Apixaban

Anticoagulant oral direct (AOD), inhibiteur direct du facteur Xa · Liste I · Voie orale
Délivrance
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L'essentiel

Anticoagulant oral direct qui inhibe directement le facteur Xa, sans surveillance biologique de routine de l’effet (pas d’INR à suivre comme avec un AVK). Ses indications usuelles : prévention de l’accident vasculaire cérébral et de l’embolie systémique dans la fibrillation atriale non valvulaire, traitement et prévention des récidives de la maladie thromboembolique veineuse (thrombose veineuse profonde, embolie pulmonaire), et prévention des événements thromboemboliques après chirurgie programmée de hanche ou de genou. Se prend en deux prises par jour, ce qui le distingue d’autres AOD pris une fois par jour.

Posologie

  • Adulte, fibrillation atriale : deux prises par jour, dose réduite chez certains patients selon des critères associant âge, poids et fonction rénale. La dose exacte et les critères de réduction relèvent du RCP et de la prescription.
  • Adulte, maladie thromboembolique veineuse : schéma usuel avec une dose d’attaque renforcée les premiers jours, puis une dose d’entretien, puis éventuellement une dose réduite en prévention prolongée. Se référer à l’indication portée sur l’ordonnance.
  • Insuffisance rénale : non recommandé en cas d’atteinte sévère (clairance très basse) ou de dialyse ; adaptation possible dans les formes moins sévères. La fonction rénale conditionne la dose et parfois la poursuite du traitement.
  • Enfant : il existe désormais une indication pédiatrique dans la maladie thromboembolique veineuse (de 28 jours à moins de 18 ans), avec des formes faiblement dosées et un schéma pondéral après au moins cinq jours d’anticoagulation injectable. Usage spécialisé, posologie à vérifier au RCP.
  • Modalités de prise : indifféremment au cours ou en dehors des repas, à heures régulières (matin et soir). Comprimé pouvant être écrasé et dispersé dans l’eau en cas de difficulté à avaler (vérifier les modalités du RCP).
Réflexe sécurité

Risque hémorragique, c’est LE point de vigilance. Tout saignement anormal (gencives, urines, selles noires, hématomes spontanés, règles très abondantes) doit alerter. Repérer les situations qui majorent le risque : insuffisance rénale, association à un autre médicament qui fluidifie le sang (antiagrégant, AINS, autre anticoagulant), chirurgie ou geste invasif à venir. On n’arrête jamais un anticoagulant de sa propre initiative : l’arrêt brutal expose à la thrombose.

Interactions

  • AINS, aspirine, antiagrégants plaquettaires : addition du risque hémorragique. Attention à l’automédication anti-inflammatoire et à l’aspirine demandée au comptoir.
  • Autres anticoagulants (AVK, héparines, autre AOD) : association contre-indiquée en dehors d’un relais encadré par le prescripteur ; cumul du risque de saignement.
  • Inhibiteurs puissants du CYP3A4 et de la P-gp (certains antifongiques azolés, certains antirétroviraux) : augmentation de l’exposition à l’apixaban, donc du risque hémorragique ; association non recommandée.
  • Inducteurs puissants (rifampicine, millepertuis, certains antiépileptiques) : baisse de l’exposition et risque de perte d’efficacité anticoagulante. Penser au millepertuis en phytothérapie ou complément.
  • Antidote spécifique : il existe un agent de réversion en milieu hospitalier pour les hémorragies graves ; ce n’est pas un sujet de comptoir mais un repère utile à connaître.

Grossesse / allaitement

  • Grossesse : non recommandé par manque de données ; on ne débute pas un AOD chez une femme enceinte. Devant un projet de grossesse ou une grossesse découverte sous traitement, orienter rapidement vers le prescripteur pour envisager une alternative adaptée.
  • Allaitement : données insuffisantes ; déconseillé. Une décision au cas par cas appartient au prescripteur, en pesant le bénéfice de l’allaitement et celui de l’anticoagulation.

Conseils de comptoir

  • Prise biquotidienne à respecter : matin et soir, à heures régulières. C’est le piège du comptoir, beaucoup pensent à un comprimé par jour comme pour d’autres anticoagulants.
  • Oubli de prise : ne jamais doubler la dose suivante. Conduite à tenir précisée dans la notice, en cas de doute renvoyer au prescripteur.
  • Saignements bénins fréquents (gencives, petits bleus) : tolérables et attendus, mais tout saignement abondant, prolongé ou inhabituel justifie un avis médical sans attendre.
  • Prévenir tout soignant que l’on est sous anticoagulant : dentiste, chirurgien, kinésithérapeute. Un geste invasif peut nécessiter une fenêtre d’arrêt programmée par le prescripteur.
  • Carte de surveillance anticoagulant : encourager à la porter sur soi, utile en cas d’urgence.
  • Vigilance automédication : décourager l’aspirine et les AINS pris seuls, ainsi que le millepertuis.

Teste-toi

Question 1 / 3
Un patient sous apixaban demande de l'ibuprofène pour un mal de dos. Tu fais quoi ?
On évite l'AINS : associé à un anticoagulant, il majore nettement le risque hémorragique (effet sur l'hémostase et agression de la muqueuse digestive). On propose le paracétamol en première intention, dans le respect de ses limites de dose. Si la douleur résiste ou se répète, on oriente vers le médecin plutôt que de laisser l'automédication s'installer.

Mémo

Pour retenir

Les AOD en -xaban (apixaban, rivaroxaban) bloquent le facteur Xa : le « xa » du nom rappelle la cible. Et le réflexe apixaban tient en deux mots : deux prises par jour, saignement à surveiller.

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Références bibliographiques

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Fiche publiée le 14 juin 2026
Sous la responsabilité éditoriale de Joseph Hobekkaya, docteur en pharmacie · La Juste Dose Pharma
Repères pédagogiques pour professionnels : toujours vérifier le RCP et les recommandations en vigueur.

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