Paracétamol + codéine

Association antalgique (palier 2) · Liste I, assimilé stupéfiant · ordonnance sécurisée · Voie orale
Boîte illustrative de Paracétamol + codéine, médicament générique fictif aux couleurs de La Juste Dose. Image générée par IA.
Délivrance
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L'essentiel

Antalgique de palier 2 associant un antalgique de palier 1 (paracétamol) à un opioïde faible (codéine). Indiqué dans les douleurs d’intensité modérée à intense ne répondant pas à un antalgique de palier 1 seul : lombalgies, douleurs dentaires, post-traumatiques ou post-opératoires. La codéine est une prodrogue transformée en morphine par le foie (CYP2D6) ; c’est cette part morphinique qui porte l’effet antalgique supplémentaire, mais aussi les effets opioïdes et le risque de surdosage. Sur ordonnance sécurisée (Liste I, assimilé stupéfiant) : depuis le 1er mars 2025, la codéine impose une ordonnance sécurisée, avec dosage, posologie et durée en toutes lettres, et une prescription limitée à 12 semaines.

Posologie

  • Adulte : prise espacée d’au moins 4 à 6 heures, sans dépasser les maxima du RCP du produit délivré. La dose journalière de paracétamol toutes sources confondues ne doit jamais dépasser 3 g (4 g sur avis médical) : c’est ce plafond qui limite l’association.
  • Toujours raisonner en quantité de paracétamol : additionner toutes les sources (autres antalgiques, médicaments de la sphère ORL ou « rhume ») pour ne pas franchir le plafond sans s’en rendre compte.
  • Enfant et adolescent : la codéine est contre-indiquée avant 12 ans. Elle est aussi contre-indiquée chez l’enfant et l’adolescent après amygdalectomie ou adénoïdectomie pour un syndrome d’apnée du sommeil, et déconseillée si la fonction respiratoire est altérée.
  • Insuffisance rénale ou hépatique : prudence et espacement des prises ; renvoyer au prescripteur en cas d’atteinte sévère.
  • Modalités : prise pendant ou en dehors des repas ; ne pas associer à un autre produit contenant du paracétamol ou un opioïde.
Réflexe sécurité

Double plafond à surveiller. Côté paracétamol : ne jamais cumuler avec un autre produit en contenant (risque d’atteinte hépatique grave en cas de surdosage). Côté codéine : contre-indication absolue avant 12 ans et chez la mère qui allaite, car les métaboliseurs ultra-rapides du CYP2D6 transforment trop vite la codéine en morphine, avec risque de dépression respiratoire.

Interactions

  • Autres opioïdes et dépresseurs du système nerveux central : benzodiazépines, hypnotiques, certains antidépresseurs, alcool. Majoration de la sédation et du risque de dépression respiratoire.
  • Autres sources de paracétamol : produits de la sphère « rhume » ou ORL, autres antalgiques. Risque de dépassement silencieux du plafond hépatique.
  • Médicaments ralentissant le transit : la constipation opioïde s’additionne (antidiarrhéiques, certains antispasmodiques).
  • Anticoagulants oraux (AVK) : la prise répétée de paracétamol à dose élevée peut majorer l’effet anticoagulant ; surveillance de l’INR si traitement prolongé.
  • IMAO : association déconseillée avec les opioïdes ; respecter un délai après l’arrêt d’un IMAO. En cas de doute, revenir vers le prescripteur.

Grossesse / allaitement

  • Grossesse : le paracétamol reste l’antalgique de référence, à la dose efficace la plus faible et la plus courte. La codéine est à éviter, surtout en fin de grossesse et près de l’accouchement (risque de syndrome de sevrage et de dépression respiratoire chez le nouveau-né) : renvoyer au prescripteur.
  • Allaitement : la codéine est contre-indiquée. Elle passe dans le lait sous forme de morphine, avec des cas rapportés de somnolence et de détresse respiratoire chez le nourrisson, en particulier si la mère est métaboliseur ultra-rapide. Privilégier le paracétamol seul.

Conseils de comptoir

  • Cadre de délivrance renforcé (1er mars 2025, ANSM) : ordonnance sécurisée obligatoire, mentions (dosage, posologie, durée) en toutes lettres et prescription limitée à 12 semaines. Vérifier la conformité de l’ordonnance avant de délivrer.
  • Toujours demander ce que le patient prend déjà : le piège numéro un, c’est le paracétamol « caché » dans un autre médicament, qui fait franchir le plafond sans le voir.
  • Prévenir de la somnolence : pas de conduite ni de machine tant que la tolérance n’est pas connue, et redoubler de prudence le soir.
  • Constipation quasi systématique avec la codéine : conseiller de boire, de bouger, d’enrichir l’alimentation en fibres, et signaler si elle s’installe.
  • Rappeler que c’est un traitement de la douleur sur quelques jours, pas un médicament à prendre au long cours : la codéine expose à une accoutumance et à une dépendance.
  • Signaler tout signe de surdosage opioïde (somnolence inhabituelle, respiration lente, confusion) : ce sont des motifs de recours médical immédiat.

Teste-toi

Question 1 / 3
Un patient repart avec son ordonnance de paracétamol + codéine et te demande, en plus, une boîte d'un produit "contre le mal de tête" qu'il prend d'habitude. Tu fais quoi ?
Réflexe paracétamol caché. Beaucoup de produits de comptoir contiennent du paracétamol : si tu en ajoutes un, le patient peut franchir le plafond des 3 g par jour sans le savoir, avec un vrai risque pour le foie. On vérifie la composition de ce qu'il veut prendre, on explique qu'il a déjà du paracétamol dans son traitement, et on additionne toujours toutes les sources avant de conseiller quoi que ce soit.

Mémo

Pour retenir

Deux plafonds, jamais l’un sans l’autre. Le paracétamol plafonne le foie (additionner toutes les sources, 3 g maxi), la codéine plafonne l’âge et l’allaitement (jamais avant 12 ans, jamais en allaitant). Devant cette association, on lève le nez du comptoir sur ces deux fronts.

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Références bibliographiques

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Fiche publiée le 14 juin 2026
Sous la responsabilité éditoriale de Joseph Hobekkaya, docteur en pharmacie · La Juste Dose Pharma
Repères pédagogiques pour professionnels : toujours vérifier le RCP et les recommandations en vigueur.

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