Kétoconazole

Antifongique azolé · usage local (cutané, capillaire) · Voie orale retirée de l'usage antifongique
Boîte illustrative de Kétoconazole, médicament générique fictif aux couleurs de La Juste Dose. Image générée par IA.
Délivrance
2 / 4 · délivré régulièrement
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L'essentiel

Antifongique azolé que tu rencontres au comptoir sous sa forme locale : gel moussant et crème. Indiqué dans la dermatite séborrhéique (visage, cuir chevelu, état pelliculaire sévère), le pityriasis versicolor, les dermatophytoses et les candidoses cutanées. Le gel moussant capillaire est un grand classique des squames et démangeaisons du cuir chevelu. La forme orale, elle, n’est plus utilisée comme antifongique en dermatologie (suspension européenne pour risque hépatique) : si une ordonnance la mentionne pour une mycose, c’est un signal à creuser.

Posologie

  • Gel moussant capillaire ou corporel : appliquer sur la zone humide, faire mousser, laisser agir quelques minutes (souvent 3 à 5), puis rincer. Typiquement 2 fois par semaine en traitement d’attaque, puis espacement en entretien, selon la prescription et la notice du produit délivré.
  • Crème : 1 à 2 applications par jour sur la peau propre et sèche, en débordant légèrement sur la zone saine. Poursuivre quelques jours après la disparition des lésions pour éviter la rechute.
  • Durée : variable selon l’indication (de quelques jours à quelques semaines). Le pityriasis versicolor récidive volontiers : un entretien peut être proposé.
  • Forme orale : retirée de l’usage antifongique en raison du risque hépatique. Ne pas la conseiller pour une mycose ; renvoyer au prescripteur et au RCP en cas de doute.
Réflexe sécurité

Bien distinguer le local de l’oral. Par voie locale, l’absorption est négligeable et le profil est rassurant. Le kétoconazole par voie orale a vu ses AMM antifongiques suspendues en Europe (rapport bénéfice/risque défavorable, hépatotoxicité grave) : il ne se conseille plus pour une mycose. Devant une demande de kétoconazole oral pour une infection fongique, on s’arrête et on oriente vers le médecin.

Interactions

  • Voie locale : pas d’interaction systémique cliniquement significative attendue, l’absorption cutanée étant très faible. Le sujet des interactions concerne avant tout la voie orale.
  • Inhibiteur enzymatique puissant (CYP3A4) par voie orale : nombreuses interactions majeures (statines, certains anticoagulants, immunosuppresseurs, etc.), l’une des raisons de la suspension. Réflexe à garder en tête si une forme systémique réapparaît dans un dossier.
  • Contact avec les yeux et les muqueuses : à éviter avec les formes cutanées ; rincer abondamment en cas de projection.

Grossesse / allaitement

  • Grossesse : par voie locale, l’absorption est négligeable et l’usage est généralement considéré comme possible si nécessaire ; on reste prudent, on privilégie des durées courtes et on s’appuie sur l’avis du prescripteur. La voie orale n’a pas sa place ici.
  • Allaitement : voie locale compatible, en évitant l’application sur la poitrine et l’aréole pour que le nourrisson n’ingère pas de produit. En cas de traitement du mamelon, nettoyer avant la tétée.

Conseils de comptoir

  • Sur une dermatite séborrhéique, expliquer que le traitement contrôle mais ne guérit pas définitivement : les poussées reviennent, d’où l’intérêt d’un entretien régulier.
  • Bien respecter le temps de pose du gel moussant avant rinçage : appliqué et rincé aussitôt, il n’a pas le temps d’agir.
  • Tolérance locale habituellement bonne : parfois picotements, sécheresse, rougeur ou sensation de tiraillement au début. Une irritation persistante ou une vraie réaction (démangeaisons intenses, eczéma de contact) doit faire réévaluer.
  • Le gel moussant capillaire peut, rarement, modifier l’aspect ou la couleur des cheveux traités ou décolorés : information utile à donner.
  • Pour le pityriasis versicolor, prévenir que les taches dépigmentées mettent du temps à se recolorer après la guérison, avec l’exposition au soleil : ce n’est pas un échec du traitement.

Teste-toi

Question 1 / 3
Un client te demande "le kétoconazole en comprimés, comme la dernière fois pour ma mycose". Tu réponds quoi ?
On explique calmement que le kétoconazole par voie orale n'est plus utilisé pour traiter une mycose : ses autorisations dans cette indication ont été suspendues en Europe, en raison d'un risque hépatique jugé trop important par rapport au bénéfice. Aujourd'hui, on traite localement (gel, crème) ou, si une forme orale est nécessaire, le médecin choisit un autre antifongique. On n'a donc rien à délivrer en comprimés ici : on rassure, on oriente vers le médecin si la mycose persiste, et on peut conseiller la forme locale adaptée si la situation s'y prête.

Mémo

Pour retenir

Kétoconazole : local, on l’aime ; oral pour une mycose, on s’abstient. Le gel et la crème restent des classiques de la dermatite séborrhéique et du pityriasis ; les comprimés ont quitté le paysage antifongique pour cause de foie. Le mot-clé du temps de pose : on fait mousser et on patiente avant de rincer.

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Références bibliographiques

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Fiche publiée le 14 juin 2026
Sous la responsabilité éditoriale de Joseph Hobekkaya, docteur en pharmacie · La Juste Dose Pharma
Repères pédagogiques pour professionnels : toujours vérifier le RCP et les recommandations en vigueur.

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