Tendances au comptoir de septembre 2026 : les trends que ta pharmacie peut suivre

« Le 25, tout le monde postait sa fierté d’être pharmacien. Le 30, on prépare les réponses pour le 1er octobre et la hausse des franchises. En cinq jours, on passe de l’émotion au comptoir qui explique. »Sam, préparateur · 30 septembre 2026

Chaque mois, ce rendez-vous passe en revue ce qui a bougé sur TikTok, Instagram et Facebook côté pharmacie. Au sommaire de septembre : la Journée mondiale du pharmacien qui a déclenché une vague de fierté professionnelle, la hausse des franchises qui s’applique dès demain, l’ouverture des négociations conventionnelles, et les trends du mois décryptées, exemples à l’appui. Avec, comme chaque mois, la trend à ne surtout pas suivre.

Le radar de septembre en un coup d’œil

Signal Ce qui s’est passé
Journée mondiale du pharmacien Le 25 septembre, sur le thème FIP « Donner aux pharmaciens les moyens d’agir pour un avenir plus sain ». Vague de contenus « fier d’avoir choisi ce métier » sur les comptes d’officine.
Franchises : deux plafonds à 70 € Décret du 11 septembre : les deux plafonds annuels distincts passent chacun de 50 à 70 €, soit 140 € au maximum si les deux sont atteints, contre 100 avant. Ce n’est pas une franchise unique de 140 €. Montants unitaires inchangés, et c’est au comptoir que ça s’explique.
Négociations conventionnelles ouvertes Lettre de cadrage le 9 septembre, ouverture de l’avenant 3 le 22 : OSyS, accompagnement du diabète de type 2, prévention cardiovasculaire, et chantier du modèle économique.
Le sujet brûlant de fin de mois Échange tendu entre syndicats sur l’élargissement des missions du pharmacien. Beaucoup de bruit en ligne : c’est le sujet à ne pas commenter à chaud.

Qu’est-ce qui s’est vraiment passé en septembre ?

La Journée mondiale du pharmacien a fait sortir la fierté du métier. Le 25 septembre, la Fédération internationale pharmaceutique a placé l’édition 2026 sous le thème « Empowering pharmacists for healthier futures », traduit par « Donner aux pharmaciens les moyens d’agir pour un avenir plus sain ». Sur les réseaux, ça a donné une vague de contenus très simples et très partagés : des équipes face caméra qui racontent pourquoi elles ont choisi ce métier et pourquoi elles y restent. C’est le seul moment de l’année où ce registre passe sans paraître forcé, et il a bien fonctionné. Si tu l’as manqué, la mécanique reste rejouable hors date : le « pourquoi » d’une équipe ne se périme pas.

Les franchises montent demain, et c’est toi qui vas l’expliquer. Le décret n° 2026-858 du 11 septembre, publié au Journal officiel le 12, relève les deux plafonds annuels : 70 € pour les franchises (médicaments, actes paramédicaux, transports) et 70 € pour les participations forfaitaires (consultations, actes, analyses), soit 140 € cumulés au lieu de 100, à partir du 1er octobre 2026. Les montants unitaires ne bougent pas : 1 € par boîte ou unité de conditionnement de médicament remboursable, 1 € par acte paramédical, 4 € par transport, 2 € par consultation. À savoir pour le comptoir : il n’existe pas de plafond journalier sur les médicaments, alors qu’il y en a un ailleurs (4 € par jour pour les actes paramédicaux, 8 € pour les transports, 8 € de participations forfaitaires par jour pour un même professionnel ou un même laboratoire). Et une affection de longue durée n’exonère pas : c’est la question qui reviendra le plus. Environ 18 millions de personnes restent exonérées : mineurs, bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire, femmes enceintes du premier jour du 6e mois jusqu’au 12e jour après l’accouchement, mineures pour la contraception et la contraception d’urgence sans consentement parental, victimes d’actes de terrorisme pour les frais liés, et bénéficiaires de l’aide médicale de l’État. À noter pour les questions de comptoir : les complémentaires relevant des contrats responsables ne peuvent pas rembourser ces sommes, et une indexation annuelle sur l’inflation est prévue à partir de 2028. C’est aussi l’épilogue du feuilleton de cet été : le doublement à 200 € un moment envisagé (voir l’édition de juillet) n’a pas été retenu.

