptions et les arrêts intempestifs.
  • Bonne tolérance générale ; les effets le plus souvent rapportés sont des sensations vertigineuses, des céphalées, une constipation ou une somnolence, surtout en début de titration. Ils s’atténuent en général.
  • Signaler toute confusion, agitation ou hallucination d’apparition récente : à distinguer de l’évolution de la maladie, cela mérite un avis.
  • Renforcer l’observance avec l’aidant (pilulier, prise à heure fixe) ; ne jamais doubler une dose oubliée.
  • Penser au statut de remboursement : les médicaments de la maladie d’Alzheimer ne sont plus pris en charge par l’Assurance maladie depuis 2018 ; un patient peut s’en étonner au comptoir, autant l’avoir en tête.
  • Surveillance prévue : fonction rénale et réévaluation périodique du bénéfice, en lien avec le médecin traitant et le neurologue ou gériatre.

Teste-toi

Question 1 / 3
L'aidant d'un patient sous mémantine te dit : « Ça fait six mois et il ne va pas mieux, à quoi ça sert ? » Tu réponds quoi ?
On reformule l'objectif sans casser l'espoir : la mémantine est un traitement symptomatique des formes modérées à sévères, elle vise à freiner certains symptômes et à préserver l'autonomie, pas à inverser la maladie. Une stabilité peut déjà être un résultat. On rappelle que l'intérêt du traitement se réévalue régulièrement avec le médecin : c'est lui qui décide de poursuivre ou non, et l'aidant peut en parler à la prochaine consultation.

Mémo

Pour retenir

Mémantine = le glutamate qu’on calme dans l’Alzheimer modéré à sévère, quand les anticholinestérasiques ne suffisent plus. Deux réflexes : Rein (élimination rénale, dose à adapter) et Réévaluation (symptomatique, jamais curatif). Deux R, on lève le nez du comptoir.

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Références bibliographiques

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Fiche publiée le 14 juin 2026
Sous la responsabilité éditoriale de Joseph Hobekkaya, docteur en pharmacie · La Juste Dose Pharma
Repères pédagogiques pour professionnels : toujours vérifier le RCP et les recommandations en vigueur.

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