Lercanidipine

Inhibiteur calcique dihydropyridine · Liste I · Voie orale
Boîte illustrative de Lercanidipine, médicament générique fictif aux couleurs de La Juste Dose. Image générée par IA.
Délivrance
2 / 4 · délivré régulièrement
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L'essentiel

Inhibiteur calcique de la famille des dihydropyridines (les molécules en -dipine), indiqué dans le traitement de l’hypertension artérielle essentielle de l’adulte. Il agit en relâchant les muscles des artères, ce qui fait baisser la pression. Sa particularité par rapport à des dihydropyridines plus anciennes : une action progressive et une vasosélectivité qui limitent en théorie la fréquence des œdèmes des chevilles, l’effet indésirable typique de la classe.

Posologie

  • Adulte : en général 10 mg par jour en une prise, avec une augmentation possible à 20 mg par jour selon la réponse tensionnelle et la tolérance.
  • Modalités de prise : à prendre de préférence le matin, au moins 15 minutes avant un repas. La prise pendant un repas riche en graisses augmente fortement l’absorption et donc l’exposition, d’où l’intérêt d’un horaire régulier à jeun.
  • Sujet âgé : pas d’adaptation systématique de la dose, mais prudence à l’instauration et à chaque augmentation.
  • Insuffisance rénale ou hépatique légère à modérée : prudence, en particulier au moment d’augmenter la dose. Atteinte sévère et autres contre-indications : se reporter au RCP.
Réflexe sécurité

Pas de pamplemousse avec la lercanidipine, ni le fruit ni le jus. Le pamplemousse inhibe le CYP3A4 qui métabolise la molécule : l’exposition grimpe, avec un risque d’hypotension excessive, au point que le RCP la cite comme une association à proscrire. Le réflexe au comptoir : le signaler systématiquement, comme pour les autres dihydropyridines et de nombreux médicaments métabolisés par cette voie.

Interactions

  • Ciclosporine : association contre-indiquée, hausse marquée des concentrations des deux médicaments. Si tu la vois sur un même dossier, tu alertes le prescripteur.
  • Inhibiteurs puissants du CYP3A4 (certains antifongiques azolés type kétoconazole ou itraconazole, certains macrolides, certains antirétroviraux) : forte augmentation de l’exposition à la lercanidipine, association à éviter voire contre-indiquée selon les cas. Vérifier le RCP.
  • Inducteurs du CYP3A4 (certains antiépileptiques, la rifampicine) : risque de baisse d’efficacité antihypertensive.
  • Pamplemousse : à proscrire (jus et fruit), majoration de l’effet hypotenseur.
  • Autres antihypertenseurs et médicaments hypotenseurs : addition des effets sur la pression, à prendre en compte notamment chez le sujet âgé.

Grossesse / allaitement

  • Grossesse : non recommandée. Les données chez la femme enceinte sont limitées et d’autres antihypertenseurs mieux évalués existent pendant la grossesse. Toute découverte de grossesse sous traitement justifie une réévaluation par le prescripteur.
  • Allaitement : non recommandé, faute de données suffisantes sur le passage dans le lait. En pratique, on oriente vers le médecin pour choisir une alternative compatible.

Conseils de comptoir

  • Bien rappeler l’horaire de prise : le matin, à jeun, au moins 15 minutes avant le repas. C’est un vrai point de conseil, l’efficacité et la tolérance en dépendent.
  • Les œdèmes des chevilles sont l’effet le plus parlant de la classe : si le patient les signale, ce n’est pas une rétention d’eau à traiter par un diurétique pris seul, mais un effet de la dihydropyridine à faire évaluer par le médecin.
  • Bouffées de chaleur, rougeurs du visage, maux de tête, palpitations sont possibles surtout en début de traitement et s’atténuent souvent ensuite. Rassurer sans banaliser, et signaler si cela persiste ou gêne.
  • Ne pas arrêter brutalement de soi-même : c’est un traitement de fond de l’hypertension, souvent silencieuse. Encourager l’observance et le suivi de la pression artérielle.
  • Prévenir vertiges ou sensation de tête qui tourne, surtout au lever et en début de traitement : se relever doucement.

Teste-toi

Question 1 / 3
Un patient à qui tu délivres de la lercanidipine te dit qu'il boit un grand verre de jus de pamplemousse chaque matin au petit-déjeuner. Tu fais quoi ?
C'est exactement le réflexe à avoir. Le pamplemousse bloque le CYP3A4, l'enzyme qui dégrade la lercanidipine : son taux dans le sang augmente, avec un risque d'hypotension excessive (vertiges, malaise). On lui explique simplement de remplacer ce jus par un autre, et on l'invite à le signaler pour ses autres traitements éventuels. Le pamplemousse interagit avec beaucoup de molécules métabolisées par cette voie.

Mémo

Pour retenir

Le suffixe -dipine signe les inhibiteurs calciques dihydropyridines (amlodipine, nicardipine, lercanidipine). Trois mots à associer à la classe : chevilles qui gonflent, pamplemousse à éviter, comprimé à jeun le matin.

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Références bibliographiques

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Fiche publiée le 14 juin 2026
Sous la responsabilité éditoriale de Joseph Hobekkaya, docteur en pharmacie · La Juste Dose Pharma
Repères pédagogiques pour professionnels : toujours vérifier le RCP et les recommandations en vigueur.

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