Néfopam
L'essentiel
Antalgique central non morphinique, sans effet anti-inflammatoire ni antipyrétique (ce n’est donc ni un AINS ni un palier opioïde). Utilisé surtout dans les douleurs aiguës, notamment en contexte post-opératoire, parfois en relais ou en association pour épargner les opioïdes. Il existe désormais en forme orale (comprimé 30 mg) et en forme injectable ; sa pharmacologie repose sur une inhibition de la recapture des monoamines (sérotonine, noradrénaline, dopamine) au niveau central, ce qui explique à la fois son côté atropinique et sa prudence avec les autres médicaments sérotoninergiques.
Posologie
- Adulte (injectable) : usuellement 20 mg (1 ampoule) par administration, en IV lente sur au moins 15 minutes ou en IM profonde, à renouveler si besoin toutes les 4 à 6 heures, sans dépasser 120 mg par 24 heures.
- Forme orale (comprimé 30 mg) : AMM dans les douleurs aiguës, notamment post-opératoires. Repère de posologie adulte : 1 à 2 comprimés par prise, puis adaptation, sans dépasser 6 comprimés (180 mg) par jour en 3 prises. Se reporter au RCP du produit délivré.
- Sujet âgé, insuffisance rénale ou hépatique : prudence renforcée, le risque d’effets indésirables (sédation, effets atropiniques) est majoré.
- Modalités IV : perfusion lente, patient de préférence allongé, pour limiter malaise, sueurs et hypotension.
Quatre contre-indications à connaître par cœur. Trois sont liées à l’effet atropinique : glaucome à angle fermé, troubles urétro-prostatiques (adénome de prostate, risque de rétention d’urine) et antécédents de convulsions. La quatrième est l’enfant de moins de 15 ans (absence d’étude). On ajoute bien sûr l’hypersensibilité au néfopam. Devant une ordonnance chez un homme âgé prostatique ou un patient épileptique, on lève le nez du comptoir.
Interactions
- Dépresseurs du système nerveux central : addition de la sédation avec les opioïdes, benzodiazépines, neuroleptiques, hypnotiques, antidépresseurs sédatifs, antihistaminiques H1 sédatifs, baclofène.
- Tramadol et médicaments abaissant le seuil épileptogène : prudence renforcée. Le néfopam est déjà contre-indiqué chez le patient à risque convulsif ; l’associer au tramadol cumule le risque de convulsions. S’ajoute un risque théorique de syndrome sérotoninergique, le néfopam inhibant la recapture de la sérotonine (vigilance aussi avec ISRS, IRSNa, triptans).
- Alcool : majoration de l’effet sédatif, association déconseillée.
- Médicaments atropiniques : cumul des effets anticholinergiques (sécheresse, rétention urinaire, tachycardie) avec d’autres atropiniques (antidépresseurs imipraminiques, certains neuroleptiques, antiparkinsoniens anticholinergiques).
- Risque d’abus et de dépendance : vigilance particulière chez les patients ayant des antécédents de dépendance à d’autres substances.
Grossesse / allaitement
- Grossesse : données insuffisantes, risque mal connu. Par principe de précaution, utilisation déconseillée ; on n’initie pas un néfopam chez une femme enceinte sans avis médical.
- Allaitement : données insuffisantes également. Utilisation déconseillée pendant l’allaitement, faute de recul suffisant sur le passage dans le lait.
Conseils de comptoir
- Prévenir d’emblée des effets atropiniques fréquents : bouche sèche, sueurs, accélération du cœur, somnolence. Rien d’alarmant en soi, mais utile à anticiper.
- Sédation possible : prudence pour la conduite et l’utilisation de machines, surtout en début de traitement ou si association avec d’autres dépresseurs du SNC.
- Forme injectable : l’IV doit être lente (au moins 15 minutes) et le patient plutôt allongé, pour limiter malaise, sueurs et chute de tension.
- L’administration per os de l’ampoule « sur un sucre » est une pratique répandue mais hors AMM : ce n’est pas la voie prévue par le RCP de la forme injectable. Il existe désormais une forme orale en comprimé (avec AMM) pour la voie orale, ce qui rend cette pratique encore moins justifiée. On ne conseille pas l’ampoule per os de soi-même et on renvoie au prescripteur en cas de question.
- Œil sur les co-prescriptions de tramadol : le duo majore le risque de convulsions, on le repère et on s’assure que l’association a bien été voulue. Chez le sujet âgé, surveiller aussi confusion, rétention urinaire et chute liées à la sédation et aux effets atropiniques.
Teste-toi
Mémo
Le néfopam, c’est un antalgique central sans famille : ni AINS, ni opioïde. Ses contre-indications tiennent à son côté atropinique, résumé en GPC : Glaucome (angle fermé), Prostate (troubles urétro-prostatiques), Convulsions. Et pas avant 15 ans.
À voir aussi
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Références bibliographiques
- RCP Néfopam, Base de données publique des médicaments (ANSM/HAS) Consulter (nouvel onglet)
- Thésaurus des interactions médicamenteuses, ANSM Consulter (nouvel onglet)
- Le CRAT (Centre de Référence sur les Agents Tératogènes), médicaments et grossesse / allaitement Consulter (nouvel onglet)
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