Desloratadine

Antihistaminique H1 de deuxième génération · Liste II (forme 5 mg en boîte de 7 exonérée, accessible sans ordonnance) · Voie orale
Boîte illustrative de Desloratadine, médicament générique fictif aux couleurs de La Juste Dose. Image générée par IA.
Délivrance
3 / 4 · courant
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L'essentiel

Antihistaminique H1 dit non sédatif, indiqué dans la rhinite allergique (saisonnière ou perannuelle) et l’urticaire chronique. C’est le métabolite actif de la loratadine : action sur les symptômes liés à l’histamine (éternuements, écoulement et démangeaisons nasales, prurit, larmoiement). Prise en une fois par jour, avec un délai d’action rapide et une faible pénétration cérébrale, d’où une somnolence rare aux doses usuelles. Elle ne traite pas la cause de l’allergie et n’a pas d’effet bronchodilatateur : ce n’est pas un traitement de la crise d’asthme. À noter pour la délivrance : la forme comprimé 5 mg en boîte de 7 est exonérée de la liste II et peut être conseillée sans ordonnance chez l’adulte ; les autres présentations restent sur prescription.

Posologie

  • Adulte et adolescent (à partir de 12 ans) : 5 mg en une prise par jour (1 comprimé, ou 10 ml de solution buvable à 0,5 mg/ml).
  • Enfant : dose réduite, le plus souvent en solution buvable à 0,5 mg/ml, à raison d’une prise par jour ; se référer au RCP de la présentation délivrée pour la tranche d’âge exacte. Repère usuel : 1 à 5 ans, 2,5 ml/j ; 6 à 11 ans, 5 ml/j.
  • Insuffisance rénale ou hépatique : le RCP recommande la prudence dans les formes sévères, sans schéma chiffré d’adaptation. Vérifier le RCP de la présentation.
  • Modalités de prise : indifférente par rapport aux repas, à heure régulière. Comprimé ou solution buvable selon la présentation.
Réflexe sécurité

Antihistaminique ne veut pas dire anodin : devant des signes d’allergie sévère (gêne respiratoire, gonflement de la gorge ou du visage, malaise), ce n’est pas une histoire de comprimé contre le rhume. On oriente sans délai vers une prise en charge d’urgence. La desloratadine soulage la rhinite et l’urticaire, elle ne remplace jamais l’adrénaline d’un choc anaphylactique.

Interactions

  • Alcool : les études n’ont pas montré de potentialisation des effets de l’alcool par la desloratadine. Le RCP recommande toutefois la prudence en cas de prise concomitante, des cas d’intolérance à l’alcool ayant été rapportés après commercialisation.
  • Autres dépresseurs du système nerveux central (hypnotiques, sédatifs, certains antitussifs) : additivité possible de l’effet sédatif chez les sujets sensibles, même si la desloratadine est peu sédative en elle-même.
  • Profil d’interactions globalement favorable : peu de passage par les voies du cytochrome impliquées dans les interactions majeures, ce qui en fait un antihistaminique souvent privilégié sur les terrains polymédiqués. Vérifier malgré tout le RCP en cas de doute.

Grossesse / allaitement

  • Grossesse : son utilisation est possible si besoin, après avis du prescripteur ; en première intention on privilégie souvent les antihistaminiques disposant du recul le plus large (cétirizine, loratadine). Pas d’automédication chez la femme enceinte : une demande spontanée se rediscute avec le médecin.
  • Allaitement : passage dans le lait maternel ; utilisation à n’envisager qu’avec un avis médical. L’évaluation bénéfice/risque revient au prescripteur.

Conseils de comptoir

  • Tolérance habituellement bonne : les effets le plus souvent rapportés au RCP sont une fatigue, une sécheresse de la bouche ou des maux de tête, en général modérés et peu fréquents.
  • « Non sédatif » ne veut pas dire « jamais somnolent » : certaines personnes ressentent une légère somnolence. On prévient avant la conduite ou un poste à risque, surtout en début de traitement.
  • Pour une rhinite allergique installée, l’antihistaminique est plus efficace pris régulièrement chaque jour pendant la période d’exposition (pollens, acariens) qu’en rattrapage ponctuel.
  • Demande répétée pour un nez bouché persistant, une toux, un essoufflement, une urticaire qui dure ou qui s’étend : on ne se contente pas de renouveler, on réoriente vers le médecin.
  • En cas d’urticaire chronique, c’est un traitement de fond : on explique qu’il se prend dans la durée et qu’on ne l’arrête pas dès la première accalmie sans avis.

Teste-toi

Question 1 / 3
Un client habitué arrive avec son ordonnance : « D'habitude le médecin me met de la loratadine, là c'est de la desloratadine, c'est pareil ou il s'est trompé ? »
Pas d'erreur à signaler : la desloratadine est le métabolite actif de la loratadine, autrement dit la forme déjà transformée par l'organisme. Même famille d'antihistaminiques H1 non sédatifs, même usage dans la rhinite allergique et l'urticaire. Le réflexe DCI utile à transmettre : Clarityne, c'est la loratadine ; Aerius, c'est la desloratadine. On rassure et on délivre.

Mémo

Pour retenir

Loratadine et desloratadine : le préfixe des- signe le métabolite déjà actif. Clarityne = loratadine, Aerius = desloratadine. Et « non sédatif » se lit « peu sédatif » : on prévient quand même avant le volant.

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Références bibliographiques

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Fiche publiée le 14 juin 2026
Sous la responsabilité éditoriale de Joseph Hobekkaya, docteur en pharmacie · La Juste Dose Pharma
Repères pédagogiques pour professionnels : toujours vérifier le RCP et les recommandations en vigueur.

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