Préparation magistrale · Le pas-à-pas d’Aisha

Magistrale, officinale, hospitalière

Carte mentale du domaine · Qui prépare quoi, et dans quel cadre
Aisha, préparatrice te déroule le geste, étape par étape. La validation et la libération restent signées par le pharmacien.
Aisha lit attentivement une ordonnance au comptoir, un ouvrage de référence ouvert à côté. Image générée par IA
Difficulté du geste 1 / 4 — pas de geste ici, mais le socle sur lequel tout le reste s’appuie

Le contexte

Avant de préparer quoi que ce soit, il faut savoir de quoi on parle. « Préparation », le mot recouvre plusieurs réalités qui n’obéissent pas aux mêmes règles : la magistrale, l’officinale, l’hospitalière. Les confondre, c’est risquer de faire à l’officine ce qui n’y a pas sa place.

Cette fiche n’a pas de pas-à-pas au mortier : c’est la carte mentale du domaine. Elle pose les définitions et le partage des rôles, pour que toutes les autres fiches préparations s’y rattachent.

Avant de commencer

  • Le réflexe de départ : devant une demande de préparation, se demander d’abord de quel type il s’agit et si l’officine a le droit et les moyens de la réaliser.
  • Les définitions légales figurent à l’article L.5121-1 du Code de la santé publique : c’est la référence à connaître.
  • Le cadre de réalisation est fixé par les bonnes pratiques de préparation de l’ANSM, opposables depuis le 20 septembre 2023.
  • Le principe qui prime : on ne prépare que si aucune spécialité adaptée n’existe pour répondre au besoin du patient.
Réflexe sécurité

Une préparation ne se réalise pas par habitude : elle suppose qu’aucune spécialité commercialisée n’apporte la même réponse. Si une spécialité adaptée existe, la préparation n’a en principe pas lieu d’être. C’est le premier filtre, avant tout geste.

Le pas-à-pas

  1. La préparation magistrale

    C’est le médicament préparé selon une prescription destinée à un patient déterminé, parce qu’aucune spécialité adaptée n’existe. C’est le cœur de l’activité magistrale de l’officine (dose pédiatrique, association particulière).

    Point de contrôle : une ordonnance nominative, un patient identifié, un besoin non couvert par une spécialité.
    L’œil d’Aisha

    « Magistrale, retiens “sur mesure pour un patient”. C’est le costume taillé à la demande du médecin, pas le prêt-à-porter du rayon. »

  2. La préparation officinale

    C’est un médicament préparé en pharmacie selon une formule inscrite à la Pharmacopée ou au Formulaire national, destiné à être délivré aux patients de cette officine. Elle n’est pas taillée pour un seul patient : c’est une formule connue et référencée.

    Point de contrôle : une formule inscrite à la Pharmacopée ou au Formulaire national.
  3. La préparation hospitalière

    C’est une préparation réalisée par une pharmacie à usage intérieur, par lots, en l’absence de spécialité adaptée, pour les patients de l’établissement. Elle ne relève pas de l’officine : la connaître, c’est savoir où passe la frontière.

    Point de contrôle : un cadre hospitalier (PUI), hors du périmètre de l’officine de ville.
  4. Ce que l’officine peut réaliser, et ce qu’elle sous-traite

    L’officine réalise les préparations pour lesquelles elle dispose des locaux, du matériel et des compétences requis par les bonnes pratiques. Au-delà (préparations stériles, à risque particulier), elle peut sous-traiter à une officine ou un établissement autorisé.

    Point de contrôle : moyens conformes aux BPP pour la préparation envisagée ; sinon, sous-traitance.
    L’œil d’Aisha

    « Savoir dire “ça, on ne le fait pas ici, on sous-traite”, c’est aussi de la compétence. Préparer sans les moyens adaptés, ce n’est pas rendre service, c’est prendre un risque. »

La validation du pharmacien

Le pharmacien reste le décideur : c’est lui qui apprécie la faisabilité, engage la réalisation ou choisit la sous-traitance, et libère la préparation.

Le préparateur repère, propose, prépare sous son contrôle. Sur le plan pharmaceutique, la décision finale ne se délègue pas.

Le point qui sauve

La question à se poser en premier n’est pas « comment je prépare ? » mais « est-ce qu’on prépare, et est-ce à nous de le faire ? ». Type de préparation, existence d’une spécialité adaptée, moyens disponibles : ces trois filtres se passent avant le premier geste.

Une fois le cadre posé, les fiches gestes (gélules, liquides, crèmes, suppositoires) prennent le relais.

Teste-toi

Question 1 / 3
Quelle différence entre une préparation magistrale et une préparation officinale ?
La magistrale est préparée pour un patient déterminé sur prescription, parce qu’aucune spécialité adaptée n’existe (du sur-mesure). L’officinale suit une formule inscrite à la Pharmacopée ou au Formulaire national et est destinée aux patients de l’officine (une formule connue et référencée, pas taillée pour un seul patient). Les deux se réalisent à l’officine, mais ne partent pas du même point.

Mémo

Pour retenir

Trois mots à ne pas confondre : magistrale (sur mesure pour un patient), officinale (formule de la Pharmacopée), hospitalière (PUI, par lots). Et un filtre avant tout geste : on ne prépare que si aucune spécialité adaptée n’existe, et seulement avec les moyens requis.

Lire les BPP 2023 (nouvel onglet)
Pas-à-pas d’Aisha · contrôle pharmaceutique Inès / Thomas · La Juste Dose Pharma
Repères pédagogiques pour professionnels : toujours vérifier les bonnes pratiques de préparation en vigueur et la fiche de fabrication de l’officine.

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