Les négociations conventionnelles sont enfin ouvertes. Après la lettre de cadrage signée le 4 septembre et transmise aux syndicats le 9, les discussions sur l’avenant n° 3 à la convention pharmaceutique se sont ouvertes le 22 septembre. Au programme : l’entrée d’OSyS dans le droit commun, un accompagnement des patients atteints de diabète de type 2, un dispositif de prévention cardiovasculaire autour de la mesure de la pression artérielle, et en parallèle le chantier de fond du modèle économique, avec l’objectif affiché de réduire la dépendance de la rémunération au prix et au volume des boîtes. La FSPF a jugé le contenu globalement conforme à ses attentes tout en contestant le calendrier initial ; l’USPO a relevé que les axes techniques reprenaient ses demandes, en réclamant un engagement de calendrier et de financement sur la réforme structurelle. Pour la communication d’officine, c’est une matière en or : expliquer aux patients ce que fait vraiment une équipe au-delà de la boîte délivrée.

Et le sujet qu’il valait mieux ne pas commenter à chaud. Fin septembre, l’élargissement des missions du pharmacien a provoqué un échange public tendu entre organisations professionnelles, avec un communiqué d’un syndicat infirmier publié le 25 septembre et relayé par un syndicat de médecins le 26, puis une réponse de l’USPO le 28, qui a annoncé le dépôt de trois plaintes devant les instances ordinales. Les réseaux s’en sont emparés, souvent sur un ton d’affrontement entre professions. Le conseil du mois est simple : ce terrain-là n’est pas celui du compte d’une officine. Le code de déontologie impose d’entretenir de bons rapports avec les autres professions de santé et interdit tout agissement de nature à leur nuire auprès de leur patientèle (article R. 4235-62) ; la confraternité, elle, vise les confrères pharmaciens (article R. 4235-54). Un message écrit à chaud sur un compte professionnel laisse une trace durable, et un avis négatif publié en ligne sur un médecin a déjà valu une sanction disciplinaire. Le débat appartient aux syndicats et aux instances, la pédagogie appartient au comptoir.

Cinq trends repérées en septembre par les veilles de formats (Takema Studio, SocialBee, SocialPilot et Pepper, septembre 2026), avec leur mécanique exacte et un lien pour visualiser chacune. Le fil qui revient dans ces veilles : l’humour de format, court et répétable, et la valorisation de l’ordinaire.

Avant de filmer, le réflexe confidentialité. Tourne hors présence de patients, avant l’ouverture ou après la fermeture. Rien à l’image qui identifie quelqu’un, même indirectement : ni patient, ni ordonnance, ni écran métier, ni étiquette nominative, même en arrière-plan. Le secret va plus loin que l’image : on ne raconte pas un cas réel identifiable. Pour l’équipe, un accord écrit et révocable, une option sans caméra pour qui préfère, et l’accord des parents s’il s’agit d’un apprenti mineur.

1. Le défi chronométré, version Hyrox

La trend : l’Hyrox, cette compétition de fitness née en 2017 qui alterne course et stations d’exercices, est devenu un circuit mondial de fitness racing : plus de 100 événements annoncés pour 2026 sur le site officiel, et plus d’un million de participants sur la saison écoulée, dans une trentaine de pays. Sa mécanique a débordé sur les réseaux : tout devient un parcours chronométré avec des stations. À voir : le site officiel de l’Hyrox et son calendrier mondial.
La version officine : le parcours du matin en stations chronométrées, avec le temps affiché à l’écran : déballer la commande, ranger le tiroir, monter la vitrine, remplir le robot. Ou en duel, un binôme contre l’autre. Le garde-fou : on chronomètre la logistique, jamais un acte de dispensation. Le conseil prend le temps qu’il faut, c’est même tout son intérêt.

2. « Two Friends, Two Vibes »

La trend : deux personnes proches filmées ensemble dans le même plan, chacune surmontée d’images qui résument son univers, deux ambiances opposées (café contre matcha, mer contre montagne). Le contraste se lit en trois secondes, sans un mot. À voir : la veille SocialBee, qui décrit la mécanique.
La version officine : deux collègues côte à côte, deux univers visuels. Celle qui range par ordre alphabétique contre celui qui « sait où c’est ». Le lève-tôt de l’ouverture contre le marathonien de la fermeture. On reste sur les personnalités et les habitudes de travail.

3. « Clap if you’re against… »

La trend : un son qui lance « tapez dans vos mains si vous êtes contre… », un texte à l’écran qui nomme une agacerie très précise, et le créateur qui applaudit avec conviction. Plus c’est spécifique, plus ça marche. À voir : la veille SocialBee de septembre.
La version officine : les galères que toute la profession connaît par cœur. « Contre la panne du robot un samedi matin. » « Contre la rupture qui tombe le jour où trois personnes en ont besoin. » « Contre les rejets de facturation qui reviennent un mois plus tard. » « Contre l’inventaire qui ne tombe jamais juste. » Le garde-fou : on applaudit contre des galères, jamais contre des patients.

