Prévention, voyage et environnement

Mal des transports

Deux enfants, deux âges, deux formes, et un conducteur qui ne prend rien : le mal des transports se prévient d'abord par la place et le regard.
Dessin au trait continu : une route sinueuse vue à travers un pare-brise, vers l'horizon. Illustration générée par IA.
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L'essentiel

Le mal des transports naît d’un conflit entre l’oreille interne, qui perçoit le mouvement, et les yeux, qui disent que rien ne bouge. Il touche surtout l’enfant de 2 à 12 ans et s’améliore souvent à l’adolescence. Le vrai traitement est la prévention : place, regard sur la route, repas léger, air frais. Le médicament vient en appoint, avec une forme adaptée à chaque âge. Les antihistaminiques utilisés portent le pictogramme de conduite de niveau 2 : celui qui conduit n’en prend pas.

Comprendre

  • Le mécanisme : l’oreille interne sent les virages et le tangage, tandis que les yeux fixés sur un livre ou un écran signalent l’immobilité. Le cerveau reçoit deux messages contradictoires et déclenche le malaise : pâleur, sueurs, nausées, vomissements.
  • Qui est concerné : surtout l’enfant de 2 à 12 ans ; c’est rare avant 2 ans et cela s’améliore souvent à l’adolescence. La femme enceinte et la personne migraineuse y sont plus sensibles.
  • Les circonstances : voiture, bateau, avion, train, manèges. Aggravent le malaise : air enfumé, odeurs d’essence, ventre trop plein ou trop vide, lecture, écrans, place à l’arrière.
  • Le conducteur : il est rarement malade, parce qu’il regarde la route et anticipe les virages. Le style de conduite pèse lourd sur les passagers, surtout les enfants.

Les bonnes questions

  1. Pour qui est-ce, et quel âge exactement ?L’âge décide de la molécule et de la forme : diménhydrinate en sirop dès 2 ans, en sachets de 6 à 15 ans, en gélule adulte à partir de 15 ans ; diphénhydramine en comprimé sécable dès 2 ans. Avant 2 ans, rien au comptoir.
  2. Vomit-il aussi en dehors des trajets ? A-t-il de la fièvre, mal à la tête, à l’oreille, au ventre ?Un enfant qui vomit ailleurs qu’en voiture ou qui est fébrile ne relève plus du mal des transports : c’est le médecin.
  3. Combien de temps dure le trajet ?Il détermine si une seule prise suffit ou s’il faudra renouveler, selon la notice, sans dépasser la dose maximale du jour.
  4. Avez-vous un glaucome, des troubles urinaires liés à la prostate, un traitement en cours ?Les antihistaminiques du mal des transports ont des effets atropiniques : glaucome par fermeture de l’angle et risque de rétention urinaire les contre-indiquent.
  5. Êtes-vous enceinte ou allaitez-vous ?Le diménhydrinate n’est pas contre-indiqué pendant la grossesse selon le CRAT, mais au comptoir on reste prudent : on privilégie les gestes et on oriente si un traitement se discute. Pour l’allaitement, la notice le déconseille ; le CRAT admet une prise isolée.
  6. Qui conduit ?Pictogramme de niveau 2 : somnolence et baisse de vigilance, aggravées par l’alcool. Le conducteur ne prend rien.

Les limites du conseil

Orienter vers le médecin
  • Enfant de moins de 2 ans qui vomit : ce n’est pas un mal des transports, et aucun de ces antihistaminiques n’est utilisable.
  • Enfant qui vomit en dehors des trajets, avec fièvre, maux de tête ou douleur d’oreille.
  • Adulte avec vertiges vrais, baisse d’audition ou bourdonnements : l’oreille interne est en cause, pas le voyage.
  • Femme enceinte ou qui allaite qui aurait besoin de prises répétées : avis médical.
  • Glaucome par fermeture de l’angle, troubles urinaires prostatiques : antihistaminiques contre-indiqués.
  • Demande de patch de scopolamine : il est sur ordonnance, réservé aux 15 ans et plus.

Que proposer

Le diménhydrinate, selon l’âge

Sans ordonnance, mais plus en accès libre. Sirop dès 2 ans ; sachets de 6 à 15 ans ; gélule adulte à partir de 15 ans, qui ne s’ouvre pas et ne se partage pas. Il n’existe pas de comprimé enfant de diménhydrinate seul : le comprimé associé à la caféine, utilisable dès 6 ans selon sa notice, ne se prend pas après 16 heures. Première prise 30 minutes avant le départ, renouvellement seulement si le trajet est long, selon la notice, sans dépasser la dose du jour. Sirop et sachets contiennent de l’alcool et du sucre : à lire sur la notice chez le diabétique ou l’épileptique. Jamais deux antihistaminiques du mal des transports ensemble.

La diphénhydramine orale

Autre antihistaminique sans ordonnance, avec sa propre notice : comprimé sécable dès 2 ans (de 2 à 6 ans, un demi-comprimé écrasé), doses selon l’âge, plus de 6 heures entre deux prises, pictogramme de niveau 2. Contrairement à la gélule de diménhydrinate, ce comprimé-là se coupe.

