Fluticasone + salmétérol
L'essentiel
Association inhalée de fond qui combine un corticoïde (la fluticasone, l’anti-inflammatoire) et un bêta-2 agoniste de longue durée (le salmétérol, le bronchodilatateur). Indiquée dans l’asthme insuffisamment contrôlé par un corticoïde inhalé seul, et, au dosage le plus fort, dans la BPCO sévère avec exacerbations répétées. La logique de l’association fixe est précisément d’éviter qu’un BDLA soit pris seul : dans l’asthme, un bêta-2 longue durée ne s’utilise jamais sans corticoïde. C’est un traitement quotidien, pas un médicament de la crise.
Posologie
- Adulte et adolescent (≥ 12 ans) dans l’asthme : le plus souvent 1 inhalation 2 fois par jour, le dosage de fluticasone (faible, moyen ou fort) étant choisi selon la sévérité, en visant toujours la dose minimale efficace.
- Enfant (selon l’AMM du produit délivré, souvent à partir de 4 ans) : dosages faibles de fluticasone, 2 fois par jour ; se référer au RCP de la spécialité.
- BPCO : chez l’adulte uniquement, et seulement au dosage le plus fort, 1 inhalation 2 fois par jour.
- Modalités de prise : 2 prises quotidiennes à heure régulière ; rinçage de la bouche après chaque inhalation ; vérifier la technique d’inhalation (dispositif poudre ou aérosol-doseur) à chaque renouvellement.
Ce n’est pas un traitement de secours. Le salmétérol agit trop lentement pour soulager une crise : devant une gêne aiguë, c’est le bronchodilatateur de courte durée (type salbutamol) qui agit, jamais cette association. Et on ne prescrit jamais le BDLA seul dans l’asthme : pris sans corticoïde, il expose à un sur-risque d’événements graves. L’intérêt de l’inhalateur combiné est justement de rendre cette erreur impossible.
Interactions
- Bêtabloquants : antagonisme direct de l’effet bronchodilatateur, risque de bronchospasme. Les non sélectifs sont à éviter chez l’asthmatique ; un cardiosélectif à dose minimale peut se discuter sous surveillance, y compris en collyre (le bêtabloquant ophtalmique passe dans la circulation).
- Inhibiteurs puissants du CYP3A4 (ritonavir et autres antiprotéases, kétoconazole, itraconazole) : ils augmentent fortement l’exposition systémique à la fois à la fluticasone (risque d’effets corticoïdes généraux : syndrome de Cushing, freinage surrénalien) et au salmétérol (risque cardiaque : palpitations, allongement du QT). Association à signaler et à encadrer.
- Médicaments hypokaliémiants (diurétiques de l’anse ou thiazidiques, corticoïdes oraux, théophylline) : effet additif sur la baisse du potassium, surtout aux fortes doses de bêta-2 ; une hypokaliémie majore le risque de troubles du rythme.
- Diabète : surveiller la glycémie, l’association pouvant la majorer.
Grossesse / allaitement
- Grossesse : un asthme bien contrôlé prime sur tout, car un asthme déséquilibré est plus dangereux pour la mère et l’enfant que le traitement inhalé. À poursuivre à la dose minimale efficace, sur avis médical ; les corticoïdes inhalés et le salmétérol font partie des options utilisées pendant la grossesse.
- Allaitement : le passage dans le lait est mal documenté et l’exposition systémique reste faible aux doses inhalées. Décision au cas par cas avec le médecin, en pesant le bénéfice du contrôle de l’asthme ; se reporter au RCP de la spécialité délivrée.
Conseils de comptoir
- Bien expliquer les deux casquettes : le corticoïde calme l’inflammation sur la durée, le bronchodilatateur garde les bronches ouvertes. Aucun des deux n’agit assez vite sur une crise, d’où l’intérêt de garder à part un inhalateur de secours.
- Rinçage de bouche systématique après chaque inhalation (rincer, recracher) : c’est le geste qui prévient la candidose buccale et la voix rauque, les effets indésirables locaux les plus fréquents du corticoïde inhalé.
- Effets indésirables courants à connaître : mycose de la bouche ou de la gorge, dysphonie, maux de tête, tremblements des mains et palpitations (effet bêta-2). À fortes doses, baisse du potassium possible.
- Traitement de fond : à prendre tous les jours, même quand on respire bien. L’arrêt brutal expose à une perte de contrôle de l’asthme.
- Revoir la technique d’inhalation à chaque délivrance : une grande part des échecs vient d’un dispositif mal utilisé, pas de la molécule.
- En BPCO, le corticoïde inhalé au long cours augmente un peu le risque de pneumonie : signaler toute fièvre ou aggravation respiratoire.
Teste-toi
Mémo
Deux molécules, deux rôles : la fluticasone éteint le feu (anti-inflammatoire de fond), le salmétérol ouvre les bronches dans la durée. Aucune des deux n’éteint l’incendie d’une crise : pour ça, c’est l’inhalateur de secours. Et le geste qui sauve la voix : rincer, recracher, à chaque bouffée.
À voir aussi
Associations corticoïde inhalé + BDLA :
Et dans la même aire (Pneumo & allergo) :
Références bibliographiques
- RCP des associations fluticasone/salmétérol, Base de données publique des médicaments (ANSM/HAS) Consulter (nouvel onglet)
- Thésaurus des interactions médicamenteuses, ANSM Consulter (nouvel onglet)
- Le CRAT (Centre de Référence sur les Agents Tératogènes), médicaments et grossesse / allaitement Consulter (nouvel onglet)
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