Vérapamil

Inhibiteur calcique non dihydropyridine (phénylalkylamine) · Liste I · Voie orale (formes LP fréquentes) ou injectable
Boîte illustrative de Vérapamil, médicament générique fictif aux couleurs de La Juste Dose. Image générée par IA.
Délivrance
2 / 4 · délivré régulièrement
Ta maîtriseSur cette molécule : à découvrir
Teste-toi sur la famille Cardio (nouvel onglet)

L'essentiel

Inhibiteur calcique dit « bradycardisant », à l’inverse des dihydropyridines (amlodipine et compagnie) qui agissent surtout sur les vaisseaux. Le vérapamil agit aussi sur le coeur : il ralentit la conduction et la fréquence. D’où ses indications, le contrôle de la fréquence de certains troubles du rythme supraventriculaires (dont la fibrillation auriculaire), l’angor et l’hypertension artérielle. Au comptoir, tu le croises surtout en relais chronique, souvent sous forme à libération prolongée.

Posologie

  • Adulte : la dose dépend de l’indication et de la forme. En pratique de ville, on voit surtout des formes à libération prolongée en 1 à 2 prises par jour ; la posologie est titrée par le prescripteur. Renvoyer au RCP et à l’ordonnance pour le chiffre exact.
  • Formes LP : à avaler entières, sans croquer ni écraser, sous peine de libérer toute la dose d’un coup. Vérifier la mention LP sur la boîte délivrée.
  • Insuffisance hépatique : métabolisme essentiellement hépatique, réduction de dose souvent nécessaire ; suivre le RCP.
  • Sujet âgé : débuter prudemment, terrain plus sensible à la bradycardie et à la constipation.
Réflexe sécurité

Association vérapamil + bêtabloquant = le réflexe numéro un. Les deux ralentissent le coeur et la conduction : cumulés, risque de bradycardie sévère, de bloc auriculo-ventriculaire, voire de défaillance cardiaque. C’est une association déconseillée par le Thésaurus des interactions (contre-indiquée par voie IV). Si tu vois un -olol (bisoprolol, aténolol…) sur la même ordonnance qu’un vérapamil, tu lèves le nez et tu vérifies avec le prescripteur.

Interactions

  • Bêtabloquants : addition des effets bradycardisants et dépresseurs de la conduction, association déconseillée (cf. réflexe sécurité).
  • Digoxine : le vérapamil augmente la digoxinémie (inhibition de la P-gp), surveiller le risque de surdosage digitalique.
  • Statines (simvastatine, atorvastatine) : inhibition du CYP3A4, taux de statine majorés, donc risque musculaire accru ; dose de simvastatine à plafonner.
  • Autres bradycardisants (amiodarone, ivabradine, certains antiarythmiques) : effets additifs sur la fréquence et la conduction.
  • Dantrolène : association à éviter (risque de fibrillation ventriculaire et de collapsus décrit avec les inhibiteurs calciques).
  • Pamplemousse : inhibiteur du CYP3A4, peut majorer l’exposition, à éviter.

Grossesse / allaitement

  • Grossesse : données d’utilisation existantes mais cadre spécialisé ; le choix relève du cardiologue et de l’obstétricien. Ne rien changer sans avis médical, se référer au RCP et au CRAT.
  • Allaitement : passage dans le lait en faible quantité. À évaluer au cas par cas avec le médecin ; orienter vers le RCP et le CRAT plutôt que trancher au comptoir.

Conseils de comptoir

  • Attention au terrain cardiaque : le vérapamil diminue la force de contraction du coeur, il est contre-indiqué en cas d’insuffisance cardiaque non contrôlée ou de dysfonction ventriculaire gauche sévère. Devant une insuffisance cardiaque connue sur le dossier, on ne banalise pas, on s’assure que le prescripteur a la vue d’ensemble.
  • La constipation est l’effet le plus fréquent et le plus typique du vérapamil : anticiper (hydratation, fibres, activité physique) et le dire d’emblée, surtout chez la personne âgée.
  • Possible bradycardie, fatigue, oedèmes des chevilles, bouffées de chaleur : signaler des vertiges, un pouls très lent ou un essoufflement inhabituel.
  • Forme LP à avaler entière : ne jamais couper ni écraser un comprimé LP, c’est une erreur classique au comptoir.
  • Ne pas arrêter brutalement un traitement de fond cardiaque sans avis médical.
  • Repérer le profil à risque : un patient déjà sous bêtabloquant, sous digoxine ou avec une insuffisance cardiaque connue mérite un coup d’oeil attentif à l’ordonnance.

Teste-toi

Question 1 / 3
Une ordonnance associe vérapamil LP et bisoprolol chez un patient suivi pour des palpitations. Tu fais quoi ?
C'est l'association à surveiller de près, classée déconseillée par le Thésaurus des interactions : vérapamil et bêtabloquant ralentissent tous deux le coeur et la conduction, avec un risque de bradycardie sévère ou de bloc auriculo-ventriculaire. On ne refuse pas par principe (elle peut être posée en connaissance de cause par un spécialiste), mais on appelle le prescripteur pour confirmer l'intention, on vérifie qu'un suivi est prévu, et on trace l'intervention. C'est exactement le rôle de l'analyse pharmaceutique.

Mémo

Pour retenir

Le vérapamil, c’est l’inhibiteur calcique qui ralentit le coeur, pas seulement les vaisseaux. Deux mots à garder en tête : bêtabloquant (l’association qui fait peur) et constipation (l’effet quasi systématique). Et un coeur déjà fatigué (insuffisance cardiaque) n’aime pas le vérapamil. Voir un -olol à côté d’un vérapamil, c’est le signal d’alerte.

À voir aussi

Inhibiteurs calciques :

Et dans la même aire (Cardio) :

Toutes les fiches Cardio →

Ta maîtriseMaintenant que tu as lu la fiche : à découvrir

Références bibliographiques

Consulter le RCP (nouvel onglet)
Fiche publiée le 14 juin 2026
Sous la responsabilité éditoriale de Joseph Hobekkaya, docteur en pharmacie · La Juste Dose Pharma
Repères pédagogiques pour professionnels : toujours vérifier le RCP et les recommandations en vigueur.

Cette fiche t’a été utile ?

Retour anonyme, en un clic.