Gingembre et bracelets

Le gingembre a un usage établi en prévention chez l’adulte et un usage traditionnel chez l’enfant à partir de 6 ans, avec des preuves modestes ; pas avant 6 ans, ni pendant la grossesse ou l’allaitement ; prudence sous anticoagulant ou antiagrégant. Les bracelets d’acupression n’ont pas de preuve solide mais ne nuisent pas : un complément possible des gestes. Pas d’huile essentielle chez le jeune enfant ni chez la femme enceinte ou allaitante.

Ce qu’on ne propose pas

Rien pour le conducteur. Pas de gélule adulte coupée pour un enfant. Jamais de sirop « qui fait dormir » pour sédater un enfant pendant le voyage. Vigilance sur le mésusage : ces antihistaminiques sont détournés à forte dose par des adolescents ou de jeunes adultes (alerte ANSM de 2016) ; devant une demande insistante de plusieurs boîtes sans contexte de voyage, on questionne et on peut refuser.

Les conseils qui font la différence

  • Installer l’enfant face à la route, pour qu’il la voie devant lui ; ne déplacer le siège auto que là où il se fixe correctement selon sa notice.
  • Regarder l’horizon, pas les voitures qui défilent sur le côté ; pas de livre ni d’écran, remplacés par de la musique, une histoire audio ou des jeux qui regardent dehors.
  • Repas léger avant le départ, jamais à jeun ; pendant le trajet, fractionner : biscuit sec, eau, pas de soda ni de gras.
  • Aérer, éviter le parfum d’ambiance et la cigarette, faire une pause toutes les deux heures.
  • Garder un sac à portée de main : il évite la panique, qui aggrave la nausée.
  • Pour le conducteur : conduite souple, freinages doux, virages anticipés.

Terrains particuliers

  • Enfant : Rare avant 2 ans, et rien au comptoir à cet âge. Sirop de diménhydrinate dès 2 ans, sachets de 6 à 15 ans ; gingembre pas avant 6 ans. On ne sédate jamais un enfant pour un voyage.
  • Grossesse et allaitement : La femme enceinte est plus sensible au mal des transports. Les gestes d’abord ; le diménhydrinate n’est pas contre-indiqué selon le CRAT, mais des prises répétées se discutent avec le médecin. Allaitement : la notice le déconseille, le CRAT admet une prise isolée. Ni gingembre ni huile essentielle.
  • Sujet âgé : Vérifier glaucome par fermeture de l’angle et troubles urinaires prostatiques avant tout antihistaminique ; attention à la somnolence.

La juste dose en 3 réflexes

  1. Deux enfants, deux âges, deux formes : sirop dès 2 ans, sachets dès 6 ans, gélule adulte à 15 ans, et une gélule ne s’ouvre pas, ne se partage pas.
  2. Trente minutes avant le départ, renouvellement selon la notice, et jamais pour celui qui conduit : pictogramme de niveau 2.
  3. Les yeux sur la route, pas d’écran, un repas léger, une conduite souple : ça vaut un comprimé.

Teste-toi

Question 1 / 4
Un père part demain avec ses enfants de 4 et 9 ans. Il veut une seule boîte de gélules adulte « à couper en deux pour les petits » et en prendre une lui-même avant de conduire. Que réponds-tu ?
Non sur les deux points. La gélule adulte est réservée aux 15 ans et plus : on ne l'ouvre pas, on ne la partage pas. Le 4 ans prend le sirop, le 9 ans les sachets enfant, chacun à la dose de sa notice, 30 minutes avant le départ. Le père conduit : pictogramme de niveau 2, il ne prend rien.
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Références

  • Base de données publique des médicaments, RCP et notices des spécialités de diménhydrinate (sirop, sachets, comprimé associé à la caféine, gélules adulte), 2026
  • Base de données publique des médicaments, RCP de la diphénhydramine orale (mal des transports), 27 juillet 2018
  • Base de données publique des médicaments, notice de la scopolamine transdermique, 25 avril 2025
  • ANSM, décision du 13 octobre 2015 et point d'information du 21 mars 2016 sur le mésusage du diménhydrinate et de la diphénhydramine ; pictogrammes « conduite », 6 juin 2023
  • ameli.fr, « Mal des transports », 10 janvier 2025
  • EMA/HMPC, monographie Zingiberis rhizoma, révision 1, 7 mai 2025 Consulter (nouvel onglet)
  • CRAT, « Diménhydrinate : grossesse » et « Diménhydrinate : allaitement », 25 juillet 2024 Consulter (nouvel onglet)
Fiche publiée le 5 octobre 2026
Sous la responsabilité éditoriale de Joseph Hobekkaya, docteur en pharmacie · La Juste Dose Pharma
Repères pédagogiques pour professionnels : toujours vérifier le RCP et les recommandations en vigueur.

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