Fébuxostat

Hypo-uricémiant, inhibiteur de la xanthine oxydase · Liste I · Voie orale
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L'essentiel

Hypo-uricémiant qui bloque la xanthine oxydase, l’enzyme qui fabrique l’acide urique. Indiqué dans la goutte chronique avec dépôts d’urate (présence de tophus ou d’arthrite goutteuse), en traitement de fond pour faire baisser durablement l’uricémie. C’est un traitement au long cours, souvent positionné en alternative ou en relais de l’allopurinol, notamment en cas d’intolérance ou d’efficacité insuffisante de ce dernier. Il ne traite pas la crise : il prévient les récidives en dissolvant peu à peu le stock d’urate.

Posologie

  • Adulte : souvent 80 mg/jour en une prise pour débuter, augmenté à 120 mg/jour si l’uricémie cible n’est pas atteinte après quelques semaines (objectif fixé par le prescripteur).
  • Modalités de prise : une fois par jour, avec ou sans aliment, à heure régulière. Traitement quotidien continu, à ne pas interrompre de soi-même.
  • Prévention de la crise : une couverture anti-inflammatoire (colchicine ou AINS) est en général associée pendant les premiers mois, le temps que l’uricémie se stabilise.
  • Insuffisance rénale ou hépatique : prudence et avis du prescripteur ; l’usage est encadré dans l’atteinte sévère. Se référer au RCP pour les seuils.
Réflexe sécurité

Ne jamais débuter pendant une crise de goutte, et prévenir le patient : faire baisser l’uricémie peut au contraire déclencher des crises au démarrage. C’est pourquoi une prophylaxie anti-inflammatoire accompagne l’initiation. On n’arrête pas le fébuxostat si une crise survient sous traitement : on traite la crise à côté et on poursuit le fond.

Interactions

  • Azathioprine et mercaptopurine : association contre-indiquée. Le fébuxostat bloque la xanthine oxydase qui élimine ces molécules, d’où un risque de toxicité hématologique grave par accumulation.
  • Théophylline : métabolisée par la même enzyme, prudence et surveillance selon le contexte.
  • Antécédents cardiovasculaires : un surrisque cardiovasculaire a été décrit par rapport à l’allopurinol. Le fébuxostat est à éviter en cas de maladie cardiovasculaire importante préexistante (cardiopathie ischémique, insuffisance cardiaque) sauf absence d’alternative ; le choix et la surveillance relèvent du prescripteur.
  • Crise au démarrage : ce n’est pas une interaction médicamenteuse au sens strict, mais l’effet le plus fréquent à connaître pour ne pas affoler le patient.

Grossesse / allaitement

  • Grossesse : données limitées, utilisation déconseillée. La goutte concernant surtout l’homme et la femme après la ménopause, la situation est rare ; en cas de désir de grossesse ou de grossesse, renvoyer vers le prescripteur.
  • Allaitement : données insuffisantes sur le passage dans le lait, l’allaitement est déconseillé pendant le traitement. Décision au cas par cas avec le médecin.

Conseils de comptoir

  • Bien expliquer la logique du traitement de fond : on ne ressent rien, mais on protège les articulations sur la durée. L’observance est le vrai enjeu, beaucoup l’arrêtent parce qu’ils n’ont plus mal.
  • Rassurer sur les crises possibles au début : ce n’est pas un échec du traitement, c’est attendu, et la couverture anti-inflammatoire est là pour ça.
  • Rappeler les mesures de fond associées : hydratation suffisante, limitation de l’alcool (surtout la bière) et des aliments très riches en purines, prise en charge du surpoids. Le médicament ne fait pas tout.
  • Surveiller la tolérance : signaler toute éruption cutanée (rares réactions cutanées graves décrites), des troubles digestifs ou des anomalies hépatiques au bilan. Vigilance accrue si le patient a déjà fait une réaction cutanée sous allopurinol. Un suivi biologique est prévu par le prescripteur.
  • Ne pas confondre traitement de la crise et traitement de fond : si le patient vient pour une crise aiguë, le fébuxostat n’est pas la réponse du moment.

Teste-toi

Question 1 / 3
Un patient sous fébuxostat depuis trois semaines revient en disant qu'il a fait une crise de goutte et veut arrêter le traitement. Tu lui dis quoi ?
On le rassure : déclencher des crises en début de traitement est fréquent et attendu, parce que la baisse de l'uricémie mobilise les dépôts d'urate. Ce n'est pas un signe que le médicament ne marche pas, c'est plutôt le signe qu'il agit. La bonne conduite : poursuivre le fébuxostat, traiter la crise avec ce que le médecin a prévu (souvent colchicine ou AINS), et ne surtout pas tout arrêter. On l'invite à en parler au prescripteur s'il n'a pas de couverture anti-inflammatoire prévue.

Mémo

Pour retenir

Le fébuxostat ferme le robinet de l’acide urique (xanthine oxydase bloquée), mais en vidant le stock il peut faire déborder au début : d’où la couverture anti-inflammatoire. Et un interdit à graver : jamais avec azathioprine ni mercaptopurine.

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Références bibliographiques

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Fiche publiée le 14 juin 2026
Sous la responsabilité éditoriale de Joseph Hobekkaya, docteur en pharmacie · La Juste Dose Pharma
Repères pédagogiques pour professionnels : toujours vérifier le RCP et les recommandations en vigueur.

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