Lopéramide

Antidiarrhéique, ralentisseur du transit · Voie orale · Médication officinale ou Liste II selon le conditionnement
Boîte illustrative de Lopéramide, médicament générique fictif aux couleurs de La Juste Dose. Image générée par IA.
Délivrance
3 / 4 · courant
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L'essentiel

Traitement symptomatique de la diarrhée aiguë non compliquée et de la diarrhée chronique chez l’adulte et l’enfant. Le lopéramide agit sur les récepteurs opioïdes de la paroi intestinale : il ralentit le transit et réduit la fréquence des selles, sans passer dans le système nerveux central aux doses usuelles. C’est un traitement du symptôme, jamais de la cause : il ne traite ni l’infection, ni la déshydratation, qui reste la vraie priorité.

Posologie

  • Adulte : dans la diarrhée aiguë, une dose initiale puis une prise après chaque selle non moulée, sans jamais dépasser la dose maximale quotidienne indiquée sur le conditionnement (plus élevée sur prescription qu’en automédication). Arrêter dès le retour à des selles normales.
  • Enfant : réservé à l’enfant à partir de l’âge mentionné sur l’AMM du produit délivré, posologie réduite et durée courte. Les formes d’automédication ne s’adressent pas au jeune enfant : en cas de doute, on oriente vers le médecin.
  • Durée : en automédication, ne pas poursuivre au-delà de 2 jours sans avis médical. Une diarrhée qui dure relève d’une consultation.
  • Prise : avec un verre d’eau, indépendamment des repas. Toujours associer une réhydratation orale.
Réflexe sécurité

Pas de lopéramide sur une diarrhée fébrile, sanglante ou glairo-sanglante (suspicion d’infection invasive) : ralentir le transit y favorise la stagnation des germes et des toxines. On écarte aussi la diarrhée survenant sous antibiotique récent (risque de colite). Dans ces situations, on ne délivre pas en conseil et on oriente vers le médecin.

Interactions

  • Médicaments allongeant le QT et inhibiteurs enzymatiques : aux fortes doses, le lopéramide expose à un risque cardiaque (allongement du QT, troubles du rythme). Le surdosage volontaire, parfois recherché, est dangereux : la dose maximale n’est pas négociable.
  • Ralentisseurs du transit et opioïdes : effet additif sur la constipation et, en cas de mésusage, sur les signes centraux. Vigilance chez un patient déjà sous opioïde.
  • Desmopressine orale : le ralentissement du transit peut augmenter son absorption, avec majoration de son effet ; association à signaler.
  • Antibiothérapie en cours ou récente : moins une interaction qu’un signal d’alerte, une diarrhée dans ce contexte peut être une colite à C. difficile, où ralentir le transit est délétère.

Grossesse / allaitement

  • Grossesse : par prudence, on évite l’automédication et on privilégie d’abord la réhydratation et les mesures hygiéno-diététiques. Si un traitement est jugé nécessaire, la décision revient au médecin ; renvoyer au RCP et aux recommandations en vigueur.
  • Allaitement : passage dans le lait en très faible quantité. L’usage ponctuel est généralement considéré comme acceptable, mais on reste prudent et on oriente vers un avis médical en cas de traitement prolongé ou chez le nouveau-né.

Conseils de comptoir

  • Le message numéro un, c’est la réhydratation : eau, soluté de réhydratation orale surtout chez l’enfant et la personne âgée. Le lopéramide soulage le symptôme, il ne remplace pas l’eau perdue.
  • Signes qui doivent faire consulter sans attendre : fièvre, sang dans les selles, vomissements importants, diarrhée de plus de 2 jours, terrain fragile (jeune enfant, personne âgée, immunodéprimé).
  • Chez le jeune enfant, on ne dépanne pas avec un ralentisseur de transit : la priorité reste le soluté de réhydratation orale, et on respecte l’âge minimal de l’AMM du produit délivré.
  • Effet indésirable le plus banal : la constipation, parfois des ballonnements. On rassure, on rappelle d’arrêter dès le retour à la normale, sans enchaîner les prises par réflexe.
  • Repère de bon usage : on traite court et à la dose minimale efficace. Un mésusage à fortes doses existe (recherche d’effet ou de surdosage), d’où l’intérêt de repérer les demandes répétées ou de grandes quantités.

Teste-toi

Question 1 / 3
Un client te demande un médicament pour couper la diarrhée de son fils de 3 ans, qui l'a depuis ce matin. Tu fais quoi ?
On ne délivre pas le lopéramide d'automédication chez un enfant de cet âge : le risque (déshydratation, effets indésirables) l'emporte. Chez le jeune enfant, la priorité absolue est la réhydratation, avec un soluté de réhydratation orale adapté. On explique aux parents les signes qui imposent une consultation rapide (refus de boire, somnolence, fièvre, selles sanglantes) et on oriente vers le médecin plutôt que vers un ralentisseur de transit.

Mémo

Pour retenir

Le lopéramide ralentit, il ne guérit pas. Trois feux rouges au comptoir : fièvre, sang, antibiotique récent. Si l’un s’allume, on réhydrate et on oriente, on ne coupe pas la diarrhée.

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Références bibliographiques

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Fiche publiée le 14 juin 2026
Sous la responsabilité éditoriale de Joseph Hobekkaya, docteur en pharmacie · La Juste Dose Pharma
Repères pédagogiques pour professionnels : toujours vérifier le RCP et les recommandations en vigueur.

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