Racécadotril

Antidiarrhéique antisécrétoire (inhibiteur de l'enképhalinase) · Médication officinale chez l'adulte (Tiorfan 100 mg, hors liste) · Voie orale
Boîte illustrative de Racécadotril, médicament générique fictif aux couleurs de La Juste Dose. Image générée par IA.
Délivrance
2 / 4 · délivré régulièrement
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L'essentiel

Traitement symptomatique de la diarrhée aiguë chez l’adulte et l’enfant, en complément de la réhydratation et des mesures diététiques. Le racécadotril agit en réduisant l’hypersécrétion d’eau et d’électrolytes dans l’intestin, sans ralentir le transit. C’est sa différence majeure avec le lopéramide : il limite les selles liquides sans bloquer la motricité, ce qui le rend intéressant quand on veut éviter de figer le tube digestif. Il ne dispense jamais de la réhydratation, qui reste le pilier du traitement, surtout chez le jeune enfant et la personne âgée.

Posologie

  • Adulte : une prise au moment du diagnostic, puis une avant les trois repas principaux, le plus souvent jusqu’à arrêt de la diarrhée, sans dépasser quelques jours de traitement (se référer au RCP pour la durée maximale).
  • Enfant et nourrisson : formes pédiatriques en sachets réservées au nourrisson à partir de l’âge prévu par le RCP, posologie rapportée au poids et répartie sur la journée, toujours associée à une solution de réhydratation orale (SRO). Vérifier le dosage du sachet délivré.
  • Modalités de prise : de préférence avant les repas ; les sachets pédiatriques se mélangent dans un aliment, de l’eau ou un biberon, à consommer aussitôt.
  • Durée : traitement court ; si la diarrhée persiste au-delà de quelques jours, réévaluation médicale nécessaire.
Réflexe sécurité

Le racécadotril traite le symptôme, pas la cause, et ne remplace jamais la réhydratation. Signaux d’alarme qui imposent un avis médical sans attendre : sang ou glaires dans les selles, fièvre élevée, diarrhée qui dure, vomissements empêchant de boire, signes de déshydratation (soif intense, urines rares et foncées, fontanelle creusée ou enfant somnolent chez le nourrisson). Des angio-œdèmes, parfois retardés, ont été rapportés : devant un gonflement du visage, des lèvres ou de la gorge, on arrête et on oriente en urgence.

Interactions

  • Inhibiteurs de l’enzyme de conversion (IEC) : risque majoré d’angio-œdème lorsqu’ils sont associés au racécadotril (voies de dégradation des kinines communes) ; prudence et information du patient sur ce signe.
  • Inhibiteurs de mTOR (sirolimus, évérolimus) et autres molécules connues pour favoriser un angio-œdème : même vigilance sur le risque cumulé ; se référer au RCP pour la liste à jour.
  • Lopéramide, antisécrétoires intestinaux : pas d’intérêt à les associer, mécanismes voisins ou redondants ; on choisit l’un ou l’autre selon le contexte.

Grossesse / allaitement

  • Grossesse : par prudence, on évite de l’utiliser pendant la grossesse faute de données suffisantes ; renvoyer au médecin, et rappeler que la réhydratation reste la priorité. Se référer au RCP en vigueur.
  • Allaitement : données limitées ; l’utilisation n’est pas recommandée chez la femme qui allaite. Orienter vers un avis médical.

Conseils de comptoir

  • Le message numéro un, à répéter à chaque délivrance : boire, boire, boire. Chez le jeune enfant, c’est la solution de réhydratation orale qui sauve, pas l’antidiarrhéique.
  • Bon profil de tolérance d’ensemble ; les effets le plus souvent rapportés sont des maux de tête et parfois des manifestations cutanées. Signaler tout gonflement du visage ou éruption inhabituelle.
  • Atout par rapport au lopéramide : il ne provoque pas de constipation rebond ni de blocage du transit, utile quand on craint de figer une diarrhée d’origine infectieuse.
  • Conseils diététiques classiques : repas fractionnés, riz, carotte, banane, éviter pour un temps fibres crues, laitages et plats gras ou épicés.
  • Si la diarrhée s’accompagne de sang, de fièvre, ou ne cède pas en deux à trois jours, on ne renouvelle pas en automédication : direction le médecin.

Teste-toi

Question 1 / 3
Une mère vient pour son nourrisson de 9 mois qui a la diarrhée depuis hier, on lui a conseillé un sachet de racécadotril pédiatrique. Quel est ton réflexe au comptoir ?
Avant même de parler du médicament, on vérifie l'essentiel : l'enfant boit-il, mouille-t-il ses couches, est-il tonique ? La pierre angulaire chez le nourrisson, c'est la solution de réhydratation orale, à proposer largement et souvent. Le racécadotril vient en complément, jamais à la place. On rappelle le dosage au poids, on montre comment diluer le sachet et le consommer aussitôt. Et on fixe les signaux qui doivent ramener vers le médecin sans attendre : sang dans les selles, fièvre, refus de boire, somnolence, fontanelle creuse.

Mémo

Pour retenir

Le racécadotril assèche sans freiner : il coupe l’hypersécrétion intestinale au lieu de bloquer le transit comme le lopéramide. Deux mots à ne jamais lâcher avec lui : réhydratation d’abord, et angio-œdème à surveiller, surtout sous IEC.

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Références bibliographiques

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Fiche publiée le 14 juin 2026
Sous la responsabilité éditoriale de Joseph Hobekkaya, docteur en pharmacie · La Juste Dose Pharma
Repères pédagogiques pour professionnels : toujours vérifier le RCP et les recommandations en vigueur.

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