Nadroparine

Héparine de bas poids moléculaire (HBPM) · Liste I · Voie sous-cutanée
Boîte illustrative de Nadroparine, médicament générique fictif aux couleurs de La Juste Dose. Image générée par IA.
Délivrance
2 / 4 · délivré régulièrement
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L'essentiel

Anticoagulant injectable par voie sous-cutanée, utilisé en prévention de la maladie thromboembolique veineuse (chirurgie, immobilisation, alitement à risque) et en traitement curatif des thromboses veineuses constituées, ainsi qu’en relais lors de certaines situations. Comme toutes les HBPM, la dose se raisonne selon l’indication (préventive ou curative) et, en curatif, selon le poids du patient.

Posologie

  • Préventif : une injection sous-cutanée par jour, à dose fixe selon le niveau de risque thrombotique, généralement débutée autour de l’intervention ou de l’épisode à risque.
  • Curatif : dose adaptée au poids, le plus souvent en deux injections par jour ; se reporter au RCP et à l’ordonnance pour la dose exacte exprimée en UI anti-Xa.
  • Insuffisance rénale : les HBPM s’accumulent quand la fonction rénale baisse. L’insuffisance rénale sévère contre-indique l’usage curatif ; en cas d’altération modérée, le prescripteur adapte ou surveille.
  • Modalités d’injection : sous-cutanée dans la ceinture abdominale, perpendiculairement, sans purger la bulle d’air des seringues préremplies, en alternant les sites.
Réflexe sécurité

Le risque majeur est hémorragique, accentué par l’insuffisance rénale (accumulation) et par l’association à d’autres molécules qui touchent l’hémostase. La thrombopénie induite par l’héparine (TIH) est rare mais grave : toute chute des plaquettes ou thrombose paradoxale sous traitement impose un avis médical urgent.

Interactions

  • Autres anticoagulants et antiagrégants : AVK, AOD, aspirine, clopidogrel, autres HBPM. Cumuler les agents qui agissent sur l’hémostase majore le risque de saignement ; toute superposition se justifie et se surveille.
  • AINS : majoration du risque hémorragique (effet antiagrégant et agression digestive). Association à éviter, surtout en curatif.
  • Corticoïdes à forte dose : risque hémorragique digestif accru lors de l’association.
  • Médicaments hyperkaliémiants : les héparines peuvent freiner la sécrétion d’aldostérone et favoriser une hyperkaliémie, à surveiller chez les patients à risque (insuffisance rénale, diabète, IEC, sartans, épargneurs de potassium).

Grossesse / allaitement

  • Grossesse : les HBPM ne passent pas la barrière placentaire et sont les anticoagulants de référence pendant la grossesse quand une anticoagulation est nécessaire ; la prescription et le suivi relèvent du spécialiste. Toujours se référer au RCP du produit délivré.
  • Allaitement : le passage dans le lait est négligeable et une absorption digestive par le nourrisson est très improbable ; l’allaitement est généralement considéré comme possible. Vérifier le RCP en vigueur.

Conseils de comptoir

  • Bien expliquer ou réexpliquer la technique d’injection : pli cutané dans le ventre, aiguille perpendiculaire, on ne chasse pas la bulle d’air de la seringue préremplie, on relâche le pli après l’injection et on alterne les côtés.
  • Bleus et petites ecchymoses au point d’injection sont fréquents et bénins ; en revanche, saignements inhabituels (gencives, urines, selles noires), maux de tête intenses ou hématome qui s’étend doivent faire consulter.
  • Sécurité des déchets : remettre une boîte à aiguilles (DASRI) et rappeler le circuit de récupération en pharmacie ; jamais d’aiguille à la poubelle ordinaire.
  • Chaîne du froid à vérifier selon le produit, et surtout ne pas interrompre le traitement de sa propre initiative : un arrêt prématuré relance le risque de thrombose.
  • Geste programmé (chirurgie, soin dentaire invasif, infiltration, ponction lombaire ou anesthésie péridurale ou rachidienne) : ne jamais réorganiser soi-même ses injections autour de l’acte ; le timing d’arrêt et de reprise se décide avec le prescripteur ou l’anesthésiste, car une HBPM trop proche d’un geste sur le rachis expose à un risque hémorragique grave.
  • Repère de tolérance : penser à la fonction rénale du sujet âgé et au plan de surveillance plaquettaire prévu par le prescripteur ; en cas de doute sur la dose ou le rythme, on appelle, on ne suppose pas.

Teste-toi

Question 1 / 3
Une dame de 82 ans présente une ordonnance de nadroparine en curatif, deux injections par jour. Elle te dit "de toute façon mes reins, ça fatigue un peu". Qu'est-ce qui doit t'alerter ?
La fonction rénale est le point clé des HBPM : elles s'éliminent par le rein et s'accumulent quand la clairance baisse, ce qui majore le risque hémorragique. À cet âge, la créatinine seule peut être trompeuse, c'est la clairance estimée qui compte. Le bon réflexe : s'assurer que le prescripteur a tenu compte de la fonction rénale, vérifier qu'un usage curatif n'est pas contre-indiqué par une insuffisance sévère, et tracer l'échange si un doute subsiste. On ne bloque pas par principe, on sécurise.

Mémo

Pour retenir

Trois lettres pour une HBPM : R.I.P. au comptoir, Rein (clairance, accumulation), Injection (bulle d’air qu’on ne chasse pas), Plaquettes (surveillance, risque de TIH). Si l’un des trois cloche, on lève le nez du comptoir.

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Références bibliographiques

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Fiche publiée le 14 juin 2026
Sous la responsabilité éditoriale de Joseph Hobekkaya, docteur en pharmacie · La Juste Dose Pharma
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