Sumatriptan
L'essentiel
Traitement de la crise de migraine (avec ou sans aura) chez l’adulte, et de l’algie vasculaire de la face pour la forme injectable. Le sumatriptan agit sur la crise déjà installée : ce n’est pas un antalgique de fond ni un traitement de prévention. Il se prend dès le début de la phase douloureuse, sur une migraine déjà diagnostiquée, en général quand un antalgique simple ou un AINS n’a pas suffi.
Posologie
- Adulte, voie orale : une prise dès le début de la crise, à renouveler une fois si la migraine réapparaît après une amélioration, en respectant un intervalle d’au moins 2 heures et sans dépasser la dose maximale quotidienne indiquée par le RCP.
- Forme nasale : utile en cas de nausées ou de vomissements qui rendent la prise orale difficile ; action souvent un peu plus rapide.
- Forme injectable (sous-cutanée) : la plus rapide, réservée aux crises sévères et à l’algie vasculaire de la face.
- Si la première dose est inefficace : ne pas en reprendre une deuxième pour la même crise (le triptan n’a pas « pris »). On pourra le réessayer sur une crise ultérieure.
- Insuffisance hépatique : prudence et adaptation selon le RCP ; contre-indiqué en cas d’atteinte sévère.
Contre-indication cardiovasculaire : antécédent d’infarctus, angor, coronaropathie, AVC ou AIT, artériopathie périphérique, hypertension non contrôlée. Le sumatriptan est vasoconstricteur. Devant une première crise inhabituelle, un patient âgé ou des facteurs de risque cardiovasculaire, on temporise et on oriente vers le médecin.
Interactions
- Dérivés de l’ergot de seigle (ergotamine, dihydroergotamine) : association contre-indiquée, vasoconstriction additive. Respecter un délai d’au moins 24 heures entre les deux.
- Autres triptans : ne pas les cumuler ni les enchaîner sur une même crise ; respecter un délai de 24 heures avant de passer d’un triptan à l’autre.
- Antidépresseurs sérotoninergiques (ISRS, IRSNa) : risque théorique de syndrome sérotoninergique. En pratique l’association reste possible mais on connaît les signes d’alerte (agitation, sueurs, tremblements, confusion).
- IMAO (et délai de 2 semaines après leur arrêt) : association contre-indiquée, le sumatriptan étant métabolisé par la MAO-A ; risque d’exposition accrue au triptan.
Grossesse / allaitement
- Grossesse : par prudence on préfère le réserver aux situations où c’est nécessaire ; le sumatriptan est le triptan le mieux documenté et reste utilisable si le bénéfice le justifie, après avis médical. Se référer au RCP et aux données du CRAT.
- Allaitement : compatible en pratique ; le passage dans le lait est faible. On peut suggérer d’allaiter juste avant la prise et d’espacer la tétée suivante de quelques heures par précaution.
Conseils de comptoir
- Le prendre tôt dans la crise, une fois la migraine reconnue : pris trop tard, il est moins efficace.
- Effets fréquents et bénins à anticiper pour ne pas inquiéter : sensation de chaleur, picotements, fourmillements, oppression ou pesanteur (gorge, poitrine, mâchoire), fatigue, vertiges. Ces sensations passent vite. En revanche une vraie douleur thoracique serrée doit faire arrêter et consulter.
- Abus médicamenteux : au-delà de 10 jours de prise par mois sur la durée, le triptan peut entretenir des céphalées chroniques. Compter les jours de crise est un vrai repère de comptoir.
- Demander combien de crises par mois : au-delà de 2 à 3, le sujet d’un traitement de fond se pose, c’est un bon moment pour réorienter vers le médecin.
- Bien distinguer la migraine de la céphalée de tension : le triptan n’agit que sur la migraine.
Teste-toi
Mémo
Le triptan, c’est la crise, pas le fond, et jamais sur un cœur fragile. Trois bornes au comptoir : terrain cardiovasculaire à écarter, jamais avec un dérivé de l’ergot (24 h d’intervalle), et on compte les jours de prise pour repérer l’abus.
À voir aussi
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Références bibliographiques
- RCP Sumatriptan, Base de données publique des médicaments (ANSM/HAS) Consulter (nouvel onglet)
- Thésaurus des interactions médicamenteuses, ANSM Consulter (nouvel onglet)
- Le CRAT (Centre de Référence sur les Agents Tératogènes), médicaments et grossesse / allaitement Consulter (nouvel onglet)
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