Finastéride
L'essentiel
Inhibiteur de la 5-alpha-réductase qui bloque la transformation de la testostérone en dihydrotestostérone (DHT). Deux usages distincts selon le dosage : le dosage faible vise l’alopécie androgénétique de l’homme (perte de cheveux d’origine hormonale), le dosage plus élevé vise l’hypertrophie bénigne de la prostate (troubles urinaires du sujet âgé, souvent en association avec un alphabloquant). Médicament réservé à l’homme : il n’a pas d’indication chez la femme et expose à un risque tératogène majeur. Dans l’alopécie, le rapport bénéfice/risque fait l’objet de mesures de surveillance renforcées (voir conseils).
Posologie
- Alopécie androgénétique (homme) : usuellement 1 mg par jour en une prise. L’effet sur la chute des cheveux n’est visible qu’après plusieurs mois ; il s’estompe à l’arrêt.
- Hypertrophie bénigne de la prostate : usuellement 5 mg par jour en une prise, le bénéfice sur les symptômes urinaires s’installe progressivement sur plusieurs mois.
- Modalités de prise : prise indifférente par rapport aux repas, à heure régulière. Comprimés à avaler entiers, ne pas les écraser ni les casser (voir le réflexe sécurité).
- Sujet âgé, insuffisance rénale ou hépatique : se référer au RCP ; pas d’adaptation systématique mais prudence chez l’insuffisant hépatique (le finastéride est métabolisé par le foie).
Risque tératogène majeur : en bloquant la DHT, le finastéride peut féminiser les organes génitaux d’un fœtus masculin. Strictement contre-indiqué chez la femme enceinte ou en âge de procréer. Par précaution, une femme enceinte ne doit pas manipuler un comprimé écrasé ou cassé. Toujours rappeler de conserver les comprimés intacts, hors de portée.
Interactions
- Dosage du PSA : le finastéride 5 mg abaisse d’environ la moitié le taux de PSA (marqueur prostatique) après quelques mois. Un résultat « normal » sous traitement peut donc masquer une valeur réellement élevée : le prescripteur doit en tenir compte (en pratique, la valeur mesurée est multipliée par deux) dans le suivi du dépistage.
- Peu d’interactions médicamenteuses cliniquement significatives : le RCP ne retient pas d’association à conséquence clinique notable aux doses usuelles. L’essentiel des précautions porte sur le terrain (sexe, projet de grossesse de la partenaire, antécédents de troubles de l’humeur) plus que sur les associations.
- Don du sang : par précaution, pas de don du sang pendant le traitement et durant le délai indiqué après l’arrêt, pour éviter toute exposition d’une receveuse enceinte.
Grossesse / allaitement
- Grossesse : contre-indication absolue. Le médicament n’a aucune indication chez la femme. Par précaution, une patiente enceinte ne doit pas manipuler de comprimés écrasés ou cassés, en raison d’un passage systémique possible et du risque pour un fœtus masculin.
- Allaitement : non concerné en pratique, le finastéride n’étant pas destiné à la femme. En cas de question, renvoyer au prescripteur.
Conseils de comptoir
- Bien expliquer le délai d’action : aucun effet visible avant plusieurs mois, que ce soit sur les cheveux ou sur les symptômes urinaires. C’est un traitement de fond, pas un traitement « minute ».
- Effet suspensif : dans l’alopécie, l’arrêt fait reperdre en quelques mois le bénéfice obtenu. À dire clairement pour éviter les arrêts déçus.
- Troubles de l’humeur et idées suicidaires : signal de sécurité renforcé par l’ANSM, surtout dans l’alopécie. Dire au patient d’arrêter le traitement et de consulter rapidement dès une humeur dépressive, une tristesse persistante ou des idées noires. Pour le finastéride 1 mg, une carte patient est glissée dans la boîte ; surtout, depuis 2026, sa délivrance est conditionnée à une attestation d’information partagée cosignée par le médecin et le patient, à vérifier à chaque délivrance et à renouveler chaque année (obligatoire depuis le 16 avril 2026 pour les initiations, le 16 juin 2026 pour les renouvellements).
- Effets sur la sphère sexuelle possibles (baisse de libido, troubles de l’érection ou de l’éjaculation) : le plus souvent réversibles à l’arrêt, parfois persistants chez certains hommes. Inviter à en parler au médecin, qui pourra envisager l’arrêt, plutôt qu’à interrompre seul sans en parler.
- Si le patient signale une grosseur, une douleur ou un écoulement au niveau d’un sein, ne pas banaliser : des cas de cancer du sein masculin ont été rapportés, orienter vers une consultation.
- Rappeler qu’un comprimé intact n’expose pas l’entourage : le risque concerne la manipulation d’un comprimé écrasé par une femme enceinte.
Teste-toi
Mémo
Le finastéride bloque la DHT : Dosage du PSA divisé par deux, Homme uniquement (tératogène, comprimé jamais écrasé près d’une femme enceinte), Thumeur à surveiller (humeur en berne ou idées noires, on arrête et on consulte). Trois lettres, trois réflexes au comptoir.
À voir aussi
Inhibiteurs de la 5-alpha-réductase :
Et dans la même aire (Gynéco-uro) :
Références bibliographiques
- RCP Finastéride, Base de données publique des médicaments (ANSM/HAS) Consulter (nouvel onglet)
- Thésaurus des interactions médicamenteuses, ANSM Consulter (nouvel onglet)
- Le CRAT (Centre de Référence sur les Agents Tératogènes), médicaments et grossesse / allaitement Consulter (nouvel onglet)
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