Tiotropium

Anticholinergique de longue durée (LAMA) · Liste I · Voie inhalée
Délivrance
2 / 4 · délivré régulièrement
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Teste-toi sur la famille Pneumo & allergo (nouvel onglet)

L'essentiel

Bronchodilatateur de fond de longue durée, antagoniste des récepteurs muscariniques (famille des LAMA). Indication principale : traitement continu de la BPCO pour réduire l’essoufflement et les exacerbations. Aussi utilisé, avec une seule des formes inhalées, en traitement additionnel de l’asthme sévère insuffisamment contrôlé malgré un corticoïde inhalé à forte dose associé à un bronchodilatateur de longue durée (LABA). C’est un traitement d’entretien quotidien, jamais un traitement de la crise.

Posologie

  • Adulte (BPCO ou asthme sévère) : une administration par jour, à heure fixe, à l’aide du dispositif d’inhalation prévu. La dose dépend du dispositif délivré : se reporter au RCP et à la notice du produit.
  • Une seule prise par jour : insister sur la régularité, c’est un traitement de fond qui n’agit pas dans l’instant.
  • Enfant : seule l’une des formes inhalées (solution à inhaler) dispose d’une indication dans l’asthme sévère, à partir de l’âge fixé par le RCP ; la forme à capsules est réservée à l’adulte. Toujours se reporter au RCP de la forme délivrée.
  • Modalités : ne pas avaler les capsules conçues pour l’inhalateur ; suivre exactement la technique propre au dispositif (cartouche-inhalateur ou capsule à perforer).
Réflexe sécurité

Traitement de FOND, jamais de la crise. Devant un essoufflement aigu ou une crise, c’est le bronchodilatateur de courte durée (type salbutamol) qui agit, pas le tiotropium. Le bon réflexe au comptoir : vérifier que le patient dispose d’un traitement de secours et sait le distinguer de son traitement quotidien.

Interactions

  • Autres anticholinergiques : association non recommandée avec d’autres atropiniques (certains traitements urinaires, digestifs ou neuro-psy), addition des effets secondaires anticholinergiques (sécheresse, rétention urinaire, constipation).
  • Glaucome à angle fermé : prudence, l’effet anticholinergique peut aggraver le risque en cas de projection oculaire ; signaler tout flou visuel, douleur ou rougeur oculaire et consulter sans tarder.
  • Troubles urinaires (adénome de prostate, col vésical) : prudence, peut favoriser ou aggraver une rétention urinaire.
  • Terrain cardiovasculaire fragile : prudence en cas d’infarctus récent, de trouble du rythme instable ou d’insuffisance cardiaque sévère récente ; se référer au RCP.
  • Pas d’interaction médicamenteuse majeure de type métabolique attendue aux doses inhalées, mais l’effet de classe atropinique reste le fil conducteur à surveiller.

Grossesse / allaitement

  • Grossesse : données limitées ; à n’utiliser que si le bénéfice attendu le justifie et après réévaluation par le prescripteur. Se référer au RCP, l’asthme et la BPCO non contrôlés sont eux-mêmes un risque.
  • Allaitement : données insuffisantes sur le passage dans le lait ; décision au cas par cas avec le médecin. Renvoyer au RCP et aux recommandations en vigueur.

Conseils de comptoir

  • La technique d’inhalation fait tout : prendre le temps de la (re)montrer, vérifier que le patient inspire correctement et, selon le dispositif, qu’il a bien perforé puis vidé la capsule.
  • Effet anticholinergique le plus fréquent : la bouche sèche. Conseiller de bien s’hydrater et de soigner l’hygiène bucco-dentaire ; c’est le plus souvent gérable et n’impose pas l’arrêt.
  • Se rincer la bouche après l’inhalation est une bonne habitude générale, surtout si un corticoïde inhalé est associé dans le plan de traitement.
  • Repérer le patient qui confond fond et secours : s’il dit s’en servir « quand il est gêné », reprendre l’explication, c’est une prise quotidienne, pas à la demande.
  • Tolérance globalement bonne en traitement de fond ; orienter vers le médecin en cas de troubles urinaires, de gêne visuelle ou d’aggravation respiratoire.

Teste-toi

Question 1 / 3
Un patient BPCO sous tiotropium revient en panique : « Ça fait dix minutes que j'ai pris ma bouffée et je suis toujours essoufflé. » Tu lui dis quoi ?
On rassure et on recadre les rôles. Le tiotropium est un traitement de fond, une prise par jour : il ne soulage pas une gêne immédiate. Pour un essoufflement aigu, c'est le bronchodilatateur de courte durée (type salbutamol) qui est fait pour ça. On vérifie qu'il en a bien un, qu'il sait lequel c'est, et on lui rappelle de consulter sans tarder si les crises se répètent ou s'aggravent.

Mémo

Pour retenir

Tiotropium = le Tous les jours, pas le tout de suite. Un LAMA de fond : Longue durée, Anticholinergique (bouche sèche, œil et vessie à surveiller), une prise par jour. La crise, c’est l’affaire du bronchodilatateur de courte durée.

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Références bibliographiques

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Fiche publiée le 14 juin 2026
Sous la responsabilité éditoriale de Joseph Hobekkaya, docteur en pharmacie · La Juste Dose Pharma
Repères pédagogiques pour professionnels : toujours vérifier le RCP et les recommandations en vigueur.

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