4. « Once a day, once a week, once a month »

La trend : classer ses habitudes par fréquence, en trois blocs : chaque jour, chaque semaine, chaque mois. Format lisible, très enregistré, qui colle à l’état d’esprit de rentrée. À voir : la même veille SocialBee.
La version officine : les rituels invisibles du métier. Chaque jour : le relevé de température du frigo. Chaque semaine : la commande de saison et le contrôle des retours. Chaque mois : la chasse aux périmés. C’est le format qui explique le mieux, sans discours, que derrière le comptoir il y a une organisation.

5. Le sérieux qui dérape (le deadpan)

La trend : le registre qui revient le plus dans les veilles de septembre, c’est la comédie de format : une prémisse courte, jouée le plus sérieusement du monde, et une chute qui casse tout. Ton neutre, aucune emphase, le décalage fait tout le travail. À voir : la veille SocialPilot de septembre.
La version officine : la variante la plus vue ce mois-ci sur les comptes de pharmacie joue sur le son. Quelqu’un donne une explication très sérieuse et très technique, puis on bascule sur ce que l’autre a réellement entendu : à la place des mots, les paroles d’une chanson. Tout le gag est dans ce décrochage, et il se monte avec deux pistes audio. Le nouveau protocole expliqué un vendredi soir, la présentation du logiciel mis à jour, le rangement des périmés : tout ce qui s’explique en trois minutes de trop se prête au format.

Par où commencer ? La sélection du mois

Si ton équipe ne doit en tourner qu’une, c’est le « Clap if you’re against… » : une phrase, un applaudissement, dix secondes, et un taux de commentaires élevé parce que chacun ajoute son propre agacement. Pour une équipe joueuse, le défi chronométré est le plus spectaculaire, à condition de le limiter aux gestes logistiques.

Sans personne à l’aise devant l’objectif, le « Once a day, once a week, once a month » se monte en plans d’objets et en texte. Dans tous les cas, les règles du bloc plus haut s’appliquent.

Repéré au comptoir : trois formats maison qui tournent

Trois formats très présents ce mois-ci chez les équipes officinales françaises, repérés directement sur les comptes de pharmacie.

« Pourquoi j’ai choisi ce métier ». Porté par la Journée mondiale du 25 septembre, le format le plus simple de l’année : chaque membre de l’équipe, face caméra, dit en une phrase pourquoi il fait ce travail. Pourquoi ça marche : c’est sincère, ça humanise, et ça touche autant les patients que les confrères. Le conseil : ne pas le sur-écrire. Les meilleures versions sont celles où les gens cherchent leurs mots.

« Je peux voir la pharmacienne ? » Un collègue prononce la phrase, et la pharmacienne arrive au ralenti, démarche assurée, comme une entrée de star. Pourquoi ça marche : le décalage entre une question banale du quotidien et une entrée digne d’un film, plus une vraie valorisation du rôle. Le garde-fou : le titre de pharmacien est protégé, donc celui qui fait l’entrée est bien un pharmacien inscrit à l’Ordre, titulaire ou adjoint. Un préparateur ou un étudiant ne joue pas ce rôle, même pour rire.

Le PoV « l’équipe à l’âge de son ancienneté ». Un montage qui vieillit les visages de l’équipe en proportion de leurs années dans l’officine, généré par une IA. Pourquoi ça marche : l’effet est bluffant et la révélation finale (celui qui est là depuis vingt ans) fait toujours réagir. Le garde-fou, non négociable : transformer le visage d’une personne réelle oblige à indiquer clairement que la vidéo a été générée par IA (règlement européen sur l’IA, article 50, applicable depuis le 2 août 2026), et l’humour n’en dispense pas. Il faut aussi un accord écrit propre à cette transformation, distinct de l’accord de tournage. Et avant de déposer le visage d’un salarié dans un outil grand public, lis ses conditions : certaines réutilisent les contenus pour entraîner le modèle.

