Désogestrel
L'essentiel
Contraception orale par progestatif seul (pilule microprogestative). Sa particularité par rapport aux microprogestatifs plus anciens : à dose usuelle, le désogestrel bloque l’ovulation, ce qui lui donne une bonne efficacité tout en étant dépourvu d’œstrogène. C’est l’option de référence quand l’éthinylestradiol est contre-indiqué ou mal toléré : tabac après 35 ans, antécédent thromboembolique, allaitement, migraine avec aura, période du post-partum. Prise en continu, sans intervalle libre entre les plaquettes.
Posologie
- Adulte : un comprimé par jour, à heure régulière, en prise continue. Pas d’arrêt entre deux plaquettes : on enchaîne directement.
- Régularité horaire : la marge de retard est plus courte qu’avec une pilule œstroprogestative. Au-delà du délai indiqué dans la notice (de l’ordre de 12 heures de retard sur l’heure habituelle), l’efficacité contraceptive n’est plus garantie pour les jours qui suivent.
- Oubli : prendre le comprimé oublié dès que possible, poursuivre normalement (quitte à prendre deux comprimés le même jour), et associer un préservatif pendant 7 jours si le délai de sécurité est dépassé.
- Vomissements ou diarrhée dans les heures suivant la prise : raisonner comme un oubli (absorption incertaine).
- Modalités précises de rattrapage : se reporter à la notice du produit délivré.
La marge de retard est étroite : un comprimé pris trop tard expose à un risque de grossesse. Au comptoir, ce que l’on martèle, c’est la régularité de l’heure et la conduite à tenir en cas d’oubli, de vomissements ou de diarrhée. Et toujours rappeler qu’une pilule, microprogestative comprise, ne protège pas des infections sexuellement transmissibles.
Interactions
- Inducteurs enzymatiques : certains antiépileptiques (carbamazépine, phénobarbital, phénytoïne), la rifampicine et le millepertuis accélèrent le métabolisme du progestatif et peuvent faire chuter l’efficacité contraceptive. Le millepertuis en automédication est un piège fréquent au comptoir.
- Antirétroviraux et certains antifongiques : interactions possibles via le cytochrome P450 ; vérifier avant de délivrer.
- Charbon activé : pris trop près du comprimé, il peut en réduire l’absorption ; espacer les prises.
- En cas de traitement inducteur prolongé, une méthode contraceptive non hormonale ou complémentaire est souvent préférable : orienter vers le prescripteur.
Grossesse / allaitement
- Grossesse : la contraception n’a pas lieu d’être poursuivie en cas de grossesse. Si une grossesse est confirmée ou suspectée, arrêter et orienter vers une consultation. Aucun effet tératogène n’est attendu d’une prise par mégarde en tout début de grossesse, mais ce n’est pas une raison pour continuer.
- Allaitement : les microprogestatifs sont la contraception hormonale de choix pendant l’allaitement. Le désogestrel n’altère pas la lactation et le passage dans le lait reste minime ; c’est précisément l’un de ses usages privilégiés en post-partum.
Conseils de comptoir
- Heure fixe, tous les jours, sans interruption entre les plaquettes : c’est la règle qui fait toute la fiabilité. Proposer une alarme ou un repère quotidien.
- Saignements irréguliers, spotting ou absence de règles sont fréquents les premiers mois et ne signent pas un échec : prévenir la patiente évite l’arrêt prématuré par inquiétude. Si les saignements deviennent abondants ou prolongés, orienter vers le médecin.
- Pas d’œstrogène : c’est l’atout de tolérance sur le plan vasculaire (option utile chez la fumeuse, en post-partum, sur terrain migraineux). Cela ne dispense pas d’évaluer l’ensemble du dossier avec le prescripteur.
- Risque de méningiome : l’ANSM a confirmé une augmentation faible du risque avec le désogestrel, surtout en cas d’usage prolongé (au-delà de 5 ans) et après 45 ans. Un antécédent de méningiome contre-indique le traitement, et toute découverte impose son arrêt et une orientation vers un neurochirurgien. Il n’y a pas d’IRM de dépistage systématique, mais devant des céphalées inhabituelles et persistantes ou des troubles visuels, on oriente vers le médecin.
- Devant un mal de jambe unilatéral, une douleur thoracique, un essoufflement brutal ou des signes neurologiques, ne pas banaliser : orienter sans délai, même si le risque thrombotique est moindre qu’avec une pilule œstroprogestative.
- Rappeler qu’aucune pilule ne protège des IST : le préservatif reste nécessaire en l’absence de partenaire stable et testé.
Teste-toi
Mémo
Désogestrel = pilule sans œstrogène qui bloque quand même l’ovulation. Deux mots à retenir au comptoir : tous les jours, à la même heure, sans pause entre les plaquettes. La régularité fait l’efficacité.
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Références bibliographiques
- RCP Désogestrel, Base de données publique des médicaments (ANSM/HAS) Consulter (nouvel onglet)
- Thésaurus des interactions médicamenteuses, ANSM Consulter (nouvel onglet)
- Le CRAT (Centre de Référence sur les Agents Tératogènes), médicaments et grossesse / allaitement Consulter (nouvel onglet)
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