Éthinylestradiol + lévonorgestrel
L'essentiel
Pilule contraceptive combinée associant un œstrogène (éthinylestradiol) et un progestatif de 2e génération (lévonorgestrel). Contraception orale de référence en première intention chez la femme sans facteur de risque vasculaire : parmi les œstroprogestatives, le lévonorgestrel est le progestatif associé au plus faible risque thromboembolique veineux, ce qui en fait l’association recommandée pour initier une pilule combinée. Elle bloque l’ovulation, épaissit la glaire cervicale et modifie l’endomètre. Au-delà de la contraception, elle régularise les cycles et peut réduire les douleurs et l’abondance des règles.
Posologie
- Schéma usuel : 1 comprimé par jour à heure fixe, le plus souvent 21 jours suivis de 7 jours d’arrêt (ou de comprimés placebo selon la présentation), à l’origine des règles de privation pendant l’arrêt.
- Régularité : la prise à heure fixe est le pilier de l’efficacité. La plupart des œstroprogestatives tolèrent un retard allant jusqu’à 12 h sans perte d’efficacité, mais toujours vérifier la notice du produit délivré.
- Instauration : idéalement le 1er jour des règles (protection immédiate). Si débutée plus tard dans le cycle, une protection complémentaire les premiers jours est recommandée selon les modalités de la notice.
- Oubli : conduite à tenir détaillée dans la notice, variable selon le moment de l’oubli et le nombre de comprimés concernés ; un oubli proche de la semaine d’arrêt est le plus à risque. Renvoyer systématiquement à ces consignes.
Risque thromboembolique. Toute œstroprogestative augmente le risque de thrombose veineuse et artérielle, surtout la première année d’utilisation et à la reprise après une interruption. Le repérer au comptoir : tabac après 35 ans, migraine avec aura (contre-indication), antécédent personnel ou familial de phlébite ou d’embolie, immobilisation, post-partum récent. Devant un mollet douloureux et gonflé, une douleur thoracique, un essoufflement brutal ou des troubles neurologiques, on oriente sans délai vers une prise en charge médicale.
Interactions
- Inducteurs enzymatiques : certains antiépileptiques, la rifampicine, le millepertuis (automédication ou phytothérapie) réduisent l’efficacité contraceptive. Toujours demander ce que la patiente prend en plus de son ordonnance.
- Vomissements ou diarrhées sévères : dans les heures suivant la prise, l’absorption peut être incomplète : assimiler à un oubli et appliquer la conduite à tenir de la notice.
- Certains antirétroviraux et antifongiques : interactions possibles modifiant les concentrations hormonales ; vérifier le Thésaurus ANSM en cas de doute.
- Contraception d’urgence par lévonorgestrel (autre dosage) : ne pas confondre la pilule de tous les jours avec la pilule du lendemain, qui ne remplace pas la contraception régulière.
Grossesse / allaitement
- Grossesse : contre-indiquée. La contraception n’a pas lieu d’être en cas de grossesse ; aucune indication à poursuivre. En cas de grossesse découverte sous pilule, arrêter et orienter vers un avis médical (les données n’indiquent pas de sur-risque malformatif des œstroprogestatives, mais le traitement est inutile et donc stoppé).
- Allaitement : les œstroprogestatives ne sont pas le premier choix pendant l’allaitement (l’œstrogène peut réduire la lactation, surtout en post-partum précoce). Une contraception progestative seule est généralement préférée durant cette période ; orienter vers le prescripteur.
Conseils de comptoir
- Prise à heure fixe : proposer un repère quotidien (brossage des dents, alarme du téléphone) pour ne pas oublier.
- Les premiers mois, des saignements entre les règles (spotting) et une sensibilité des seins sont fréquents et s’estompent souvent : rassurer sans banaliser, et réorienter vers le médecin si cela persiste ou s’aggrave.
- Apprendre les signes qui doivent alerter (douleur de mollet, douleur thoracique, essoufflement, mal de tête inhabituel ou troubles visuels) : c’est l’information de sécurité la plus utile à transmettre.
- La pilule ne protège pas des infections sexuellement transmissibles : rappeler l’intérêt du préservatif selon la situation.
- Un suivi médical régulier (tension artérielle, facteurs de risque, tolérance) fait partie d’une contraception bien menée ; ce repère relève du suivi de la patiente, pas d’un avis ponctuel au comptoir.
Teste-toi
Mémo
Le lévonorgestrel est le progestatif de référence pour démarrer une œstroprogestative : c’est celui qui expose au plus faible risque de thrombose veineuse. Et le réflexe sécurité tient dans une question : tabac ? migraine avec aura ? antécédent de phlébite ? Trois fois non avant de banaliser le renouvellement.
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Et dans la même aire (Gynéco-uro) :
Références bibliographiques
- RCP des associations éthinylestradiol + lévonorgestrel, Base de données publique des médicaments (ANSM/HAS) Consulter (nouvel onglet)
- Thésaurus des interactions médicamenteuses, ANSM Consulter (nouvel onglet)
- Le CRAT (Centre de Référence sur les Agents Tératogènes), médicaments et grossesse / allaitement Consulter (nouvel onglet)
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