DPC : l’obligation triennale en pratique

« L’Ordre contrôle le DPC cette année, il paraît. Moi, préparateur, je suis concerné ? Et la titulaire, elle doit prouver quoi, exactement ? »Sam, préparateur · un lundi

Oui, tu es concerné : le développement professionnel continu (DPC) est une obligation légale pour tous les professionnels de santé, préparateurs compris. La période 2023-2025 s’est close fin 2025, son contrôle se joue en 2026, et le nouveau cycle 2026-2028 est ouvert. Voici qui doit quoi, comment le prouver, et ce qui change avec la certification périodique.

L’obligation, en clair

Le DPC (article L.4021-1 du code de la santé publique) se valide par périodes de trois ans : 2023-2025 s’est achevée fin 2025, 2026-2028 court depuis le 1er janvier 2026. Sont concernés les pharmaciens, quel que soit leur exercice, et les préparateurs (décret n° 2016-942). Sur chaque période, il faut justifier :

  • soit du parcours pluriannuel recommandé par le conseil national professionnel ;
  • soit d’un parcours combinant au moins deux des trois types d’actions : actualisation des connaissances (les « actions de formation continue » au sens du code de la santé publique), évaluation des pratiques professionnelles et gestion des risques, dont au moins une action relevant des orientations prioritaires nationales.

Les orientations 2023-2025 ont été prorogées par arrêté : elles restent la référence en attendant celles du nouveau cycle.

Le contrôle 2026 : qui, quoi, comment

C’est l’Ordre qui contrôle le respect de l’obligation des pharmaciens. Pour la période 2023-2025, chaque pharmacien devait enregistrer ses actions sur son espace personnel du site de l’Agence du DPC avant le 30 juin 2026 (date initialement fixée au 30 avril, puis prolongée par l’Ordre) : l’Ordre récupère les documents de traçabilité pour alimenter les comptes e-POP. Les justificatifs à garder : attestations de participation et synthèse de traçabilité. Un manquement peut exposer à une procédure disciplinaire : mieux vaut un parcours modeste mais réel qu’un dossier vide.

Le financement et la transition

Pour les pharmaciens libéraux, les actions référencées sont prises en charge avec des forfaits et un plafond annuel, remis à zéro chaque 1er janvier. L’Agence nationale du DPC est en cours de recomposition (transformation annoncée fin 2025, modalités encore en arbitrage), mais le dispositif et son financement continuent : inscriptions 2026 ouvertes depuis décembre 2025. Les préparateurs salariés passent par les dispositifs de l’employeur et de l’opérateur de compétences de la branche.

DPC et certification périodique : deux étages

Depuis le 1er janvier 2023, la certification périodique (ordonnance n° 2021-961) s’ajoute pour les professions à ordre : un parcours à valider sur neuf ans pour la première période (2023-2031) des professionnels déjà en exercice au lancement (six ans dès l’inscription pour les nouveaux), puis six ans, autour de quatre axes (connaissances, qualité des pratiques, relation patient, santé du professionnel). Bonne nouvelle : les actions de DPC peuvent compter pour la certification, sans la valider à elles seules. Le DPC reste l’obligation de rythme court ; la certification, la trajectoire longue.

Le récap au comptoir

Qui Ce qu’il doit faire
Pharmacien (tout exercice) Parcours triennal (2 types d’actions sur 3, dont 1 orientation prioritaire), tracé sur son espace DPC ; contrôle par l’Ordre.
Préparateur Même obligation triennale, via l’employeur et les organismes habilités de la branche.
Pharmacien libéral Prise en charge des actions référencées, plafond annuel remis à zéro au 1er janvier.
Professions à ordre En plus : certification périodique (2023-2031 pour la première période), alimentée par les actions de DPC.

Réflexe simple : après chaque action, déposer l’attestation sur son espace DPC le jour même. La traçabilité se construit au fil de l’eau, pas en avril de l’année de contrôle.

Les questions qui reviennent

Je n’ai rien validé sur 2023-2025, que faire ?

Enregistrer ce qui peut l’être (certaines actions passées comptent), puis prendre date sur 2026-2028 sans attendre : un parcours engagé pèse toujours mieux qu’un dossier vide face à l’Ordre.

Le DPC du préparateur, c’est à l’employeur de le payer ?

Le préparateur salarié mobilise les dispositifs de l’entreprise et de la branche : c’est un sujet à poser en entretien professionnel. L’obligation, elle, est personnelle : chacun doit pouvoir justifier de son parcours.

Une action en ligne compte-t-elle autant qu’en présentiel ?

Oui si elle est référencée DPC et attestée. Ce qui compte pour l’obligation, c’est le type d’action (connaissances, évaluation des pratiques, gestion des risques) et son inscription dans les orientations, pas la modalité.

La certification périodique remplace le DPC ?

Non, elle s’y superpose : le DPC reste l’obligation triennale contrôlée par l’Ordre, la certification structure une trajectoire de six à neuf ans. Les mêmes actions peuvent nourrir les deux.

La juste doserelu et validé par Joseph Hobekkaya, docteur en pharmacie

Le DPC se gagne en routine, pas en rattrapage : une action par an et par personne, déposée sur l’espace DPC dans la foulée, en panachant les types d’actions (dont une orientation prioritaire), et la période triennale se valide toute seule. Dans mon équipe, c’est un point annuel à l’entretien : qui a fait quoi, qui vise quoi. L’obligation devient un plan d’équipe, et tout le monde y gagne, patients compris.

Thomas, Inès et Sam sont des personnages pédagogiques fictifs qui font vivre les situations de comptoir.

Repères pour professionnels : vérifier les échéances et modalités en vigueur auprès de l’Ordre et de l’agence en charge du DPC.

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