Oxazépam

Benzodiazépine anxiolytique · Liste I · Voie orale
Boîte illustrative de Oxazépam, médicament générique fictif aux couleurs de La Juste Dose. Image générée par IA.
Délivrance
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L'essentiel

Anxiolytique de la famille des benzodiazépines, indiqué dans les manifestations anxieuses sévères ou invalidantes et dans la prévention et le traitement des signes de sevrage alcoolique, y compris le delirium tremens. Sa particularité pharmacologique le rend précieux : l’oxazépam est métabolisé directement par glucuronoconjugaison, sans passer par une oxydation hépatique préalable et sans métabolite actif. Demi-vie relativement courte (de l’ordre de 8 heures), d’où une moindre accumulation. C’est, parmi les benzodiazépines, l’une de celles que l’on retient le plus volontiers chez le sujet âgé et en cas d’atteinte hépatique, à condition de respecter les contre-indications.

Posologie

  • Adulte (anxiété) : posologie individualisée, le plus souvent de l’ordre de quelques dizaines de mg par jour répartis en plusieurs prises, toujours à la dose minimale efficace et pour la durée la plus courte possible.
  • Sujet âgé : réduire la posologie (souvent de moitié) et réévaluer régulièrement ; le risque de chute et de confusion prime.
  • Insuffisance hépatique : du fait de l’absence de métabolite actif, c’est la benzodiazépine que l’on préfère en cas d’atteinte hépatique légère à modérée ; mais l’insuffisance hépatique sévère reste une contre-indication (risque d’encéphalopathie). Avis du prescripteur et prudence de mise.
  • Durée : traitement de l’anxiété limité réglementairement à 12 semaines au maximum, sevrage inclus. Prises de préférence le soir si la composante est surtout nocturne ; se reporter au RCP pour le schéma exact.
Réflexe sécurité

Le risque majeur de toute benzodiazépine est la dépression respiratoire en cas d’association à un autre dépresseur du système nerveux central, en premier lieu les opioïdes et l’alcool. Repérer une coprescription opioïde sur le dossier, ne jamais banaliser l’association, et rappeler que l’alcool est à proscrire pendant le traitement. Vigilance accrue chez le sujet âgé et l’insuffisant respiratoire, chez qui une insuffisance respiratoire sévère est une contre-indication.

Interactions

  • Opioïdes (antalgiques de palier 2 ou 3, traitements de substitution) : majoration de la sédation et risque de dépression respiratoire pouvant être fatale. Association à signaler et à faire évaluer.
  • Alcool : potentialise l’effet sédatif et altère la vigilance ; à proscrire pendant le traitement.
  • Autres dépresseurs du SNC (autres benzodiazépines, hypnotiques, antihistaminiques sédatifs, certains antidépresseurs, antipsychotiques) : effet sédatif additif.
  • Particularité métabolique : peu sensible aux interactions liées au cytochrome P450 puisque l’oxazépam est directement glucuronoconjugué, à la différence de benzodiazépines comme le diazépam.

Grossesse / allaitement

  • Grossesse : à éviter, surtout en fin de grossesse. Une prise prolongée ou à dose élevée en fin de grossesse expose le nouveau-né à un syndrome de sevrage et à un syndrome d’imprégnation (hypotonie, troubles de la succion, dépression respiratoire). Toute situation est à évaluer avec le prescripteur ; ne jamais arrêter brutalement une benzodiazépine chez une femme enceinte sans avis médical.
  • Allaitement : passage dans le lait maternel. L’allaitement est déconseillé en cas de traitement prolongé ou à doses répétées ; surveiller chez le nourrisson une somnolence et des difficultés de succion. Décision au cas par cas avec le médecin.

Conseils de comptoir

  • Garder en tête les contre-indications des benzodiazépines : insuffisance respiratoire sévère, syndrome d’apnée du sommeil, myasthénie, insuffisance hépatique sévère et hypersensibilité connue.
  • Prévenir de la somnolence et de la baisse de vigilance : prudence au volant et sur machines, surtout en début de traitement.
  • Insister sur le caractère temporaire du traitement et sur l’arrêt progressif : un arrêt brutal expose à un rebond de l’anxiété, voire à un syndrome de sevrage (insomnie, irritabilité, plus rarement convulsions).
  • Tolérance et dépendance s’installent avec le temps : c’est tout l’intérêt de la dose minimale efficace et de la durée la plus courte. Repérer les renouvellements anciens ou répétés pour en parler avec le prescripteur.
  • Chez la personne âgée, rester attentif au risque de chute, de confusion et de troubles de la mémoire : un effet indésirable peut se présenter comme un simple « coup de fatigue ».
  • Éviter totalement l’alcool pendant le traitement.

Teste-toi

Question 1 / 3
Une dame de 82 ans vient chercher son oxazépam, prescrit pour la première fois après le décès de son mari. Elle vit seule. Qu'est-ce que tu lui rappelles au comptoir ?
C'est un profil de benzodiazépine plutôt adapté à la personne âgée (pas de métabolite actif, demi-vie relativement courte), mais la vigilance reste entière. On insiste sur le risque de chute, surtout la nuit en se levant, et sur la somnolence en début de traitement. On rappelle que c'est un traitement court, à la dose la plus faible possible, et qu'on ne l'arrête pas d'un coup. On vérifie qu'aucun autre sédatif n'est déjà au dossier et on l'invite à reparler de la prescription au médecin lors du prochain renouvellement.

Mémo

Pour retenir

L’oxazépam, c’est la benzo « propre » du foie et du sujet âgé : pas de métabolite actif, glucuronoconjugaison directe, demi-vie relativement courte. Le mot d’ordre reste celui de toutes les benzodiazépines : dose minimale, durée la plus courte, arrêt progressif, et jamais avec un opioïde sans y regarder à deux fois.

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Références bibliographiques

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Fiche publiée le 14 juin 2026
Sous la responsabilité éditoriale de Joseph Hobekkaya, docteur en pharmacie · La Juste Dose Pharma
Repères pédagogiques pour professionnels : toujours vérifier le RCP et les recommandations en vigueur.

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