Hydrochlorothiazide

Diurétique thiazidique · Liste I · Voie orale
Boîte illustrative de Hydrochlorothiazide, médicament générique fictif aux couleurs de La Juste Dose. Image générée par IA.
Délivrance
3 / 4 · courant
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L'essentiel

Diurétique de référence dans l’hypertension artérielle, souvent en première ligne ou en association (avec un IEC, un sartan ou un inhibiteur calcique). Il agit au niveau du tube contourné distal du rein en augmentant l’élimination du sodium et de l’eau, ce qui fait baisser la pression artérielle. On le retrouve aussi dans la prise en charge de certains œdèmes. Tu le croiseras très souvent caché dans une bithérapie ou une trithérapie antihypertensive plutôt que seul.

Posologie

  • Adulte (HTA) : doses usuellement faibles, de l’ordre de 12,5 à 25 mg/jour en une prise. Au-delà de 25 mg/jour le bénéfice sur la tension plafonne alors que les effets métaboliques augmentent, d’où le réflexe d’associer plutôt que de monter la dose ; le choix revient au prescripteur.
  • Forme combinée : très fréquemment associé à dose fixe avec un IEC, un sartan ou un autre antihypertenseur ; bien repérer la double composition sur l’ordonnance.
  • Modalités de prise : de préférence le matin pour éviter d’avoir à se lever la nuit pour uriner, à heure régulière.
  • Insuffisance rénale : efficacité diminuée quand la fonction rénale se dégrade, et contre-indiqué en cas d’atteinte rénale sévère ou d’anurie ; le choix et l’adaptation reviennent au prescripteur, se référer au RCP.
Réflexe sécurité

Surveiller le potassium : les thiazidiques font fuir le potassium et peuvent entraîner une hypokaliémie. Les signes d’appel à connaître : crampes, fatigue inhabituelle, palpitations. Vigilance accrue si association à d’autres médicaments qui jouent sur le potassium ou allongent le QT. Penser aussi à la natrémie (risque d’hyponatrémie, surtout chez la personne âgée).

Interactions

  • Lithium : les thiazidiques réduisent son élimination, avec risque de surdosage en lithium ; association à surveiller de près.
  • AINS : ils peuvent diminuer l’effet diurétique et antihypertenseur, et majorer le risque rénal, surtout chez la personne âgée ou déshydratée.
  • Autres médicaments hypokaliémiants ou qui allongent le QT : l’hypokaliémie induite peut majorer le risque de troubles du rythme ; à mettre en regard du traitement complet.
  • IEC et sartans : très souvent associés volontairement, mais attention à l’hypotension de la première dose et à la fonction rénale au démarrage.

Grossesse / allaitement

  • Grossesse : il n’est pas le traitement de choix de l’hypertension de la femme enceinte ; en cas de grossesse ou de projet, orienter vers le médecin pour réévaluer le traitement. Se référer au RCP et aux recommandations en vigueur.
  • Allaitement : les diurétiques sont généralement déconseillés car ils peuvent réduire la production de lait ; décision au cas par cas avec le prescripteur.

Conseils de comptoir

  • Bien expliquer le but : ce n’est pas un médicament que l’on prend « quand on y pense », c’est un traitement de fond de la tension, à prendre tous les jours. Prise le matin pour limiter les levers nocturnes ; ne pas rattraper une dose oubliée en fin de journée.
  • Peau et soleil : il existe un risque, lié à l’exposition cumulée au fil des années, de cancer de la peau non mélanome (carcinome basocellulaire ou spinocellulaire). Conseiller une bonne protection solaire, d’éviter les expositions prolongées et les UV artificiels, et d’orienter vers le médecin devant une lésion cutanée qui change ou ne cicatrise pas.
  • Réflexe sulfamides : l’hydrochlorothiazide est apparenté aux sulfamides ; en cas d’antécédent d’allergie connue à cette famille, le signaler et le tracer.
  • Surveillance biologique régulière (kaliémie, natrémie, fonction rénale), surtout chez la personne âgée. Garder aussi en tête le profil métabolique : il peut faire monter l’acide urique (risque de crise de goutte) et la glycémie.
  • En cas de forte chaleur, de fièvre, de diarrhée ou de vomissements, risque de déshydratation et de déséquilibre ionique : inviter à bien s’hydrater et à se rapprocher du médecin si l’épisode dure. Devant une fatigue marquée, des crampes ou des vertiges récents, penser à un contrôle du ionogramme.

Teste-toi

Question 1 / 3
Un patient hypertendu sous hydrochlorothiazide vient chercher de l'ibuprofène pour une douleur de dos qui traîne depuis plusieurs jours. Tu réagis comment ?
Le réflexe : les AINS peuvent réduire l'effet du diurétique et de l'antihypertenseur, et fragiliser la fonction rénale, surtout sur ce terrain. Pour une prise ponctuelle, on oriente plutôt vers le paracétamol en première intention. Si la douleur dure, on conseille de voir le médecin plutôt que d'enchaîner l'automédication par AINS, et on rappelle de bien s'hydrater.

Mémo

Pour retenir

Thiazidique = il fait fuir le sel et le potassium. Trois surveillances à garder en tête : Kaliémie, Natrémie, fonction Rénale. Deux pièges à ne pas oublier : la peau (risque cutané à l’exposition cumulée, donc protection solaire) et la composition de la boîte, car l’hydrochlorothiazide se cache souvent dans une association à dose fixe.

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Références bibliographiques

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Fiche publiée le 14 juin 2026
Sous la responsabilité éditoriale de Joseph Hobekkaya, docteur en pharmacie · La Juste Dose Pharma
Repères pédagogiques pour professionnels : toujours vérifier le RCP et les recommandations en vigueur.

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