Lansoprazole
L'essentiel
IPP très utilisé pour réduire la sécrétion acide de l’estomac : reflux gastro-oesophagien et oesophagite, ulcères gastriques et duodénaux, éradication d’H. pylori (en association à des antibiotiques), prévention et traitement des lésions digestives liées aux AINS. Comme tous les IPP, il bloque la pompe à protons de la cellule pariétale, à la dernière étape de la sécrétion d’acide. En France, le lansoprazole reste sur prescription (liste II) : contrairement à certains oméprazole, ésoméprazole ou pantoprazole exonérés, il n’a pas de version en accès direct pour le reflux occasionnel.
Posologie
- Adulte : selon l’indication, le plus souvent 15 ou 30 mg par jour en une prise (jusqu’à 30 mg deux fois par jour dans l’éradication d’H. pylori). L’oesophagite et les ulcères demandent une durée définie par la prescription.
- Modalités de prise : de préférence le matin, avant le petit-déjeuner. Avaler la gélule entière sans la croquer (forme gastrorésistante). En cas de difficulté à avaler, certaines formes orodispersibles existent ; se reporter à la notice du produit délivré.
- Insuffisance hépatique : l’exposition augmente nettement ; une réduction de dose (souvent 15 mg par jour) et une surveillance sont recommandées dans les formes modérées à sévères. En revanche, pas d’adaptation systématique en cas d’insuffisance rénale.
- Durée : toute prise au long cours doit être réévaluée régulièrement par le prescripteur ; un IPP n’est pas un traitement à vie par défaut.
L’IPP masque les symptômes, il ne diagnostique rien. Devant des signes d’alarme (amaigrissement, vomissements répétés, difficulté ou douleur à la déglutition, sang dans les selles ou les vomissements, anémie, douleur persistante), on n’entretient pas un traitement symptomatique : on oriente vers le médecin. Le risque, c’est de soulager un cancer gastrique débutant et de retarder le diagnostic.
Interactions
- Atazanavir (et autres antirétroviraux dépendant de l’acidité) : contre-indication. L’IPP effondre l’absorption de l’atazanavir (chute d’exposition d’environ 90 %) et compromet son efficacité ; l’association ne se fait pas.
- Antifongiques azolés (kétoconazole, itraconazole) : la baisse d’acidité gastrique réduit leur absorption et peut compromettre leur efficacité.
- Clopidogrel : interaction de classe liée au CYP2C19, mais moins marquée qu’avec l’oméprazole ou l’ésoméprazole ; le lansoprazole fait partie des IPP plutôt privilégiés dans ce contexte. En cas de doute, c’est le prescripteur qui arbitre l’association.
- Méthotrexate à forte dose : les IPP peuvent ralentir son élimination et majorer sa toxicité ; une suspension de l’IPP est parfois envisagée pendant les cures.
- Effet de classe des IPP : un traitement prolongé peut gêner l’absorption du fer et de la vitamine B12, et abaisser le magnésium ; à garder en tête chez les patients au long cours.
Grossesse / allaitement
- Grossesse : les données sur les IPP sont rassurantes et leur utilisation est possible si elle est justifiée. Renvoyer au médecin pour confirmer l’indication plutôt que d’entretenir un traitement prolongé sans suivi.
- Allaitement : passage dans le lait faible ; un usage ponctuel est généralement considéré comme acceptable. En cas de traitement régulier, faire valider par le prescripteur.
Conseils de comptoir
- Bien expliquer le moment de prise : le matin à jeun, avant le repas, pour que l’IPP agisse sur les pompes activées par l’arrivée des aliments.
- Tolérance globalement bonne sur de courtes durées. Les effets les plus fréquents sont des maux de tête et des troubles digestifs (nausées, diarrhée ou constipation), souvent transitoires.
- Au long cours, penser à réévaluer : un arrêt brutal après usage prolongé peut provoquer un rebond d’acidité ; une diminution progressive est plus confortable.
- Mesures hygiéno-diététiques utiles dans le reflux : repas plus légers le soir, délai avant de s’allonger, surélévation de la tête du lit, limitation de l’alcool et du tabac. L’IPP ne remplace pas ces réflexes.
- Repère de tolérance au long cours : surveillance des signes d’hypomagnésémie (crampes, fatigue) et d’une carence en B12 chez les patients traités plusieurs mois.
Teste-toi
Mémo
Les IPP finissent tous en -prazole : oméprazole, ésoméprazole, pantoprazole, lansoprazole. Le suffixe signe la classe, comme les -pril pour les IEC. Et un IPP, ça se prend le matin avant le repas, ça calme l’acide mais ça ne diagnostique jamais : devant un signe d’alarme, on lève le nez du comptoir.
À voir aussi
Inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) :
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Références bibliographiques
- RCP Lansoprazole, Base de données publique des médicaments (ANSM/HAS) Consulter (nouvel onglet)
- Thésaurus des interactions médicamenteuses, ANSM Consulter (nouvel onglet)
- Le CRAT (Centre de Référence sur les Agents Tératogènes), médicaments et grossesse / allaitement Consulter (nouvel onglet)
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