Fluoxétine

Antidépresseur ISRS · Liste I · Voie orale
Boîte illustrative de Fluoxétine, médicament générique fictif aux couleurs de La Juste Dose. Image générée par IA.
Délivrance
3 / 4 · courant
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L'essentiel

Inhibiteur sélectif de la recapture de la sérotonine (ISRS), indiqué dans l’épisode dépressif caractérisé, certains troubles obsessionnels compulsifs et la boulimie (en complément d’une prise en charge psychothérapeutique). C’est l’un des plus anciens ISRS, à la demi-vie longue (la molécule et son métabolite actif persistent plusieurs jours), ce qui la distingue des autres molécules de la classe : elle pardonne un oubli ponctuel mais s’élimine lentement à l’arrêt.

Posologie

  • Adulte (dépression) : le plus souvent 20 mg/jour en une prise, ajustés par le prescripteur selon la réponse et l’indication (doses plus élevées possibles dans le TOC ou la boulimie).
  • Sujet âgé, insuffisance hépatique : initiation prudente et doses réduites, car l’élimination est ralentie.
  • Enfant et adolescent : prescription spécialisée encadrée, jamais une initiation de comptoir ; respecter strictement la prescription.
  • Modalités de prise : en une prise le matin de préférence (la molécule peut être stimulante), pendant ou en dehors des repas. Le délai d’action sur l’humeur est de plusieurs semaines.
Réflexe sécurité

Risque sérotoninergique en cas d’association à un autre sérotoninergique (autre antidépresseur, tramadol, triptan, millepertuis). Les IMAO sont contre-indiqués, y compris le linézolide qui est un antibiotique inhibiteur de la MAO, avec un délai d’attente à respecter dans les deux sens à cause de la demi-vie très longue de la fluoxétine. Devant l’apparition d’agitation, sueurs, tremblements, confusion ou fièvre, penser au syndrome sérotoninergique et orienter sans tarder.

Interactions

  • IMAO (y compris le linézolide, antibiotique inhibiteur de la MAO) : association contre-indiquée (risque de syndrome sérotoninergique grave) ; un intervalle d’attente est nécessaire, allongé par la demi-vie longue de la fluoxétine.
  • Autres sérotoninergiques (tramadol, triptans, millepertuis, autres antidépresseurs) : risque sérotoninergique additionnel, association à éviter ou à encadrer.
  • Médicaments allongeant le QT : vigilance sur le risque de troubles du rythme en cas de cumul, à apprécier selon le terrain et les autres traitements.
  • Anticoagulants et antiagrégants (AVK, AOD, aspirine, AINS) : majoration du risque hémorragique, notamment digestif, sous ISRS.
  • Inhibition enzymatique (CYP2D6) : la fluoxétine peut augmenter les concentrations de nombreux médicaments métabolisés par cette voie ; un avis pharmaceutique est utile en cas de poly-médication.

Grossesse / allaitement

  • Grossesse : ne pas interrompre brutalement un traitement en cours ; la décision se prend avec le prescripteur en pesant le bénéfice maternel et le risque, et en tenant compte d’une possible symptomatologie d’adaptation chez le nouveau-né en fin de grossesse. Renvoyer au RCP et aux recommandations en vigueur.
  • Allaitement : passage dans le lait ; la demi-vie longue de la fluoxétine et de son métabolite incite à la prudence. Évaluer au cas par cas avec le médecin, surveiller le nourrisson, privilégier parfois un autre ISRS si une introduction est envisagée.

Conseils de comptoir

  • Rassurer sur le délai : l’effet sur l’humeur met souvent deux à quatre semaines à s’installer, il ne faut pas arrêter parce que « ça ne marche pas » au bout de quelques jours.
  • Les premiers jours peuvent s’accompagner de nausées, de troubles du sommeil ou d’une nervosité passagère, le plus souvent transitoires ; encourager à tenir bon et à recontacter le prescripteur si c’est mal supporté.
  • Ne jamais arrêter seul du jour au lendemain : même si la demi-vie longue limite le syndrome de sevrage, tout arrêt se fait avec le médecin et de façon progressive.
  • Point de vigilance partagé avec la famille en début de traitement et chez le sujet jeune : surveiller une aggravation de l’humeur ou des idées noires, et orienter rapidement en cas de doute.
  • Alcool déconseillé ; demander toujours ce que la personne prend en plus, car une automédication sérotoninergique (millepertuis en complément « naturel », certains antimigraineux) peut passer inaperçue.

Teste-toi

Question 1 / 3
Un patient sous fluoxétine vient chercher du tramadol prescrit pour une lombalgie. Tu réagis comment ?
Les deux sont sérotoninergiques : l'association augmente le risque de syndrome sérotoninergique. On ne bloque pas par principe, mais c'est un bon réflexe d'analyse : signaler l'association au prescripteur si elle n'a pas été anticipée, informer le patient des signes d'alerte (agitation, sueurs, tremblements, fièvre, confusion) et tracer l'intervention. En conseil libre, un antalgique non sérotoninergique serait préférable.

Mémo

Pour retenir

La fluoxétine, c’est l’ISRS qui traîne : demi-vie très longue, donc elle pardonne un oubli mais s’élimine lentement. Conséquence pratique, on respecte un délai avant tout relais, surtout vers un IMAO (sans oublier le linézolide).

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Références bibliographiques

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Fiche publiée le 14 juin 2026
Sous la responsabilité éditoriale de Joseph Hobekkaya, docteur en pharmacie · La Juste Dose Pharma
Repères pédagogiques pour professionnels : toujours vérifier le RCP et les recommandations en vigueur.

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