Six hooks à piocher, avec ce qu’il y a derrière le comptoir

Le hook, c’est la première seconde et demie : ce qui décide si on reste ou si on scrolle. Six ouvertures de saison :

  1. Le chronomètre qui se déclenche en gros plan : l’ouverture du défi, avant même de savoir de quoi il s’agit.
  2. Quelqu’un à l’écran, concentré, et la vie qui passe derrière : au premier plan on travaille, à l’arrière-plan l’équipe fait n’importe quoi. Le spectateur regarde deux fois.
  3. La blouse qu’on enfile d’un geste, en très gros plan : le générique du métier.
  4. « Un an que j’ai eu mon diplôme » en texte sur une photo de remise de diplôme : l’anniversaire professionnel, très partagé en septembre.
  5. Le carton de la commande qui s’ouvre sur un empilement improbable : la rentrée en une image.
  6. Le silence, puis le bip : laisser trois secondes de vide avant le premier son du comptoir.

Dans tous les cas : le mouvement ou le son d’abord, la parole ensuite, et des sous-titres dès la première seconde, parce que la majorité des vidéos se regardent sans le son.

Et à l’étranger, qu’est-ce qui inspire ?

La Journée mondiale du pharmacien est une date internationale, et les pays voisins la travaillent plus collectivement que nous. En Espagne, le Conseil général des ordres de pharmaciens a décliné le thème de la FIP sous un slogan national, « Fortaleciendo la salud con el farmacéutico », avec des visuels que chaque ordre provincial reprend et adapte localement, et des actions de terrain jusque dans la rue pour montrer la proximité du pharmacien avec la population. La mécanique à retenir : une date commune, un message commun, et chacun le décline localement. Pour une officine française, ça veut dire préparer la prochaine édition avec son groupement ou son syndicat plutôt que de poster seul dans son coin. Comme toujours : garde la mécanique, pas le copier-coller, le cadre français s’applique.

La trend à ne pas suivre : le panier qui déborde

⚠️ La tentation du mois : le format « je venais juste chercher mon ordonnance » qui se termine sur un comptoir couvert de produits. Il existe, il marche, et les veilles le recensent comme un angle porteur, celui d’assumer une passion de consommation. Pour une officine, c’est pourtant le terrain le plus glissant du mois : mettre en scène un patient qui repart avec dix fois ce qu’il venait chercher, c’est de l’incitation, et l’incitation à un recours inutile aux produits de santé est précisément ce que le code de déontologie interdit (décret n° 2026-156). Le même contenu devient impeccable si on retourne la mécanique : montrer ce qu’on retire du panier et pourquoi, ou expliquer les trois questions qu’on pose avant de conseiller un produit. Le savoir-faire d’une officine n’est pas de faire acheter plus, c’est de faire acheter juste.

Les questions qui reviennent

Comment parler de la hausse des franchises sans faire de politique ?

En restant factuel et utile. Ce qui change : deux plafonds distincts passent chacun de 50 à 70 €, soit 140 € au maximum si les deux sont atteints, et non une franchise unique de 140 €. Ce qui ne change pas : 1 € par boîte, 1 € par acte paramédical, 4 € par transport, 2 € par consultation. Ce qu’il faut préciser : une affection de longue durée n’exonère pas, et les contrats responsables ne remboursent pas ces sommes. Et qui est exonéré. C’est de l’information de santé publique, et les patients poseront la question de toute façon. Ce qui relève du commentaire politique ou syndical, en revanche, n’a pas sa place sur le compte d’une officine.

Peut-on publier une vidéo générée par IA ?

Oui, en le signalant visiblement : le règlement européen sur l’IA impose la transparence sur les contenus générés ou manipulés. Et transformer le visage d’un membre de l’équipe demande son accord écrit, en plus de l’accord de filmer.

Faut-il réagir quand une autre profession critique les pharmaciens ?

Pas sur le compte de l’officine. La défense de la profession est le rôle des syndicats et des instances. Un compte d’officine gagne davantage à montrer concrètement ce que fait son équipe qu’à répondre à une polémique, d’autant que les bons rapports avec les autres professionnels de santé relèvent du cadre déontologique.

La juste doserelu et validé par Joseph Hobekkaya, docteur en pharmacie

Septembre a offert les deux faces du métier en une semaine : la fierté le 25, la préparation des réponses le 30, et l’explication de la hausse des franchises au comptoir le 1er octobre. Les deux se racontent bien, et c’est exactement ce qu’un compte d’officine doit savoir faire. Le reste du mois a surtout rappelé une chose : la ligne entre un contenu qui valorise la profession et un contenu qui la dessert tient souvent à un détail, un patient dans le champ, un acte de dispensation transformé en course, un panier qui déborde.

Sources

Thomas, Inès et Sam sont des personnages pédagogiques fictifs qui font vivre les situations de comptoir.

Repères pédagogiques pour professionnels : toujours vérifier le RCP et les recommandations en vigueur.

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