Progestérone

Progestatif naturel (hormone bio-identique) · Liste I · Voie orale ou vaginale
Boîte illustrative de Progestérone, médicament générique fictif aux couleurs de La Juste Dose. Image générée par IA.
Délivrance
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L'essentiel

Progestatif identique à la progestérone produite par le corps. Largement délivrée en ville : soutien de la phase lutéale et de la grossesse débutante en assistance médicale à la procréation, troubles du cycle et de la ménopause (en association à un estrogène pour protéger l’endomètre dans le traitement hormonal substitutif), parfois dans certaines formes de syndrome prémenstruel. La voie vaginale est privilégiée dans les indications de fertilité, la voie orale dans le traitement de la ménopause. À ne pas confondre avec les progestatifs de synthèse (dydrogestérone, médroxyprogestérone, etc.), qui ne sont pas la même molécule.

Posologie

  • Voie orale (ménopause, troubles du cycle) : le plus souvent 100 à 200 mg/jour, en une prise le soir, sur tout ou partie du cycle selon le schéma prescrit.
  • Voie vaginale (soutien de la phase lutéale, AMP) : posologie quotidienne selon le protocole de fertilité, souvent répartie en plusieurs administrations ; suivre exactement l’ordonnance.
  • Moment de prise (voie orale) : au coucher et à distance des repas (la prise pendant un repas augmente l’absorption et les effets), car elle endort. Ne pas conduire après la prise du soir.
  • Insuffisance hépatique : prudence, la progestérone est métabolisée par le foie ; se référer au RCP et au prescripteur.
Réflexe sécurité

La somnolence après la prise orale n’est pas un effet indésirable rare, c’est l’effet attendu. On prévient systématiquement : à prendre le soir au coucher, jamais avant de prendre le volant ou de travailler. Antécédent thromboembolique, atteinte hépatique sévère ou saignement génital non exploré justifient de vérifier avec le prescripteur avant délivrance.

Interactions

  • Inducteurs enzymatiques (certains antiépileptiques, rifampicine, millepertuis) : ils accélèrent le métabolisme de la progestérone et peuvent réduire son effet.
  • Alcool : majore la somnolence de la forme orale ; à éviter au moment de la prise du soir.
  • Voie orale et voie vaginale ne sont pas interchangeables : le schéma et la posologie diffèrent selon la voie ; ne jamais transposer l’une à l’autre sans avis médical.
  • Tabac : facteur de risque vasculaire à intégrer dans l’évaluation globale, surtout dans le cadre d’un traitement hormonal.

Grossesse / allaitement

  • Grossesse : en obstétrique, l’usage (Utrogestan) est réservé au premier trimestre et à la voie vaginale (soutien de phase lutéale en AMP, certaines situations à risque), sur prescription spécialisée ; il n’est pas utilisé aux 2e et 3e trimestres. En dehors de ces indications, pas d’auto-usage : s’en tenir au protocole du prescripteur.
  • Allaitement : la progestérone passe dans le lait et le RCP (Utrogestan) ne l’indique pas pendant l’allaitement ; à éviter, renvoyer au prescripteur en cas de question.

Conseils de comptoir

  • Forme orale : toujours le soir au coucher. Si la patiente se plaint de vertiges, de somnolence diurne ou d’une sensation d’ivresse, c’est le plus souvent lié au moment de prise, à recadrer avant d’évoquer autre chose.
  • Forme vaginale : expliquer posément les modalités d’administration (mains propres, position allongée, souvent le soir) ; des pertes ou résidus locaux sont fréquents et sans gravité.
  • Dans le traitement de la ménopause, rappeler que la progestérone protège l’endomètre : elle accompagne l’estrogène, on ne l’arrête pas de son propre chef.
  • Tolérance habituelle : tension mammaire, ballonnements, petits troubles de l’humeur ou saignements en début de traitement ; signaler si cela persiste ou si un saignement inhabituel apparaît.
  • Une douleur de jambe, un essoufflement brutal ou une douleur thoracique imposent un avis médical urgent : le réflexe thromboembolique vaut pour toute hormonothérapie.

Teste-toi

Question 1 / 3
Une patiente revient en colère : « Votre cachet du soir me met KO, je n'ai pas pu emmener les enfants à l'école ce matin. » Tu réponds quoi ?
C'est l'effet attendu de la progestérone orale, pas un défaut du médicament. On explique : elle se prend au coucher justement parce qu'elle endort, et la somnolence peut déborder sur le matin si la prise est trop tardive ou la dose élevée. On recadre le moment de prise (le soir, au coucher, pas au volant ensuite) et, si la gêne diurne persiste, on oriente vers le prescripteur qui pourra discuter la dose ou la voie vaginale, qui n'a pas cet effet sédatif.

Mémo

Pour retenir

La progestérone orale, c’est le soir, au lit, pas au volant : elle endort, c’est normal, c’est même pour ça qu’on la prend au coucher. Et dans la ménopause, elle ne voyage jamais seule : estrogène + progestérone, le duo qui protège l’endomètre.

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Références bibliographiques

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Fiche publiée le 14 juin 2026
Sous la responsabilité éditoriale de Joseph Hobekkaya, docteur en pharmacie · La Juste Dose Pharma
Repères pédagogiques pour professionnels : toujours vérifier le RCP et les recommandations en vigueur.

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