Escitalopram
L'essentiel
Antidépresseur inhibiteur sélectif de la recapture de la sérotonine (ISRS), c’est l’énantiomère actif du citalopram. Indiqué dans les épisodes dépressifs majeurs et dans plusieurs troubles anxieux (trouble panique avec ou sans agoraphobie, anxiété sociale, anxiété généralisée, trouble obsessionnel compulsif). Souvent choisi en première intention pour sa tolérance plutôt favorable. Le délai d’action est de l’ordre de 2 à 4 semaines : c’est un message clé à passer au comptoir.
Posologie
- Adulte : traitement à dose unique quotidienne, le plus souvent dans une fourchette de 10 à 20 mg/jour selon l’indication et la réponse ; l’initiation et l’adaptation relèvent du prescripteur.
- Sujet âgé : dose maximale réduite (liée au risque d’allongement du QT) ; toujours se fier à la posologie de l’ordonnance.
- Insuffisance hépatique : dose initiale et dose maximale plus basses ; prudence également en cas de risque cardiaque.
- Une prise par jour, à heure régulière, indifféremment au cours ou en dehors des repas. Arrêt toujours progressif, jamais brutal.
Deux vigilances. 1) Risque suicidaire majoré en début de traitement et lors des changements de dose, surtout chez l’adolescent et le jeune adulte : surveiller l’apparition ou l’aggravation d’idées noires les premières semaines. 2) Escitalopram allonge l’intervalle QT de façon dose-dépendante : doses maximales réduites chez le sujet âgé et l’insuffisant hépatique, prudence avec les autres médicaments allongeant le QT. On n’arrête jamais brutalement (syndrome de sevrage).
Interactions
- IMAO : association contre-indiquée (risque de syndrome sérotoninergique grave) ; respecter un délai d’arrêt avant et après. Vigilance aussi avec le linézolide et le bleu de méthylène.
- Autres sérotoninergiques (tramadol, triptans, autres antidépresseurs, millepertuis) : risque de syndrome sérotoninergique (agitation, sueurs, tremblements, fièvre, tachycardie). Le millepertuis en automédication est un piège classique.
- Médicaments allongeant le QT (certains antiarythmiques, antipsychotiques, macrolides, dompéridone) : addition de risque sur le rythme.
- AINS, antiagrégants, anticoagulants : majoration du risque hémorragique (notamment digestif) ; en parler si l’un est associé.
Grossesse / allaitement
- Grossesse : ne pas interrompre un traitement équilibré sans avis médical (le déséquilibre maternel a aussi un coût). Une réévaluation au cas par cas est nécessaire ; en fin de grossesse, surveiller le nouveau-né (signes d’imprégnation ou de sevrage). Orienter vers le prescripteur, et au besoin vers les ressources de référence sur le médicament et la grossesse.
- Allaitement : passage dans le lait ; décision au cas par cas avec le médecin. Si l’allaitement est poursuivi, surveiller le nourrisson (somnolence, prise alimentaire, comportement).
Conseils de comptoir
- Expliquer le délai d’action : l’effet sur l’humeur s’installe en 2 à 4 semaines. Ne pas arrêter en se croyant « sans effet » au bout de quelques jours.
- Les premiers jours peuvent s’accompagner de nausées, de céphalées, d’une majoration transitoire de l’anxiété ou de troubles du sommeil : c’est souvent passager, mais à signaler si cela persiste ou inquiète.
- Jamais d’arrêt brutal : la diminution se fait progressivement, sur prescription, pour éviter le syndrome de sevrage (sensations vertigineuses, troubles sensoriels, irritabilité).
- Prise possible le matin ou le soir selon la tolérance (plutôt le matin si insomnie, le soir si somnolence), à heure régulière. L’alcool est déconseillé.
- Au comptoir, écarter l’automédication par le millepertuis et rester attentif aux signes d’alerte de l’humeur en début de traitement.
Teste-toi
Mémo
Ne pas confondre deux DCI très proches : l’escitalopram est l’énantiomère actif du citalopram (à effet égal, la dose d’escitalopram est environ deux fois moindre). Et pour la sécurité de la classe : 2 à 4 semaines avant que l’effet sur l’humeur s’installe, jamais d’arrêt brutal, et on surveille l’humeur au démarrage.
À voir aussi
Antidépresseurs ISRS et apparentés :
Références bibliographiques
- RCP Escitalopram, Base de données publique des médicaments (ANSM/HAS) Consulter (nouvel onglet)
- Thésaurus des interactions médicamenteuses, ANSM Consulter (nouvel onglet)
- Le CRAT (Centre de Référence sur les Agents Tératogènes), médicaments et grossesse / allaitement Consulter (nouvel onglet)
Cette fiche t’a été utile ?
Retour anonyme, en un clic.
Merci pour ton retour !
Tu as déjà donné ton retour sur cette page. Merci !
L’envoi n’a pas abouti. Réessaie dans un moment.