Tramadol

Antalgique opioïde (palier 2) · Liste I, assimilé stupéfiant · ordonnance sécurisée · voie orale ou injectable
Boîte illustrative de Tramadol, médicament générique fictif aux couleurs de La Juste Dose. Image générée par IA.
Délivrance
3 / 4 · courant
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L'essentiel

Antalgique opioïde faible (palier 2 de l’OMS), proposé dans les douleurs modérées à intenses qui ne sont pas calmées par le palier 1 (paracétamol, AINS). Double mécanisme : action opioïde faible sur les récepteurs mu et effet monoaminergique (recapture de la sérotonine et de la noradrénaline), ce qui explique à la fois son intérêt et ses pièges. Il est transformé par le foie (CYP2D6) en métabolite actif, d’où une réponse antalgique très variable d’un patient à l’autre. Existe seul (libération immédiate ou prolongée) ou associé au paracétamol : la DCI seule, c’est le tramadol.

Posologie

  • Adulte : en pratique 50 à 100 mg par prise, à renouveler selon la douleur sans dépasser, en règle générale, 400 mg par jour (formes à libération immédiate ou prolongée). Toujours se référer à la posologie de l’ordonnance et au RCP de la forme délivrée.
  • Sujet âgé : débuter bas, espacer les prises ; la sensibilité aux effets opioïdes et le risque de confusion ou de chute sont majorés.
  • Insuffisance rénale ou hépatique : espacement des prises et dose réduite ; à éviter en cas d’atteinte sévère. Adaptation selon le RCP.
  • Enfant : contre-indiqué par voie orale avant 12 ans (risque de dépression respiratoire chez les métaboliseurs ultrarapides) ; au-delà, l’usage est encadré et relève de la prescription, pas du conseil au comptoir.
  • Avaler les formes à libération prolongée entières, sans les croquer ni les écraser (risque de libération massive).
Réflexe sécurité

Le tramadol abaisse le seuil épileptogène et augmente la sérotonine. Vigilance sur le risque de convulsions (surdosage, association à d’autres molécules abaissant le seuil) et de syndrome sérotoninergique en cas de cumul avec d’autres sérotoninergiques (antidépresseurs notamment). Antalgique opioïde : dépendance et dépression respiratoire possibles, prudence chez le sujet fragile.

Interactions

  • Antidépresseurs sérotoninergiques (ISRS, IRSNa, tricycliques, IMAO) : risque de syndrome sérotoninergique et de convulsions ; les IMAO sont une association à proscrire.
  • Autres dépresseurs du système nerveux central (benzodiazépines, autres opioïdes, alcool) : majoration de la sédation et de la dépression respiratoire.
  • Molécules abaissant le seuil épileptogène (certains antidépresseurs, neuroleptiques, bupropion) : risque de convulsions accru.
  • Carbamazépine : diminution de l’effet antalgique du tramadol (inducteur enzymatique).
  • Anticoagulants oraux (AVK) : surveillance de l’INR signalée avec le tramadol.

Grossesse / allaitement

  • Grossesse : à éviter, surtout en fin de grossesse ; un usage prolongé ou proche de l’accouchement expose le nouveau-né à un syndrome de sevrage et à une dépression respiratoire. La décision relève du prescripteur ; renvoyer vers lui et vers le RCP en cas de doute.
  • Allaitement : non recommandé, en particulier en cures répétées ou prolongées ; le passage dans le lait et la variabilité métabolique exposent le nourrisson. En cas de prise ponctuelle, en discuter avec le prescripteur.

Conseils de comptoir

  • Cadre de délivrance renforcé : depuis le 1er mars 2025, le tramadol (assimilé stupéfiant) exige une ordonnance sécurisée, avec dosage, posologie et durée en toutes lettres et une prescription limitée à 12 semaines. Vérifier la conformité de l’ordonnance avant de délivrer.
  • Prévenir d’emblée : nausées, vertiges, somnolence et constipation sont fréquents en début de traitement. Les nausées s’atténuent souvent après quelques jours.
  • Somnolence et vertiges : prudence au volant et avec les machines, surtout à l’instauration ou après une hausse de dose.
  • Pas d’alcool pendant le traitement : il majore la sédation et la dépression respiratoire.
  • Antalgique opioïde : ne pas augmenter les doses de soi-même, ne pas arrêter brutalement après un usage prolongé (risque de syndrome de sevrage). Un arrêt progressif se fait avec le prescripteur.
  • Constipation fréquente : penser à l’hydratation, aux fibres, à l’activité physique, et signaler si elle s’installe.
  • Repérer le mésusage : demandes de renouvellement anticipé répétées, escalade de doses ; en parler sans juger et tracer.

Teste-toi

Question 1 / 3
Une cliente sous sertraline depuis quelques mois apporte une ordonnance de tramadol pour une lombalgie. Elle te dit qu'elle a déjà eu des « bouffées bizarres » la dernière fois. Tu fais quoi ?
L'association d'un opioïde sérotoninergique (tramadol) à un ISRS (sertraline) augmente le risque de syndrome sérotoninergique et de convulsions. On ne bloque pas par principe, mais on signale l'interaction : on vérifie que le prescripteur a bien le traitement de fond en tête, on explique les signes d'alerte (agitation, sueurs, tremblements, fièvre, confusion, palpitations) avec consigne d'arrêter et de consulter en cas d'apparition, et on trace l'intervention. Les « bouffées bizarres » antérieures méritent d'être remontées au prescripteur.

Mémo

Pour retenir

Le tramadol, c’est l’opioïde qui joue aussi sur la sérotonine : deux dangers à garder en tête, convulsions (seuil épileptogène abaissé) et syndrome sérotoninergique (cumul avec les antidépresseurs). Et au comptoir, le réflexe DCI : tramadol seul ou tramadol + paracétamol, ce n’est pas la même dose de paracétamol à surveiller.

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Références bibliographiques

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Fiche publiée le 13 juin 2026
Sous la responsabilité éditoriale de Joseph Hobekkaya, docteur en pharmacie · La Juste Dose Pharma
Repères pédagogiques pour professionnels : toujours vérifier le RCP et les recommandations en vigueur.

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