Amlodipine

Inhibiteur calcique (dihydropyridine) · Liste I · Voie orale
Boîte illustrative de Amlodipine, médicament générique fictif aux couleurs de La Juste Dose. Image générée par IA.
Délivrance
4 / 4 · très courant
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L'essentiel

Inhibiteur calcique de la famille des dihydropyridines, utilisé au long cours dans l’hypertension artérielle et l’angor (stable ou vasospastique). Il agit en relâchant les muscles lisses des artères, ce qui abaisse la pression et améliore l’apport en oxygène au cœur. Sa longue durée d’action permet une seule prise par jour, ce qui en fait un antihypertenseur très utilisé, souvent associé à un IEC, un sartan ou un diurétique.

Posologie

  • Adulte (HTA et angor) : le plus souvent 5 mg en une prise par jour, avec une augmentation possible jusqu’à 10 mg/jour selon la réponse.
  • Sujet âgé : initiation prudente, en commençant en général par la dose la plus faible.
  • Insuffisance hépatique : initiation à faible dose et augmentation prudente (élimination ralentie).
  • Modalités de prise : une prise par jour, à heure régulière, indifféremment par rapport aux repas. Pas d’arrêt brutal sans avis médical.
Réflexe sécurité

Les œdèmes des chevilles sont l’effet indésirable phare de l’amlodipine : ils sont dose-dépendants, fréquents et bénins, mais souvent mal vécus. Bien les expliquer évite un arrêt sauvage du traitement. En revanche, devant un essoufflement, une prise de poids rapide ou un œdème qui remonte, on oriente vers le médecin.

Interactions

  • Simvastatine : l’amlodipine augmente son exposition ; la dose de simvastatine est limitée (20 mg/jour maximum en cas d’association) pour réduire le risque musculaire.
  • Inhibiteurs puissants du CYP3A4 (certains antifongiques azolés, certains macrolides, antiprotéases) : majoration de l’effet de l’amlodipine, donc de l’hypotension et des œdèmes.
  • Autres antihypertenseurs : effet additif recherché en bithérapie, mais surveiller l’hypotension, surtout en début ou après majoration de dose.
  • Pamplemousse : son jus peut légèrement augmenter les concentrations d’amlodipine ; l’effet reste modeste et inconstant pour cette molécule, à signaler en cas de consommation régulière et importante.

Grossesse / allaitement

  • Grossesse : ce n’est pas l’antihypertenseur de référence pendant la grossesse, mais les données d’utilisation sont rassurantes et il peut être poursuivi ou prescrit si le médecin le juge nécessaire. Toute HTA de la femme enceinte relève d’un suivi spécialisé : ne jamais arrêter de soi-même.
  • Allaitement : passage dans le lait en faible quantité ; possible si besoin selon l’évaluation médicale, en surveillant le nourrisson. Toujours se référer à l’avis du prescripteur et au RCP.

Conseils de comptoir

  • Expliquer d’emblée les œdèmes des chevilles : c’est l’effet le plus fréquent, dose-dépendant et sans gravité dans la grande majorité des cas. Surélever les jambes peut aider ; un changement de molécule relève du médecin.
  • Bouffées de chaleur, rougeurs du visage, maux de tête et palpitations peuvent survenir en début de traitement et s’atténuent souvent ensuite.
  • L’effet sur la tension est progressif : insister sur la régularité, à heure fixe, et sur le fait de ne pas arrêter parce que « la tension est redevenue normale ».
  • Prudence au lever, surtout chez le sujet âgé ou en cas d’association d’antihypertenseurs : se relever doucement pour limiter les vertiges.
  • Signaler une consommation régulière de jus de pamplemousse : pour l’amlodipine l’effet reste modeste, mais cela complète le tableau des médicaments concernés par cette interaction.

Teste-toi

Question 1 / 3
Un patient vient renouveler son amlodipine et te dit, agacé, qu'il a « les chevilles qui gonflent » et qu'il pense tout arrêter. Tu fais quoi ?
On rassure d'abord : les œdèmes des chevilles sont l'effet indésirable le plus connu de l'amlodipine, dose-dépendant et le plus souvent bénin. On explique que ce n'est pas de la rétention d'eau « classique » et qu'un diurétique n'est pas la solution. Surélever les jambes peut soulager. Surtout, on déconseille l'arrêt brutal et on propose d'en parler au médecin, qui pourra réévaluer la dose ou la molécule. On reste vigilant si l'œdème s'accompagne d'essoufflement ou de prise de poids rapide : là, on oriente sans attendre.

Mémo

Pour retenir

Le suffixe -dipine signe les inhibiteurs calciques dihydropyridines (amlodipine, lercanidipine, nicardipine…). Et le réflexe à retenir tient en un mot : chevilles. Œdème des chevilles = effet phare de l’amlodipine, à expliquer plutôt qu’à subir.

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Références bibliographiques

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Fiche publiée le 13 juin 2026
Sous la responsabilité éditoriale de Joseph Hobekkaya, docteur en pharmacie · La Juste Dose Pharma
Repères pédagogiques pour professionnels : toujours vérifier le RCP et les recommandations en vigueur.

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