Kétotifène

Antihistaminique H1 de première génération, stabilisateur de membrane des mastocytes · Voie orale ou collyre
Boîte illustrative de Kétotifène, médicament générique fictif aux couleurs de La Juste Dose. Image générée par IA.
Délivrance
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L'essentiel

Antihistaminique H1 ancien, à la fois antagoniste des récepteurs H1 et stabilisateur des mastocytes (il limite la libération d’histamine). Par voie orale, il s’utilise en traitement de fond préventif des manifestations allergiques (terrain atopique, rhinoconjonctivite allergique, asthme bronchique allergique ou à composante allergique), jamais en traitement de la crise. Existe aussi en collyre pour la conjonctivite allergique. C’est un anti-H1 sédatif, ce qui le distingue nettement des anti-H1 récents (cétirizine, desloratadine) peu ou pas sédatifs.

Posologie

  • Adulte : par voie orale, le plus souvent 1 mg matin et soir, soit 2 mg/jour ; une période d’adaptation à demi-dose le soir pendant quelques jours est possible pour limiter la somnolence de début de traitement.
  • Enfant : dose rapportée au poids et à l’âge selon la forme (solution buvable graduée). C’est une des indications historiques du kétotifène ; toujours se référer à la posologie de la forme délivrée.
  • Collyre (conjonctivite allergique) : en général une goutte dans chaque œil atteint deux fois par jour, chez l’adulte et l’enfant à partir de 3 ans. Retirer les lentilles avant l’instillation.
  • Modalités : traitement de fond, à prendre régulièrement ; l’effet préventif s’installe progressivement sur plusieurs semaines (de l’ordre de 4 semaines pour l’asthme), pas en aigu.
Réflexe sécurité

C’est un anti-H1 sédatif : somnolence et baisse de vigilance fréquentes, surtout en début de traitement. Prévenir avant la conduite ou l’utilisation de machines, et attention au cumul avec l’alcool et les autres dépresseurs du système nerveux central. Par voie orale, un antécédent d’épilepsie ou de convulsions est une contre-indication (de rares convulsions ont été rapportées, surtout chez l’enfant).

Interactions

  • Antidiabétiques oraux (biguanides, dont la metformine) : association contre-indiquée par voie orale, en raison d’un risque de thrombopénie décrit dans le RCP. À repérer absolument sur l’ordonnance d’un patient diabétique.
  • Alcool et dépresseurs du SNC : (benzodiazépines, hypnotiques, opioïdes, certains antitussifs) majoration de la sédation. Cumul à anticiper au comptoir.
  • Autres médicaments sédatifs ou anticholinergiques : addition possible des effets, à surveiller surtout chez la personne âgée (somnolence, confusion, risque de chute).
  • Traitement de fond, pas de crise : ne remplace ni un bronchodilatateur de secours dans l’asthme, ni un antihistaminique d’action rapide. À ne pas présenter comme un dépannage.

Grossesse / allaitement

  • Grossesse : les données sont limitées ; le RCP recommande d’éviter la prescription, surtout au premier trimestre, sauf indication formelle, et on privilégie un anti-H1 mieux documenté si un traitement est nécessaire. Décision au cas par cas avec le prescripteur, jamais d’automédication.
  • Allaitement : déconseillé, voire contre-indiqué selon la spécialité (passage présumé dans le lait et caractère sédatif faisant craindre une somnolence chez le nourrisson). Orienter vers le prescripteur pour une alternative.

Conseils de comptoir

  • Bien expliquer que c’est un traitement de fond : on le prend tous les jours, l’effet préventif met du temps à s’installer, on n’attend pas la crise pour le sortir.
  • Anticiper la somnolence : proposer une prise le soir au début, déconseiller la conduite tant que la tolérance n’est pas connue, rappeler le piège de l’alcool.
  • Antécédent d’épilepsie ou de convulsions : la forme orale est contre-indiquée ; en cas de doute sur une ordonnance, on vérifie le dossier et on se rapproche du prescripteur.
  • Prise de poids et augmentation de l’appétit sont rapportées sur la durée : un repère utile à donner, surtout chez l’enfant et l’adolescent traités au long cours.
  • Chez la personne âgée, rester vigilant sur le retentissement de la sédation (somnolence, confusion, risque de chute), d’autant plus si d’autres dépresseurs du SNC sont déjà au dossier.
  • Collyre : ne pas toucher l’œil avec l’embout, retirer les lentilles avant et attendre une quinzaine de minutes avant de les remettre, ne pas prolonger au-delà de la durée prévue sans avis.

Teste-toi

Question 1 / 3
Un patient asthmatique te demande du kétotifène « pour quand ça serre, à la place de son salbutamol qu'il a oubliée ». Tu réponds quoi ?
On recadre tout de suite : le kétotifène est un traitement de fond préventif de l'allergie, il n'a aucune action sur la crise et ne remplace jamais un bronchodilatateur de secours. Devant un patient sans son traitement de secours et qui décrit une gêne respiratoire, on ne dépanne pas avec du kétotifène : on l'oriente vers une solution de secours adaptée et, si la gêne est présente ou inhabituelle, vers un avis médical.

Mémo

Pour retenir

Kétotifène = l’anti-H1 « lent et lourd » : lent (traitement de fond préventif, jamais la crise) et lourd (il endort, et il fait souvent grossir). Deux pièges à ne pas oublier : convulsions (contre-indiqué si épilepsie) et biguanides (association contre-indiquée).

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Références bibliographiques

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Fiche publiée le 14 juin 2026
Sous la responsabilité éditoriale de Joseph Hobekkaya, docteur en pharmacie · La Juste Dose Pharma
Repères pédagogiques pour professionnels : toujours vérifier le RCP et les recommandations en vigueur.

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