Diazépam

Benzodiazépine à demi-vie longue · Liste I · Voie orale, injectable, rectale
Boîte illustrative de Diazépam, médicament générique fictif aux couleurs de La Juste Dose. Image générée par IA.
Délivrance
3 / 4 · courant
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L'essentiel

Benzodiazépine ancienne et polyvalente, surtout connue au comptoir pour l’anxiété sévère, le sevrage alcoolique, certaines contractures musculaires douloureuses et l’épilepsie (crises convulsives, état de mal en urgence par voie injectable ou rectale). Sa demi-vie longue, prolongée par des métabolites actifs, explique à la fois son effet prolongé et son risque d’accumulation chez la personne âgée. La prescription d’un anxiolytique benzodiazépine est limitée à 12 semaines, sevrage inclus.

Posologie

  • Adulte (anxiété) : doses usuelles le plus souvent comprises entre 5 et 20 mg/jour, à adapter, sur la durée la plus courte possible et toujours dans la limite réglementaire de 12 semaines.
  • Personne âgée : commencer bas et augmenter lentement ; viser environ la moitié de la dose adulte en raison du risque d’accumulation, de chutes et de confusion.
  • Insuffisance hépatique : métabolisme hépatique, prudence et réduction de dose ; à éviter en cas d’insuffisance hépatique sévère, d’insuffisance respiratoire sévère ou de syndrome d’apnées du sommeil.
  • Modalités de prise : souvent une prise unique le soir quand l’effet sédatif est recherché ; ne jamais arrêter brutalement après usage prolongé (décroissance progressive).
Réflexe sécurité

Le danger numéro un, c’est la dépression respiratoire par association avec un autre dépresseur du système nerveux central : opioïdes (codéine, tramadol, morphine), alcool, autres benzodiazépines ou hypnotiques. Devant une co-prescription opioïde, on repère l’association, on rappelle les signes de surdosage (somnolence inhabituelle, respiration lente) et, selon le contexte, on évoque le sujet avec le prescripteur.

Interactions

  • Opioïdes (tramadol, codéine, morphine) : majoration de la dépression respiratoire et de la sédation, c’est l’association à surveiller en priorité.
  • Alcool : potentialisation de l’effet sédatif et désinhibiteur, à proscrire pendant le traitement.
  • Autres dépresseurs du SNC : autres benzodiazépines, hypnotiques, certains antihistaminiques sédatifs, neuroleptiques, l’effet s’additionne.
  • Conduite et machines : somnolence et baisse de vigilance, pictogramme de conduite niveau 2 ou 3 selon la spécialité.

Grossesse / allaitement

  • Grossesse : à éviter, surtout en fin de grossesse ; un usage proche du terme expose le nouveau-né à un syndrome de sédation, d’hypotonie et de sevrage. Toute décision relève du prescripteur, jamais d’un arrêt brutal décidé au comptoir.
  • Allaitement : déconseillé, en particulier de façon répétée ou prolongée ; passage dans le lait et demi-vie longue, avec risque de sédation et de difficultés de succion chez le nourrisson.

Conseils de comptoir

  • Prévenir d’emblée : somnolence, baisse de vigilance, parfois sensation de tête lourde le lendemain à cause de la demi-vie longue. Pas de volant tant que la tolérance n’est pas connue.
  • Ne jamais arrêter seul après plusieurs semaines : l’arrêt brutal expose à un rebond d’anxiété, des insomnies, voire des convulsions. La décroissance se fait progressivement, avec le prescripteur.
  • Risque de dépendance et de tolérance avec le temps : ces médicaments sont faits pour des durées courtes, on évite de les laisser s’installer dans les habitudes.
  • Quelques situations où l’on lève le nez du comptoir : la myasthénie est une contre-indication classique des benzodiazépines, et la prudence est de mise en cas d’insuffisance respiratoire ou de syndrome d’apnées du sommeil.
  • Personne âgée : vigilance chutes, confusion, troubles de la mémoire ; en cas de demande de renouvellement qui s’éternise, c’est un bon moment pour interroger la pertinence et en parler au médecin.
  • Tolérance variable : effet myorelaxant pouvant gêner les gestes fins, et possible amnésie des faits récents aux doses plus élevées.

Teste-toi

Question 1 / 3
Une ordonnance associe diazépam et tramadol chez un patient lombalgique. Tu délivres sans rien dire ?
Non, c'est l'association à repérer. Les deux dépriment le système nerveux central : le risque, c'est la dépression respiratoire, majorée si le patient consomme aussi de l'alcool. On ne bloque pas par principe, mais on explique les signes qui doivent alerter (somnolence inhabituelle, respiration lente), on déconseille l'alcool, et selon le terrain (personne âgée, antécédent respiratoire) on en discute avec le prescripteur. On trace l'intervention.

Mémo

Pour retenir

Diazépam = la benzo à longue traîne : effet qui dure, métabolites actifs, accumulation chez le sujet âgé. Deux réflexes verrouillés : jamais d’arrêt brutal, et on lève le nez dès qu’un opioïde ou de l’alcool s’invite au dossier.

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Références bibliographiques

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Fiche publiée le 14 juin 2026
Sous la responsabilité éditoriale de Joseph Hobekkaya, docteur en pharmacie · La Juste Dose Pharma
Repères pédagogiques pour professionnels : toujours vérifier le RCP et les recommandations en vigueur.

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