Oxomémazine
L'essentiel
Antitussif d’action centrale de la famille des antihistaminiques H1 phénothiaziniques, indiqué dans le traitement symptomatique des toux sèches et non productives, en particulier à composante nocturne, chez l’adulte et l’enfant de plus de 2 ans. Son effet sédatif et anticholinergique, marqué pour la classe, explique à la fois son usage le soir et l’essentiel de ses précautions. Il n’a aucune place dans une toux grasse, qu’il risque au contraire de freiner. À noter : ce type d’antitussif est rangé par certaines évaluations indépendantes parmi les médicaments dont le rapport bénéfice/risque est jugé défavorable dans la toux banale.
Posologie
- Réservé à l’adulte et à l’enfant de plus de 2 ans. En sirop, posologie à reporter de la prescription ou de la notice du produit délivré, en privilégiant la prise du soir compte tenu de la somnolence. Respecter la dose maximale par 24 h indiquée.
- Enfant de plus de 2 ans : dosage rapporté au poids ; toujours utiliser le dispositif doseur fourni, jamais une cuillère de cuisine. Contre-indiqué avant 2 ans (voir le réflexe sécurité).
- Sujet âgé : prudence renforcée (sédation, effets anticholinergiques, risque de chute) ; dose la plus basse possible et durée courte.
- Modalités : traitement de courte durée ; sans ordonnance, la durée est limitée à 5 jours. Réévaluer si la toux persiste.
Contre-indiqué chez le nourrisson de moins de 2 ans : les phénothiazines sont considérées comme un facteur de risque possible de mort subite du nourrisson, et le risque sédatif et respiratoire est inacceptable à cet âge. Devant une toux chez un tout-petit, on ne délivre pas ce sirop, on oriente vers un avis médical. Chez l’adulte et l’enfant plus grand : effet sédatif net (somnolence, conduite, machines), pas d’alcool, et jamais sur une toux grasse, qu’il aggrave.
Interactions
- Alcool : majoration de l’effet sédatif ; à éviter pendant le traitement.
- Autres dépresseurs du SNC : hypnotiques, anxiolytiques, opioïdes, autres antihistaminiques sédatifs, certains antitussifs centraux ; effet additif sur la vigilance et la dépression respiratoire.
- Atropiniques : autres anticholinergiques (certains antispasmodiques, antiparkinsoniens, antidépresseurs imipraminiques), addition des effets (rétention urinaire, constipation, sécheresse, confusion chez le sujet âgé).
- Agonistes dopaminergiques antiparkinsoniens : antagonisme réciproque entre neuroleptiques phénothiaziniques et dopaminergiques ; association à prendre en compte selon le contexte.
Grossesse / allaitement
- Grossesse : par prudence, on évite l’oxomémazine, surtout en fin de grossesse (effets sédatifs et anticholinergiques possibles chez le nouveau-né). Renvoyer au prescripteur ; privilégier les mesures non médicamenteuses et l’avis médical.
- Allaitement : déconseillé. Passage possible dans le lait, avec risque de sédation et d’apnée chez le nourrisson ; orienter vers une solution adaptée à la femme qui allaite.
Conseils de comptoir
- Toux sèche uniquement : si la toux est grasse et ramène des sécrétions, on n’oriente pas vers un antitussif, on cherche plutôt à fluidifier et on réoriente si besoin.
- Bien retenir les contre-indications de cette molécule : enfant de moins de 2 ans, antécédent d’agranulocytose, troubles urétroprostatiques avec risque de rétention urinaire, risque de glaucome à angle fermé, hypersensibilité aux antihistaminiques. Prudence aussi chez l’épileptique (abaissement possible du seuil épileptogène).
- La somnolence est l’effet le plus fréquent et le plus utile à anticiper : prise plutôt le soir, pas avant de conduire, vigilance chez qui travaille en hauteur ou sur machine.
- Effets anticholinergiques à connaître pour le conseil : bouche sèche, constipation, parfois difficulté à uriner ; d’où la contre-indication chez le patient avec un adénome de prostate ou un glaucome à angle fermé, et la prudence chez le sujet âgé.
- Toux qui dure plus de quelques jours, fièvre, gêne respiratoire, expectorations colorées : on ne prolonge pas l’antitussif, on oriente vers un avis médical.
- Beaucoup de sirops antitussifs de cette famille contiennent de l’alcool ou du sucre : à signaler chez l’enfant, le diabétique ou la personne qui évite l’alcool.
Teste-toi
Mémo
Oxomémazine = antitussif du soir, et seulement sur la toux sèche. Trois réflexes : sèche (jamais sur une toux grasse), sommeil (sédation, pas au volant, pas d’alcool), séniors et tout-petits (contre-indiquée avant 2 ans ; effets atropiniques, prostate, glaucome, chute chez l’âgé).
À voir aussi
Dans la même aire (Pneumo & allergo) :
Références bibliographiques
- RCP Oxomémazine, Base de données publique des médicaments (ANSM/HAS) Consulter (nouvel onglet)
- Thésaurus des interactions médicamenteuses, ANSM Consulter (nouvel onglet)
- Le CRAT (Centre de Référence sur les Agents Tératogènes), médicaments et grossesse / allaitement Consulter (nouvel onglet)
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