Insuline glargine

Insuline analogue d'action lente (basale) · Liste I · Voie sous-cutanée
Délivrance
3 / 4 · courant
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L'essentiel

Insuline analogue d’action lente, dite basale : elle couvre les besoins de fond en insuline sur une longue durée, sans pic marqué, pour stabiliser la glycémie entre les repas et la nuit. Elle est utilisée dans le diabète de type 1 (toujours associée à une insuline rapide aux repas) et dans le diabète de type 2 quand les traitements oraux et injectables ne suffisent plus. Une seule injection sous-cutanée par jour le plus souvent, à heure régulière. Au comptoir, l’essentiel se joue sur trois fronts : la prévention de l’hypoglycémie, la conservation des stylos, et la vigilance absolue sur la concentration, car la même glargine existe en plusieurs concentrations qui ne sont pas interchangeables unité pour unité.

Posologie

  • Principe : la dose s’exprime en unités (jamais en millilitres) et est strictement individuelle, ajustée par le médecin selon les glycémies du patient. Il n’existe pas de dose standard : on ne propose ni n’ajuste jamais une dose d’insuline au comptoir.
  • Rythme : en général une injection sous-cutanée par jour, à la même heure, l’horaire précis important moins que la régularité d’un jour à l’autre.
  • Concentration : la glargine existe en plus d’une concentration. À dose en unités identique, le volume injecté diffère, mais les unités délivrées par le stylo restent justes : ne jamais transposer une dose d’une concentration à l’autre, c’est une décision médicale.
  • Sites d’injection : abdomen, cuisses, bras, fesses, en alternant les points pour prévenir les lipodystrophies.
  • Insuffisance rénale ou hépatique : les besoins en insuline peuvent diminuer, ce qui majore le risque d’hypoglycémie ; surveillance et adaptation médicale renforcées.
Réflexe sécurité

Le fil rouge de toute insuline, c’est l’hypoglycémie. Tout patient qui démarre ou modifie son insuline doit savoir la reconnaître (sueurs, tremblements, faim brutale, palpitations, troubles de la concentration, vertiges) et la corriger sans attendre par du sucre rapide (resucrage), puis prévenir son médecin si elle se répète. Deuxième vigilance, propre à la glargine : la même DCI existe en plusieurs concentrations, sur des stylos différents. Une confusion de stylo ou de concentration, ou un report de dose entre deux présentations, peut conduire à un sur ou sous-dosage grave. Au moment de la délivrance : vérifier que le stylo délivré correspond exactement à celui de l’ordonnance et à celui que le patient utilise déjà, et ne jamais substituer une présentation à une autre sans accord du prescripteur.

Interactions

  • Autres antidiabétiques (sulfamides, glinides, insuline rapide associée) : addition des effets hypoglycémiants. C’est attendu dans un schéma basal-bolus, mais cela renforce le besoin d’éducation au resucrage.
  • Alcool : il majore et prolonge le risque d’hypoglycémie, surtout à jeun. Message clé à passer : pas d’alcool sans manger, vigilance accrue le soir et la nuit.
  • Bêta-bloquants : ils peuvent masquer les signes d’alerte de l’hypoglycémie (tremblements, palpitations), qui passe alors inaperçue. Sueurs et fringale restent des repères utiles à rappeler au patient.
  • Corticoïdes : ils tendent à faire monter la glycémie ; un traitement corticoïde, même court, peut déséquilibrer le diabète et amener le médecin à réadapter les doses d’insuline.

Grossesse / allaitement

  • Grossesse : l’insuline est précisément le traitement de référence du diabète pendant la grossesse. La prise en charge relève d’un suivi spécialisé, avec des objectifs glycémiques et des doses qui évoluent au fil de la grossesse. Ne jamais modifier le schéma d’une patiente enceinte au comptoir : orienter vers l’équipe qui la suit.
  • Allaitement : compatible. L’insuline est une protéine digérée par le tube digestif du nourrisson, sans passage actif par le lait ; les besoins en insuline de la mère peuvent toutefois varier pendant l’allaitement, d’où l’intérêt du suivi médical.

Conseils de comptoir

  • Conservation : les stylos non entamés se gardent au réfrigérateur (sans congeler, une insuline congelée se jette). Le stylo en cours d’utilisation se conserve à température ambiante, à l’abri de la lumière et de la chaleur, et se garde un nombre limité de jours après ouverture : vérifier la durée exacte sur la notice de la présentation délivrée.
  • Technique : aiguille neuve à chaque injection, alterner les sites pour éviter les boules sous la peau (lipodystrophies), qui rendent l’absorption irrégulière. La glargine est une insuline limpide : ne pas la confondre avec une insuline trouble qu’il faudrait remettre en suspension.
  • Resucrage : s’assurer que le patient a toujours sur lui de quoi se resucrer (morceaux de sucre, jus de fruits) et qu’il sait quand l’utiliser. Pour un patient à risque, le médecin peut aussi prescrire du glucagon.
  • Voyage, situations particulières : prévoir une chaîne du froid pour les stylos d’avance, garder l’insuline en cabine en avion (la soute gèle), et anticiper les situations qui dérèglent la glycémie (maladie, jeûne, effort inhabituel, changement de rythme) en orientant vers le médecin pour les conduites à tenir.
  • Ne jamais arrêter une insuline de sa propre initiative, en particulier dans le diabète de type 1 où l’interruption expose à l’acidocétose : tout ajustement passe par le prescripteur.

Teste-toi

Question 1 / 3
Un patient diabétique de type 2 vient renouveler son insuline lente. Le stock habituel est en rupture, mais tu as en rayon l'autre concentration de la même glargine. Tu peux substituer ?
Non. Même si la DCI est identique, les deux présentations ont des concentrations différentes et ne sont pas interchangeables : le médecin a calé la dose en unités sur une présentation précise. Substituer sans son accord, c'est risquer un déséquilibre glycémique. Le bon réflexe est de contacter le prescripteur pour décider ensemble (attendre le réapprovisionnement, ou changement encadré avec réadaptation des doses), et de prévenir le patient sans l'inquiéter. C'est exactement le genre de situation où l'on ne touche jamais seul à une insuline.

Mémo

Pour retenir

Glargine = insuline basale, le fond de teint glycémique : une injection par jour, à heure régulière. Deux réflexes de comptoir : hypo (reconnaître, resucrer, ne jamais boire à jeun, méfiance sous bêta-bloquant qui masque les signes) et concentration (même glargine, plusieurs stylos, jamais de substitution sans le médecin). Et le froid : au frigo sans congeler, en cabine jamais en soute.

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Références bibliographiques

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Fiche publiée le 14 juin 2026
Sous la responsabilité éditoriale de Joseph Hobekkaya, docteur en pharmacie · La Juste Dose Pharma
Repères pédagogiques pour professionnels : toujours vérifier le RCP et les recommandations en vigueur.

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