Gabapentine

Antiépileptique, gabapentinoïde · Douleur neuropathique · Liste I · Voie orale
Boîte illustrative de Gabapentine, médicament générique fictif aux couleurs de La Juste Dose. Image générée par IA.
Délivrance
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L'essentiel

Gabapentinoïde indiqué dans les douleurs neuropathiques périphériques de l’adulte (neuropathie diabétique, douleurs post-zostériennes, etc.) et dans l’épilepsie partielle, en association ou en monothérapie. Elle n’agit pas sur une douleur « classique » par excès de nociception : son intérêt est ciblé sur la douleur à composante neuropathique (brûlure, décharges, fourmillements). Cousine de la prégabaline, dont elle partage le mécanisme et plusieurs réflexes de délivrance.

Posologie

  • Adulte (douleur neuropathique) : instauration toujours progressive, par paliers, sur plusieurs jours, jusqu’à une dose d’entretien usuellement répartie en 3 prises par jour. La fourchette efficace varie d’un patient à l’autre : on suit le schéma de titration du prescripteur.
  • Épilepsie : doses également atteintes par titration progressive, en 3 prises quotidiennes ; ne jamais arrêter brutalement (risque de rebond convulsif).
  • Insuffisance rénale : point clé. La gabapentine est éliminée par le rein sous forme inchangée : la posologie doit être réduite selon la clairance, et adaptée chez l’hémodialysé. À vérifier systématiquement chez le sujet âgé.
  • Modalités : prise indifférente par rapport aux repas ; en cas d’oubli, ne pas doubler la dose suivante.
Réflexe sécurité

Association aux opioïdes et autres dépresseurs du SNC (benzodiazépines, alcool) : risque de sédation profonde et de dépression respiratoire, parfois fatale, surtout chez le sujet âgé, l’insuffisant respiratoire ou rénal. Devant un patient sous opioïde fort qui démarre la gabapentine, on alerte sur la somnolence et on rappelle de ne pas conduire tant que la tolérance n’est pas connue.

Interactions

  • Opioïdes (morphine, oxycodone, tramadol…) : majoration de la sédation et de la dépression respiratoire ; surveillance clinique renforcée.
  • Dépresseurs du SNC (benzodiazépines, hypnotiques, alcool) : effet additif sur la vigilance.
  • Antiacides (sels d’aluminium/magnésium) : ils diminuent l’absorption de la gabapentine ; espacer les prises d’au moins 2 heures.
  • Conduite et machines : somnolence et sensations vertigineuses fréquentes en début de traitement et à chaque augmentation de dose ; prévenir avant de prendre le volant.

Grossesse / allaitement

  • Grossesse : à n’utiliser que si le bénéfice attendu justifie le risque ; l’arrêt d’un antiépileptique ne se décide jamais seul. Une patiente enceinte ou en désir de grossesse sous gabapentine est orientée vers son médecin pour réévaluer le traitement, sans jamais l’interrompre brutalement.
  • Allaitement : la gabapentine passe dans le lait maternel. La décision est médicale, au cas par cas ; en cas d’allaitement, surveiller chez le nourrisson une somnolence ou une prise alimentaire insuffisante.

Conseils de comptoir

  • Effet progressif : prévenir le patient que le soulagement d’une douleur neuropathique peut demander plusieurs jours à quelques semaines, le temps de la titration. On n’augmente pas soi-même les doses.
  • Effets les plus fréquents en début de traitement : somnolence, vertiges, fatigue, parfois prise de poids ou œdèmes des chevilles. Ils s’atténuent souvent avec le temps ; signaler s’ils persistent ou gênent le quotidien.
  • Jamais d’arrêt brutal : on diminue progressivement, sur avis médical, qu’il s’agisse d’épilepsie ou de douleur (risque de syndrome de sevrage et, en épilepsie, de récidive des crises).
  • Gabapentinoïdes et mésusage : surveiller les demandes anticipées ou les majorations de dose non prescrites. Tout changement de l’humeur, idée noire ou agitation est à signaler au médecin (les antiépileptiques font l’objet d’une vigilance sur le risque suicidaire).
  • Adapter chez l’insuffisant rénal et la personne âgée : devant une fonction rénale altérée, le bon réflexe est de vérifier que la dose a bien été ajustée.

Teste-toi

Question 1 / 3
Un patient récupère une ordonnance de gabapentine pour des douleurs après un zona. Il prend déjà de l'oxycodone. Que surveilles-tu en priorité ?
L'association gabapentine + opioïde est le point de vigilance majeur : risque de sédation et de dépression respiratoire. On ne bloque pas la délivrance, mais on explique au patient la somnolence possible, on lui demande de ne pas conduire tant qu'il ne connaît pas sa tolérance, et de consulter sans tarder en cas de somnolence excessive ou de respiration ralentie. Si le profil est à risque (sujet âgé, insuffisance respiratoire ou rénale), on peut tracer l'intervention et en parler au prescripteur.

Mémo

Pour retenir

Trois R pour la gabapentine : Rein (dose à adapter, élimination rénale), Respiration (prudence avec les opioïdes), Retrait progressif (jamais d’arrêt brutal). Et le couple à ne pas croiser : gabapentine et prégabaline, les deux gabapentinoïdes, voisins mais distincts.

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Références bibliographiques

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Fiche publiée le 14 juin 2026
Sous la responsabilité éditoriale de Joseph Hobekkaya, docteur en pharmacie · La Juste Dose Pharma
Repères pédagogiques pour professionnels : toujours vérifier le RCP et les recommandations en vigueur.

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