Sitagliptine

Inhibiteur de la DPP-4 (gliptine) · Liste I · Voie orale
Délivrance
3 / 4 · courant
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L'essentiel

Antidiabétique oral du diabète de type 2, en complément des mesures hygiéno-diététiques. La sitagliptine prolonge l’action des incrétines (GLP-1, GIP) en bloquant l’enzyme qui les dégrade (la DPP-4), ce qui stimule la sécrétion d’insuline et freine celle de glucagon, de façon glucose-dépendante. Elle se place le plus souvent en association à la metformine quand celle-ci ne suffit plus, ou seule en cas d’intolérance ou de contre-indication à la metformine. Atout au comptoir : prise orale simple, neutre sur le poids et faible risque d’hypoglycémie en monothérapie.

Posologie

  • Adulte : dose usuelle de 100 mg en une prise par jour, à heure régulière, pendant ou en dehors des repas.
  • Insuffisance rénale : la dose est réduite selon la fonction rénale (palier à 50 mg/jour dans l’atteinte modérée, puis 25 mg/jour dans l’atteinte sévère et chez le dialysé). Point de vigilance majeur : se reporter au RCP et à la clairance pour le seuil exact.
  • Associations fixes : existe combinée à la metformine ; bien repérer alors la double DCI sur l’ordonnance pour ne pas additionner deux fois la metformine.
  • Oubli : prendre la dose dès que possible dans la journée, sans jamais doubler la prise le lendemain.
Réflexe sécurité

Adapter la dose à la fonction rénale : la dose pleine de 100 mg/jour n’est pas valable chez l’insuffisant rénal modéré à sévère, où elle descend par paliers (50 mg, puis 25 mg). Devant une ordonnance de gliptine, le réflexe est de vérifier que la posologie est cohérente avec la fonction rénale du patient, surtout chez la personne âgée.

Interactions

  • Sulfamides hypoglycémiants et insuline : en association, le risque d’hypoglycémie augmente nettement ; une baisse de dose du sulfamide ou de l’insuline est souvent nécessaire. Rappeler les signes d’hypoglycémie au patient.
  • Autres antidiabétiques : tout ajout ou retrait d’un traitement du diabète peut déséquilibrer la glycémie ; renforcer l’autosurveillance lors des changements.
  • Situations qui altèrent la fonction rénale : déshydratation, certains diurétiques ou AINS au long cours peuvent imposer de revoir la dose, puisque l’élimination de la sitagliptine est surtout rénale.

Grossesse / allaitement

  • Grossesse : données limitées, la sitagliptine n’est pas recommandée pendant la grossesse. Chez une patiente diabétique enceinte ou en projet de grossesse, le traitement est réévalué par le médecin ; l’insuline reste la référence sur ce terrain.
  • Allaitement : par prudence, l’utilisation est déconseillée pendant l’allaitement faute de données suffisantes sur le passage dans le lait. Orienter vers le médecin pour un arbitrage.

Conseils de comptoir

  • Tolérance globalement bonne : la sitagliptine est neutre sur le poids et n’entraîne pas d’hypoglycémie quand elle est prise seule, un argument utile pour l’observance.
  • Le risque d’hypoglycémie apparaît surtout en association à un sulfamide ou à l’insuline : vérifie que le patient sait reconnaître et corriger un malaise hypoglycémique (resucrage).
  • Signaler au médecin une douleur abdominale intense et persistante, surtout si elle irradie dans le dos : un signal de pancréatite, rare mais à ne pas négliger, justifie un avis.
  • Penser aussi à signaler des douleurs articulaires sévères et persistantes, ou l’apparition de cloques cutanées étendues : ces réactions, rares, peuvent justifier une réévaluation médicale.
  • Rappeler que le médicament ne remplace pas l’alimentation équilibrée et l’activité physique, qui restent le socle du traitement du diabète de type 2.
  • En cas d’épisode aigu (forte fièvre, vomissements, diarrhée, déshydratation), inviter à contacter le médecin : la fonction rénale peut se dégrader vite et la dose être à revoir.

Teste-toi

Question 1 / 3
Une patiente de 82 ans apporte une ordonnance de sitagliptine 100 mg par jour. Tu sais qu'elle a une fonction rénale diminuée. Quel est ton réflexe ?
La dose pleine de 100 mg n'est pas adaptée à une insuffisance rénale modérée à sévère, où la posologie descend par paliers (50 mg, puis 25 mg). On ne bloque pas la délivrance par principe, mais on vérifie la cohérence avec la fonction rénale, on interroge la patiente, et au moindre doute on contacte le prescripteur pour confirmer la dose. Chez la personne âgée, ce contrôle est systématique.

Mémo

Pour retenir

Les gliptines se terminent en -gliptine et agissent de façon glucose-dépendante : peu d’hypo toutes seules. Le réflexe gliptine au comptoir tient en deux mots : rein (adapter la dose à la clairance) et association (hypo si sulfamide ou insuline).

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Références bibliographiques

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Fiche publiée le 14 juin 2026
Sous la responsabilité éditoriale de Joseph Hobekkaya, docteur en pharmacie · La Juste Dose Pharma
Repères pédagogiques pour professionnels : toujours vérifier le RCP et les recommandations en vigueur.

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