Ropinirole
L'essentiel
Agoniste dopaminergique non dérivé de l’ergot de seigle, utilisé dans la maladie de Parkinson (seul à un stade précoce, ou en association à la lévodopa quand celle-ci ne suffit plus) et dans le syndrome des jambes sans repos idiopathique modéré à sévère, à des doses bien plus faibles. Il mime l’action de la dopamine sur les récepteurs D2/D3. Formes à libération immédiate (plusieurs prises par jour) et à libération prolongée (une prise quotidienne) : deux schémas à ne pas confondre.
Posologie
- Parkinson : instauration très progressive par paliers hebdomadaires, à partir d’une faible dose, jusqu’à la dose minimale efficace. Doses d’entretien nettement plus élevées que dans les jambes sans repos.
- Syndrome des jambes sans repos : doses faibles, prise unique le soir, dans les 3 heures précédant le coucher. La prise au cours du dîner peut améliorer la tolérance digestive.
- Forme à libération prolongée : comprimé à avaler entier, sans croquer ni écraser ; une seule prise par jour, à heure fixe.
- Arrêt : jamais brutal. La diminution se fait par paliers pour éviter un syndrome de sevrage dopaminergique.
- Insuffisance rénale : l’insuffisance rénale sévère (clairance < 30 mL/min) est une contre-indication chez le patient non dialysé ; un schéma adapté existe chez l'hémodialysé chronique. En insuffisance rénale modérée ou hépatique, adaptation selon l'avis du prescripteur (se référer au RCP).
Risque de troubles du contrôle des impulsions (jeu pathologique, achats ou alimentation compulsifs, hypersexualité) et d’accès de sommeil d’apparition soudaine, parfois sans signe annonciateur. Prévenir le patient et l’entourage, et déconseiller la conduite tant que la tolérance n’est pas établie. Ces signes sont souvent tus par gêne : il faut savoir les évoquer.
Interactions
- Neuroleptiques et antiémétiques antidopaminergiques (métoclopramide, dompéridone à forte dose) : antagonisme, ils s’opposent à l’effet du ropinirole. En cas de nausées, privilégier les options compatibles validées par le prescripteur.
- Inhibiteurs puissants du CYP1A2 (certaines fluoroquinolones comme la ciprofloxacine, fluvoxamine) : augmentation des concentrations de ropinirole, risque de majoration des effets indésirables ; une adaptation de dose peut être nécessaire.
- Tabac : inducteur enzymatique (CYP1A2) ; un arrêt ou une reprise du tabac peut modifier l’exposition au médicament et imposer un réajustement.
- Alcool et autres dépresseurs du système nerveux central : majoration de la somnolence.
Grossesse / allaitement
- Grossesse : données limitées ; l’utilisation n’est généralement pas recommandée, sauf si le bénéfice attendu justifie le risque potentiel. Toute situation de grossesse ou de désir de grossesse se discute avec le prescripteur, jamais d’arrêt brutal de soi-même.
- Allaitement : contre-indiqué. Le ropinirole peut inhiber la lactation (effet sur la prolactine) et son passage dans le lait n’est pas documenté de façon rassurante.
Conseils de comptoir
- Bien distinguer les deux indications : à dose élevée c’est le Parkinson, à dose faible le soir c’est le syndrome des jambes sans repos. Le même nom de molécule, deux mondes posologiques.
- Somnolence et hypotension orthostatique fréquentes en début de traitement et à chaque augmentation : se lever doucement, prudence au volant.
- Nausées très fréquentes à l’instauration : la prise au cours d’un repas les atténue ; elles s’estompent souvent avec le temps.
- Ne jamais arrêter ni sauter de paliers sans avis : l’arrêt brusque expose à un syndrome de sevrage (anxiété, douleurs, sueurs, état pseudo-grippal).
- Dans les jambes sans repos, une aggravation des symptômes ou leur apparition plus tôt dans la journée (phénomène d’augmentation) doit faire reconsulter : ce n’est pas une raison d’augmenter la dose soi-même.
Teste-toi
Mémo
Avec un agoniste dopaminergique, deux réflexes en tête : les impulsions (jeu, achats, alimentation, sexualité) et le sommeil qui tombe d’un coup. On prévient toujours, parce que le patient, lui, n’osera pas en parler.
À voir aussi
Antiparkinsoniens dopaminergiques :
Et dans la même aire (Neuro-psy) :
Références bibliographiques
- RCP Ropinirole, Base de données publique des médicaments (ANSM/HAS) Consulter (nouvel onglet)
- Thésaurus des interactions médicamenteuses, ANSM Consulter (nouvel onglet)
- Le CRAT (Centre de Référence sur les Agents Tératogènes), médicaments et grossesse / allaitement Consulter (nouvel onglet)
Cette fiche t’a été utile ?
Retour anonyme, en un clic.
Merci pour ton retour !
Tu as déjà donné ton retour sur cette page. Merci !
L’envoi n’a pas abouti. Réessaie dans un moment.