Mélatonine

Hormone (mélatonine) · Hypnotique · Voie orale · Statut variable selon le dosage (médicament sur prescription ou complément alimentaire)
Boîte illustrative de Mélatonine, médicament générique fictif aux couleurs de La Juste Dose. Image générée par IA.
Délivrance
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L'essentiel

Hormone naturellement sécrétée par l’épiphyse à la tombée de la nuit, elle synchronise le rythme veille-sommeil. En officine, on la croise sous deux statuts bien distincts : médicament sur prescription à libération prolongée (insomnie primaire du sujet de 55 ans et plus, en cure courte) et complément alimentaire à faible dose, vendu librement pour les difficultés d’endormissement et le décalage horaire. Ce n’est pas un somnifère classique : elle aide surtout à caler l’horloge interne, pas à assommer. Effet modeste, à replacer dans une démarche d’hygiène du sommeil.

Posologie

  • Forme médicament (libération prolongée) : classiquement 2 mg le soir, environ 1 à 2 heures avant le coucher, après le repas, en cure courte (quelques semaines) réévaluée par le prescripteur. Réservée à l’adulte, l’indication concerne le sujet de 55 ans et plus.
  • Complément alimentaire : dose faible (souvent autour de 1 mg, en restant sous le seuil réglementaire de 2 mg) au coucher ; pour un décalage horaire, à l’heure du coucher de la destination. Suivre la posologie de la notice du produit délivré.
  • Modalités de prise : avaler le comprimé à libération prolongée entier, sans le croquer ni l’écraser, pour ne pas casser la cinétique de libération.
  • Régularité : prise à heure fixe, le soir ; l’effet sur le rythme se construit sur plusieurs jours, pas en une nuit.
Réflexe sécurité

La somnolence peut se prolonger le lendemain matin. Prévenir avant toute conduite ou utilisation de machines, et rappeler qu’associer la mélatonine à l’alcool ou à un autre sédatif majore cet effet. Prudence particulière chez la personne âgée (chutes), chez le patient épileptique, en cas d’atteinte du foie (la mélatonine y est métabolisée, déconseillée en insuffisance hépatique) ou sous anticoagulant : on oriente vers le médecin ou le pharmacien plutôt que de banaliser la vente libre.

Interactions

  • Sédatifs et alcool : addition des effets, somnolence renforcée. À déconseiller en association.
  • Inhibiteurs puissants du CYP1A2 (dont la fluvoxamine) : augmentation marquée des concentrations de mélatonine ; association à éviter.
  • Tabac : le tabac induit le CYP1A2 et peut diminuer l’effet ; l’arrêt du tabac peut au contraire majorer les concentrations.
  • Anticoagulants et antiépileptiques : des interactions ont été décrites ; en cas de traitement de fond, renvoyer vers le médecin avant l’automédication.

Grossesse / allaitement

  • Grossesse : données cliniques insuffisantes, utilisation déconseillée par prudence. Orienter vers le médecin plutôt que de vendre un complément en libre accès à une femme enceinte.
  • Allaitement : passage dans le lait, déconseillée pendant l’allaitement faute de données suffisantes.

Conseils de comptoir

  • Bien expliquer la différence de statut : le même nom recouvre un médicament sur ordonnance et des compléments en vente libre, avec des dosages et un cadre différents. Le client ne le sait souvent pas.
  • Replacer la mélatonine dans l’hygiène du sommeil : horaires réguliers, écrans coupés en soirée, pièce sombre et fraîche, pas d’excitants en fin de journée. Seule, son effet reste modeste.
  • Pour le décalage horaire, expliquer le bon timing de prise (au coucher de la destination) : c’est souvent là que se joue l’efficacité.
  • Tolérance globalement bonne aux doses usuelles ; effets possibles : somnolence résiduelle, maux de tête, sensations vertigineuses, irritabilité. Conseiller d’arrêter et de consulter si l’insomnie persiste au-delà de quelques semaines (rechercher une cause sous-jacente).
  • Ne pas banaliser chez l’enfant, la femme enceinte ou allaitante, la personne épileptique, le patient polymédiqué ou atteint du foie : ces situations relèvent d’un avis médical, pas du simple conseil de comptoir.

Teste-toi

Question 1 / 3
Un client de 30 ans veut « le truc pour dormir, la mélatonine » qu'il a vu en pub, et il prend déjà un antidépresseur. Tu fais quoi ?
On ne vend pas à l'aveugle. D'abord, quel antidépresseur : la fluvoxamine, par exemple, bloque le CYP1A2 et fait grimper fortement les concentrations de mélatonine, l'association est à éviter. Plus largement, devant un patient sous traitement psychotrope, on creuse le motif de l'insomnie (cause traitable ? effet du traitement ?) et on l'invite à en parler à son médecin avant de cumuler. On peut rappeler les règles d'hygiène du sommeil en attendant.

Mémo

Pour retenir

La mélatonine règle l’horloge, elle n’assomme pas. Deux pièges à garder en tête : un même nom pour deux statuts (médicament sur ordonnance vs complément libre), et un comprimé à libération prolongée qui s’avale entier. Effet modeste, toujours adossé à l’hygiène du sommeil.

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Références bibliographiques

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Fiche publiée le 14 juin 2026
Sous la responsabilité éditoriale de Joseph Hobekkaya, docteur en pharmacie · La Juste Dose Pharma
Repères pédagogiques pour professionnels : toujours vérifier le RCP et les recommandations en vigueur.

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