Paracétamol + opium

Association antalgique de palier 2 (paracétamol + poudre d'opium) · Voie orale
Boîte illustrative de Paracétamol + opium, médicament générique fictif aux couleurs de La Juste Dose. Image générée par IA.
Délivrance
2 / 4 · délivré régulièrement
Ta maîtriseSur cette molécule : à découvrir
Teste-toi sur la famille Antalgiques (nouvel onglet)

L'essentiel

Association d’un antalgique de palier 1 (le paracétamol) et d’un opioïde faible (la poudre d’opium, qui apporte de la morphine en petite quantité). Indiquée dans les douleurs d’intensité modérée à intense qui ne sont pas soulagées par le paracétamol seul. Elle se situe au palier 2 de l’OMS, aux côtés des associations à base de codéine ou de tramadol. Deux atouts à garder en tête au comptoir : c’est un médicament contenant du paracétamol (donc à compter dans la dose quotidienne totale) et c’est un opioïde (donc avec les précautions qui vont avec). À noter : selon la spécialité délivrée, l’association peut aussi contenir de la caféine.

Posologie

  • Adulte (15 ans et plus) : la posologie se raisonne en nombre de gélules ou comprimés, en respectant l’intervalle minimal entre les prises et la dose maximale par 24 heures indiquée sur la notice. On adapte à l’intensité de la douleur en commençant par la dose efficace la plus faible.
  • Plafond paracétamol : la dose totale de paracétamol, toutes sources confondues, ne doit pas dépasser le maximum journalier usuel (de l’ordre de 3 g/jour, jusqu’à 4 g/jour dans certaines situations sur avis ; à limiter à 3 g/jour, voire moins, chez le sujet à risque : poids inférieur à 50 kg, sujet âgé, dénutrition, atteinte hépatique). Il faut donc additionner ce médicament et tout autre produit contenant du paracétamol.
  • Sujet âgé, insuffisance rénale ou hépatique : réduction de dose et/ou espacement des prises, prudence renforcée. Se reporter au RCP pour les modalités exactes.
  • Réservé à l’adulte et à l’adolescent à partir de 15 ans. Ne pas écraser ni ouvrir sans indication ; prise avec un grand verre d’eau.
Réflexe sécurité

Double vigilance : c’est du paracétamol caché ET un opioïde. Traquer le cumul de paracétamol avec un autre antalgique pour ne pas dépasser la dose maximale (risque de toxicité hépatique). Côté opioïde : pas d’association à un autre opioïde ni à de l’alcool, prudence sur la conduite et chez le sujet fragile (risque de dépression respiratoire en cas de surdosage). Garder en tête les situations où on ne délivre pas sans en référer au prescripteur : âge inférieur à 15 ans, insuffisance respiratoire ou asthme, atteinte hépatique sévère, grossesse et allaitement.

Interactions

  • Autres produits contenant du paracétamol : le piège numéro un. Additionner toutes les sources (ordonnance, automédication, médicaments du rhume) pour rester sous la dose maximale.
  • Autres opioïdes (codéine, tramadol, morphiniques, certains antitussifs) : addition des effets dépresseurs, à éviter.
  • Opioïdes agonistes-antagonistes et antagonistes partiels (buprénorphine, nalbuphine, naltrexone, nalméfène) : association déconseillée, risque de baisse d’efficacité de l’antalgique voire de syndrome de sevrage.
  • Alcool et dépresseurs du système nerveux central (benzodiazépines, hypnotiques, sédatifs) : majoration de la sédation et du risque respiratoire.
  • AVK : comme avec le paracétamol, une prise régulière et prolongée peut majorer l’effet anticoagulant ; surveillance de l’INR si usage répété.

Grossesse / allaitement

  • Grossesse : le paracétamol seul reste l’antalgique de référence pendant la grossesse. Ici, l’opium est un opioïde : selon le RCP, cette association ne doit pas être utilisée pendant la grossesse sauf nécessité absolue, et en fin de grossesse un usage prolongé expose le nouveau-né à un risque de dépression respiratoire et de syndrome de sevrage. Ce n’est pas un premier choix ; toujours réévaluer avec le prescripteur et se reporter au RCP.
  • Allaitement : contre-indiqué selon le RCP. Les dérivés de l’opium passent dans le lait et exposent le nourrisson à une sédation et à une dépression respiratoire. Orienter vers le paracétamol seul, compatible avec l’allaitement, et renvoyer au prescripteur si une douleur plus intense doit être prise en charge.

Conseils de comptoir

  • Toujours poser la question qui sauve : « Prenez-vous déjà du paracétamol ou un médicament pour le rhume ? » Le risque, c’est le cumul de paracétamol sans s’en rendre compte.
  • Vérifier le terrain avant de conseiller le renouvellement : antécédents respiratoires (asthme, insuffisance respiratoire) et atteinte du foie sont des situations où on ne délivre pas sans avis du prescripteur. Ce médicament n’est pas destiné à l’enfant ni à l’adolescent de moins de 15 ans.
  • Prévenir des effets opioïdes attendus : constipation (souvent persistante, anticiper avec mesures hygiéno-diététiques voire un laxatif), somnolence, parfois nausées en début de traitement.
  • Conduite et machines : la vigilance peut être réduite, surtout à l’instauration ; en avertir le patient.
  • Si la spécialité délivrée contient de la caféine, prévenir des effets possibles (nervosité, palpitations, insomnie si prise en fin de journée).
  • Traitement de la douleur sur une durée courte : si la douleur persiste au-delà de quelques jours, revoir le médecin plutôt que de prolonger seul. Comme tout opioïde, ne pas augmenter les doses de soi-même et ne pas arrêter brutalement après un usage prolongé.

Teste-toi

Question 1 / 3
Un patient repart avec cette association pour une douleur dentaire et attrape au passage une boîte de paracétamol 1 g « pour la fièvre ». Tu dis quoi ?
On l'arrête en douceur : son antalgique contient déjà du paracétamol. S'il ajoute des comprimés de 1 g par-dessus, il risque de dépasser la dose maximale quotidienne, avec un danger réel pour le foie. On explique qu'il faut compter toutes les sources de paracétamol et ne pas dépasser le total indiqué, et on l'aide à organiser ses prises. C'est exactement le réflexe « paracétamol caché ».

Mémo

Pour retenir

Deux molécules, deux réflexes : le paracétamol qu’on additionne (plafond de dose, foie) et l’opium qu’on respecte (opioïde : constipation, somnolence, pas d’alcool, pas de second opioïde). Et trois portes fermées : moins de 15 ans, allaitement, terrain respiratoire ou hépatique fragile. Palier 2 : on monte d’un cran sur l’échelle, on monte d’un cran sur la vigilance.

À voir aussi

Ta maîtriseMaintenant que tu as lu la fiche : à découvrir

Références bibliographiques

Consulter le RCP (nouvel onglet)
Fiche publiée le 14 juin 2026
Sous la responsabilité éditoriale de Joseph Hobekkaya, docteur en pharmacie · La Juste Dose Pharma
Repères pédagogiques pour professionnels : toujours vérifier le RCP et les recommandations en vigueur.

Cette fiche t’a été utile ?

Retour anonyme, en un clic.