Paracétamol + opium + caféine
L'essentiel
Antalgique de palier 2 indiqué dans les douleurs d’intensité modérée à intense, ou ne répondant pas à un antalgique de palier 1 seul. L’association combine le paracétamol (antalgique et antipyrétique de palier 1), la poudre d’opium (antalgique opioïde apportant des alcaloïdes dont la morphine) et la caféine (adjuvant). Très présente au comptoir dans les douleurs aiguës courantes (lombalgies, douleurs dentaires, post-traumatiques), elle se raisonne comme un opioïde faible : la part opium impose les mêmes réflexes de prudence que le tramadol ou la codéine.
Posologie
- Adulte : en fonction de la formulation délivrée, le plus souvent 1 comprimé ou gélule par prise, à renouveler en respectant un intervalle minimal entre les prises ; ne pas dépasser le nombre maximal de prises par 24 h indiqué dans le RCP du produit.
- Contre-indiqué avant 15 ans : cette association est contre-indiquée chez l’enfant et l’adolescent de moins de 15 ans (composante opioïde, données pédiatriques insuffisantes, présence de caféine) ; se reporter à l’AMM du produit délivré.
- Insuffisance hépatique : l’insuffisance hépatocellulaire sévère est une contre-indication ; au-delà, prudence pour le paracétamol comme pour la part opioïde (sensibilité accrue), vérifier le RCP.
- Insuffisance rénale et sujet âgé : prudence et adaptation, la composante opioïde majorant la sensibilité ; vérifier le RCP.
- Modalités : respecter l’intervalle entre deux prises, ne pas associer à un autre médicament contenant du paracétamol, durée la plus courte possible.
Trois contre-indications à ne jamais rater, liées à la part opium : asthme, insuffisance respiratoire et insuffisance hépatocellulaire sévère. À cela s’ajoute une double vigilance permanente. D’abord le paracétamol caché : cette association compte dans la dose totale de paracétamol de la journée, jamais plus de la dose maximale quotidienne tous médicaments confondus, sinon risque d’atteinte hépatique grave. Ensuite l’opium : c’est un opioïde, avec dépression respiratoire possible en cas de surdosage ou d’association à d’autres dépresseurs du système nerveux central, et un risque de dépendance lors d’un usage prolongé.
Interactions
- Autres sources de paracétamol : additionner les doses ; beaucoup de produits de comptoir (antalgiques, médicaments du rhume) en contiennent, d’où le risque de cumul involontaire.
- Agonistes-antagonistes et antagonistes morphiniques (buprénorphine, nalbuphine, pentazocine, naltrexone, nalméfène) : association déconseillée, ils antagonisent l’effet de l’opium et peuvent déclencher un syndrome de sevrage.
- Autres opioïdes (codéine, tramadol, morphiniques) : majoration des effets et de la dépression respiratoire ; éviter le cumul.
- Dépresseurs du système nerveux central (benzodiazépines, alcool, certains antihistaminiques sédatifs) : addition des effets sédatifs et respiratoires, vigilance renforcée.
- Alcool : à éviter, il majore à la fois la sédation opioïde et la toxicité hépatique du paracétamol.
Grossesse / allaitement
- Grossesse : à éviter du fait de la composante opioïde, en particulier en fin de grossesse (risque de syndrome de sevrage et de dépression respiratoire chez le nouveau-né) ; certains RCP la réservent aux situations de nécessité absolue. Si un antalgique est nécessaire pendant la grossesse, le paracétamol seul reste l’antalgique de référence. Se conformer au RCP et à l’avis du prescripteur.
- Allaitement : contre-indiquée, les opioïdes passant dans le lait avec un risque de somnolence et de troubles respiratoires chez le nourrisson. Privilégier le paracétamol seul ; renvoyer au prescripteur en cas de besoin.
Conseils de comptoir
- Avant de délivrer, balayer les contre-indications de la part opium : asthme, insuffisance respiratoire, maladie sévère du foie, allaitement. En cas de doute, on échange avec le prescripteur.
- Rappeler que c’est un palier 2 contenant un opioïde : prévenir de la somnolence possible, prudence à la conduite et au travail sur machine, surtout en début de traitement.
- Constipation fréquente, comme avec tout opioïde : conseiller hydratation, fibres et mobilité, et y penser d’emblée chez une personne âgée ou alitée.
- Compter le paracétamol de toutes les boîtes du foyer : vérifier qu’il n’y en a pas déjà ailleurs (rhume, autre antalgique) pour ne pas cumuler les doses.
- Usage court : c’est un dépannage de douleur aiguë, pas un traitement de fond ; au-delà de quelques jours sans amélioration, réévaluation médicale. Comme tout opioïde, garder en tête le risque de mésusage et de dépendance.
- Déconseiller l’alcool pendant le traitement (sédation et foie), et signaler tout essoufflement, somnolence excessive ou confusion.
Teste-toi
Mémo
Trois lettres, deux dangers : Paracétamol (compter la dose totale, c’est le foie), Opium (c’est un opioïde, sédation, dépression respiratoire, constipation, dépendance ; d’où les contre-indications asthme, insuffisance respiratoire, foie sévère), Caféine (juste l’adjuvant). On lit cette association comme un palier 2, pas comme un simple paracétamol amélioré.
À voir aussi
Antalgiques opioïdes de palier 2 :
Et dans la même aire (Antalgiques) :
Références bibliographiques
- RCP de l'association paracétamol/opium/caféine, Base de données publique des médicaments (ANSM/HAS) Consulter (nouvel onglet)
- HAS, Bon usage des médicaments opioïdes : antalgie, prévention et prise en charge du trouble de l'usage et des surdoses Consulter (nouvel onglet)
- Thésaurus des interactions médicamenteuses, ANSM Consulter (nouvel onglet)
- Le CRAT (Centre de Référence sur les Agents Tératogènes), médicaments et grossesse / allaitement Consulter (nouvel onglet)
Cette fiche t’a été utile ?
Retour anonyme, en un clic.
Merci pour ton retour !
Tu as déjà donné ton retour sur cette page. Merci !
L’envoi n’a pas abouti. Réessaie dans un moment.