Halopéridol

Antipsychotique de première génération (butyrophénone) · Liste I · Voie orale ou injectable
Boîte illustrative de Halopéridol, médicament générique fictif aux couleurs de La Juste Dose. Image générée par IA.
Délivrance
2 / 4 · délivré régulièrement
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L'essentiel

Neuroleptique « classique » de référence, antagoniste dopaminergique D2 puissant. Indiqué dans les états psychotiques aigus et chroniques (schizophrénie, troubles schizo-affectifs), certains délires, les épisodes maniaques, l’agitation psychomotrice et l’agressivité (notamment dans certaines démences), ainsi que les tics de la maladie de Gilles de la Tourette. En soins palliatifs, il reste très utilisé à faible dose pour les nausées rebelles et le délire ou l’agitation de fin de vie, mais ces usages sont hors AMM (recommandations de pratique). Les solutions buvables en gouttes permettent un ajustement fin de la dose.

Posologie

  • Adulte : posologie très variable selon l’indication et la sévérité, ajustée progressivement par le prescripteur ; on cherche la dose minimale efficace. Toujours se référer à l’ordonnance et au RCP.
  • Sujet âgé : doses initiales nettement réduites, prudence renforcée (sensibilité accrue aux effets extrapyramidaux et au risque cardiaque).
  • Insuffisance rénale ou hépatique : adaptation et surveillance nécessaires.
  • Solution buvable en gouttes : bien compter les gouttes selon la prescription ; ne pas confondre les dosages. Prise possible pendant ou en dehors des repas.
Réflexe sécurité

Risque d’allongement de l’intervalle QT et de troubles du rythme (jusqu’aux torsades de pointes), surtout à fortes doses, par voie injectable, chez le sujet âgé ou en cas d’hypokaliémie. L’association à un autre médicament qui allonge le QT est une contre-indication, pas une simple précaution : il faut la repérer. On vérifie aussi l’absence de QT long connu, d’antécédent d’arythmie ou d’hypokaliémie. Tout malaise, palpitation ou syncope doit alerter.

Interactions

  • Autres médicaments allongeant le QT : antiarythmiques, certains antibiotiques (macrolides, fluoroquinolones), autres neuroleptiques, méthadone, etc. : addition des risques rythmiques, l’association est contre-indiquée selon le RCP.
  • Dépresseurs du système nerveux central : alcool, benzodiazépines, opioïdes, antihistaminiques sédatifs : majoration de la somnolence et de la sédation.
  • Lévodopa et agonistes dopaminergiques : antagonisme réciproque, l’halopéridol bloque l’effet du traitement antiparkinsonien (et la maladie de Parkinson est elle-même une contre-indication de l’halopéridol).
  • Médicaments hypokaliémiants (certains diurétiques, laxatifs stimulants) : l’hypokaliémie majore le risque de torsades de pointes.

Grossesse / allaitement

  • Grossesse : n’est utilisé que si le bénéfice le justifie, sur décision spécialisée ; en cas d’exposition en fin de grossesse, surveiller le nouveau-né (signes extrapyramidaux, sédation, troubles de l’adaptation). Ne jamais arrêter un traitement de fond sans avis médical.
  • Allaitement : passage dans le lait maternel ; allaitement généralement déconseillé ou à n’envisager qu’après avis médical, en surveillant le nourrisson (somnolence, difficultés de succion).

Conseils de comptoir

  • Contre-indications à connaître pour réagir au comptoir : maladie de Parkinson, démence à corps de Lewy, paralysie supranucléaire progressive (un anti-D2 aggrave ces tableaux), état comateux ou forte dépression du système nerveux central, et tout terrain de QT long ou d’arythmie. En cas de doute sur le dossier, on lève le nez.
  • Ne jamais arrêter brutalement de soi-même : l’observance est centrale et l’arrêt se fait toujours avec le prescripteur.
  • Effets extrapyramidaux fréquents (raideur, tremblements, lenteur, mouvements anormaux, impatience des jambes) : à signaler, ils sont souvent gérables (ajustement de dose ou correcteur).
  • Somnolence possible en début de traitement : prudence au volant et avec les machines tant que la tolérance n’est pas connue.
  • Prévenir en cas de fièvre inexpliquée avec sueurs, rigidité et confusion : signaux à ne pas banaliser (syndrome malin des neuroleptiques, rare mais grave, orienter sans délai).
  • Sur un traitement au long cours, le suivi régulier (clinique, cardiaque, biologique selon le contexte) fait partie de la prise en charge : encourager à ne pas le négliger.

Teste-toi

Question 1 / 3
Une personne âgée vient chercher de l'halopéridol en gouttes, et tu repères sur son dossier une ordonnance récente de macrolide pour une infection. Qu'est-ce qui te fait lever le nez ?
Les deux molécules allongent l'intervalle QT, et le risque s'additionne, d'autant que l'âge avancé est déjà un facteur de risque rythmique. Ce n'est pas une simple précaution : selon le RCP, associer l'halopéridol à un médicament qui allonge le QT est contre-indiqué. On ne dramatise pas devant le patient, mais on ne laisse pas passer : on contacte le prescripteur pour qu'il arbitre (autre antibiotique, surveillance, suspension temporaire), et on trace l'intervention. C'est tout l'intérêt de l'analyse pharmaceutique.

Mémo

Pour retenir

Trois lettres pour les vigilances de l’halopéridol : QED. Q comme QT (cœur et torsades, association torsadogène contre-indiquée), E comme Extrapyramidal (raideur, tremblements, mouvements anormaux), D comme Dopamine (c’est un anti-D2 puissant, d’où ses effets, son antagonisme avec la lévodopa et sa contre-indication dans la maladie de Parkinson et la démence à corps de Lewy).

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Références bibliographiques

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Fiche publiée le 14 juin 2026
Sous la responsabilité éditoriale de Joseph Hobekkaya, docteur en pharmacie · La Juste Dose Pharma
Repères pédagogiques pour professionnels : toujours vérifier le RCP et les recommandations en vigueur.

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