
« Une patiente vient de lire que le vaccin contre la grippe passe sur ordonnance obligatoire. Elle me demande si, du coup, on ne pourra plus la vacciner directement à la pharmacie cet automne. Je lui réponds quoi ? »Sam, préparateur · un vendredi de juillet
Tu peux la rassurer : elle pourra toujours se faire vacciner à l’officine, sans passer par son médecin. Depuis le 10 juillet 2026, les vaccins grippaux sont inscrits sur la liste I des substances vénéneuses (décision ANSM du 7 juillet, publiée le 9 juillet) : leur délivrance exige désormais une prescription. Mais comme le pharmacien fait partie des prescripteurs pour les 11 ans et plus, le parcours du patient ne change presque pas. Ce qui change, c’est le circuit au comptoir. Détail.
Ce que dit le texte
- Les vaccins contre la grippe saisonnière sont désormais soumis à prescription obligatoire : fini la remise d’une boîte sans aucune prescription formalisée.
- La prescription peut venir d’un médecin, d’une sage-femme, d’un infirmier ou d’un pharmacien. Pour les infirmiers, c’est l’une des suites logiques des arrêtés de juin 2026 sur la prescription infirmière.
- L’ANSM précise que les modalités d’accès à la campagne saisonnière restent inchangées, bon de prise en charge compris, et que les boîtes déjà fabriquées seront utilisées pour éviter toute tension.
Ce qui change concrètement pour toi
- Plus de délivrance « sèche » : chaque boîte de vaccin grippal sort avec une prescription. Si le patient arrive sans ordonnance, le pharmacien formé peut prescrire lui-même, puis délivrer (et vacciner dans la foulée si le patient le souhaite).
- Le rangement suit le statut : un médicament de liste I se gère comme tel, sous responsabilité pharmaceutique, hors de portée du public.
- La traçabilité reste la même qu’aujourd’hui pour l’acte vaccinal : inscription dans le carnet de santé, le carnet de vaccination ou le DMP (nom et prénom d’exercice du vaccinateur, nom du vaccin, date, numéro de lot), ou attestation remise au patient.
- La rémunération ne bouge pas : selon ameli.fr et la convention nationale des pharmaciens, 9,60 € TTC quand le pharmacien prescrit et administre, 7,50 € TTC pour l’injection seule sur prescription d’un autre professionnel.
Et à la rentrée ?
Autre dossier à suivre : la LFSS 2026 ouvre la possibilité, pour les médecins généralistes, sages-femmes et infirmiers, de stocker des doses de vaccins, commandées auprès des officines, pour vacciner sans que le patient passe chercher sa boîte. Le décret d’application (liste des vaccins concernés, conservation, traçabilité) n’est pas encore publié au 31 juillet 2026 ; la presse professionnelle évoque un démarrage à l’automne pour la grippe et le covid-19. L’USPO a posé publiquement le principe « mêmes droits, mêmes obligations » : enceinte réfrigérée qualifiée, traçabilité, gestion des lots. Le sujet est suivi de près par la profession ; on y reviendra quand les modalités pratiques seront publiées.
Le récap au comptoir
| La situation | Le réflexe |
|---|---|
| Patient de 11 ans et plus sans ordonnance, dès la campagne | Le pharmacien formé prescrit, délivre et peut vacciner dans la foulée : rien ne change pour le patient. |
| Ordonnance d’un médecin, d’une sage-femme ou d’un infirmier | Délivrance classique ; injection possible à l’officine (7,50 €). |
| Demande de boîte « sans rien » comme avant | Expliquer le passage en liste I : une prescription est désormais obligatoire, mais elle peut se faire sur place. |
| Bon de prise en charge de l’Assurance maladie | Toujours valable : les modalités de la campagne restent inchangées. La prescription, elle, se formalise au comptoir. |
Le passage en liste I encadre la délivrance du médicament ; il ne retire aucune compétence vaccinale à l’officine.
Les questions qui reviennent
Le patient doit-il repasser par son médecin pour se faire vacciner ?
Non. Le pharmacien formé peut prescrire et administrer les vaccins grippaux aux personnes de 11 ans et plus, ciblées ou non par les recommandations. La visite médicale n’est pas un préalable.
Pourquoi ce passage sur liste I ?
Il harmonise le circuit : tous les professionnels habilités (médecins, sages-femmes, pharmaciens, infirmiers) prescrivent désormais dans le même cadre, avec une traçabilité homogène de la délivrance.
Est-ce que ça vaut aussi pour les vaccins covid-19 ?
La décision de juillet 2026 vise les vaccins grippaux. Pour le covid-19, le pharmacien conserve ses compétences de prescription et d’administration dès 5 ans, dans le cadre en vigueur.
Que répondre à un patient inquiet d’une pénurie ?
L’ANSM a précisé que les boîtes déjà fabriquées seront utilisées et que l’accès à la campagne ne change pas : pas de raison d’anticiper une tension liée à ce reclassement.

La juste doserelu et validé par Joseph Hobekkaya, docteur en pharmacie
Un statut qui change, un parcours qui reste : c’est le message à faire passer. Au comptoir, la phrase qui rassure tient en une ligne : « Vous pouvez toujours vous faire vacciner ici, on s’occupe de la prescription. » Et en coulisses, on range désormais ces boîtes comme ce qu’elles sont devenues : des médicaments de liste I.
Sources
- ANSM, « Les vaccins contre la grippe désormais soumis à prescription obligatoire… » (9 juillet 2026), consulté le 31 juillet 2026.
- Ordre national des pharmaciens, relais de l’information (juillet 2026), consulté le 31 juillet 2026.
- Service-public.fr, compétences vaccinales des pharmaciens, consulté le 31 juillet 2026.
- Ameli.fr, « Vaccination par le pharmacien d’officine » (honoraires 7,50 € / 9,60 €), consulté le 31 juillet 2026.
- USPO, « Stockage de vaccins chez les médecins, sages-femmes et infirmiers : mêmes droits, mêmes obligations » (juillet 2026), consulté le 31 juillet 2026.
- Le Quotidien du Médecin, stockage de doses en cabinet dès octobre 2026, consulté le 31 juillet 2026.
Thomas, Inès et Sam sont des personnages pédagogiques fictifs qui font vivre les situations de comptoir.
Repères pédagogiques pour professionnels : toujours vérifier le RCP et les recommandations en vigueur.